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Le cinéma est plus harmonieux que la vie, il n'y a pas d'embouteillages dans les films. Les films sont comme des trains qui filent dans la nuit (François Truffaut)


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TOTORO, Ponyo, Chihiro, Mononoke... Le topic de MIYAZAKI (et des autres japonais)

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Bien sûr, je saurais ça demain, si j'ai la soirée libre

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Phil


Admin
Je suis pas sûr d'avoir le temps, mais vais essayer d'écrire un truc sur Le Vent se Lève demain...

Mais bon, je peux déjà dire que c'est très très bon (quelle surprise !) - même si ça restera pas un de mes Miyazaki préférés. Surtout parce qu'il y a quelques petites maladresses assez inhabituelles chez lui. Et que la veine "réaliste" du film (toute relative au vu du traitement qu'il applique au matériau) l'éloigne un peu de ce qu'on peut adorer chez le cinéaste. Tout ça n'empêche pas le film d'être énorme pour autant. Et même, alors que le film semble plus proche d'un Takahata ou de La Colline aux Coquelicots du fiston, Miyazaki semble s'amuser à se réapproprier régulièrement la manière de raconter cette histoire pour l'intégrer totalement et logiquement à ses univers. Et c'est assez superbe de voir finalement ce film particulier se révéler souvent plus Miyazakien encore que les oeuvres passées.
Il faudra que je revienne particulièrement sur le traitement de cette environnement "réaliste", notamment à travers la vision du couple à l'époque du récit, d'une justesse dingue. Et sur les vaines petites polémiques par rapport au rôle du personnage principal dans la création des avions meurtriers de l'armée japonaise.

Le film prend aussi évidemment une dimension supplémentaire du fait que ça devrait être le dernier du réalisateur - la notion de "film-testament s'incarnant parfaitement ici, notamment dans une dernière scène bouleversante.

Si ce n'est pas le choc terrassant attendu, on n'en est quand même carrément pas loin. Et nul doute que le film se bonifiera avec le temps et les futurs re-visionnages.

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Phil


Admin
Il est loin le temps où je consacrai au Voyage de Chihiro un de ces avis-fleuve sur Ciao dont j’avais le secret (et qui m’avait valu une de mes 2 récompenses suprêmes d’un diamant, me semble-t-il), à peine sorti de la salle de cinéma. Principalement parce que je n’en ai plus le temps – alors qu’à l’époque je glandouillais dans le boulot et dans la vie. Mais aussi parce que je n’en ai plus l’envie et, terrible aveu d’impuissance, parce que je me retrouve parfois (trop souvent à mon goût) désarmé face à certains films. Des films qui fonctionnent à l’affect pur, ou qui interrogent le spectateur à des niveaux profonds qu’il est difficile d’analyser après coup ; qui jouent avec des systèmes de références inexplicables par les mots.

Les films de Miyazaki (comme ceux de Del Toro ou de Tarantino en ce qui me concerne, par exemple) sont évidemment de ceux-là. Et son dernier en date, annoncé par lui-même comme son dernier tout court, encore plus que les autres.
Je me rends donc compte aujourd’hui en voulant en faire une critique plus conséquente que je ne m’étendrai pas beaucoup plus loin que ce que j’en disais « à chaud » hier soir en rentrant. Parce que ce dernier joyau de Miyazaki - un peu moins brillant que d’autres mais néanmoins paré de mille feux – se savoure et se vit lors de sa vision, puis se murît ensuite, sans avoir besoin de longs discours après coup.

Mais quand même…

Le film appartient donc à une veine plus réaliste à laquelle les films précédents du maître ne nous avait pas habitués. Sans en atteindre la noirceur et le tristesse, il se rapproche en cela plus d’un Tombeau des Lucioles que du premier Totoro venu. On pense aussi beaucoup à La Colline aux Coquelicots, réalisé par le fils Miyazaki, dont on sait que le père n’était pourtant pas très content. C’est en fait une sorte de biopic d’un jeune ingénieur japonais qui a créé l’avion qui deviendra le Zero dont l’armée japonaise usera lors de la seconde guerre mondiale.
Sauf que, bien sûr, un biopic vu par Miyazaki n’a pas grand-chose à voir avec la première daube oscarisable américaine dans le genre. Parce que son réalisme se teinte de nombreuses séquences oniriques sublimes, qui finalement deviennent ce qu’il y a de plus important dans le film, d’un point de vue thématique (toutes les évolutions du personnage et de la grande histoire du Japon se font via ses rêves et non par rapport à ce qui se passe dans la réalité). Parce que le réalisateur s’attache à travers cette histoire à décrire minutieusement la vie de l’époque – notamment à travers le personnage de la femme du héros et leur relation de couple. Une relation abordée avec une incroyable finesse, très touchante, et qui donne lieu notamment à une scène exemplaire dans sa manière d’aborder le sujet de la vie conjugale (celle de la nuit de noces, succédant à un mariage hilarant et magnifique).

En même temps, c’est dans ce côté biopic (pour faire vite) que résident les limites du film. En pratiquant un peu trop d’élipses, Miyazaki donne parfois l’impression de survoler son histoire. Certains éléments ne s’imbriquent pas bien les uns dans les autres, des personnages apparaissent ou disparaissent sans raisons précises… On se doute bien que ce n’est pas l’histoire en elle-même qui intéresse Miyazaki ; plutôt la façon dont elle lui sert de canevas pour exposer ses idées et thèmes. Car il s’agit bien du testament filmique du réalisateur, lui permettant de nous exposer une dernière fois sa passion pour les machines volantes, mais aussi ses idées sur la création en général, ses visions de la nature et des hommes, ses idées politiques et humanistes ; et plus généralement tous les thèmes qu’on peut trouver dans son œuvre, rassemblés ici dans un grand feu d’artifice final.
Il est juste dommage que ce foisonnement thématique et visuel ne soit pas intégré à un récit mieux tenu - sans que pour autant ce soit vraiment préjudiciable, tant il est difficile de faire la fine bouche devant un tel résultat.
Il est juste dommage de ne pas terminer sur le sommet de sa carrière ! Very Happy (d’autant que, comme je le dis plus haut, la toute fin est une pure merveille qui permet de sortir du film sur une note plus que positive).



(PS, sur les « polémiques » liées au film :
Oui, on peut comprendre l’émoi suscité par Miyazaki s’attaquant à l’histoire d’un ingénieur certes génial et qui a livré l’œuvre de sa vie en créant « l’avion parfait » auquel il rêvait, mais qui a par la même occasion livré au Japon l’avion de Pearl Harbour et des kamikazes. D’autant que le réalisateur est admiratif de ce « héros » qui vit pour ces machines volantes qui le captivent tant. Certains lui ont reproché cette vision « positive » d’un personnage qui a aussi été indirectement pourvoyeur de tant de morts. J’imagine qu’ils auraient au moins voulu que Miyazaki intègre une sorte de « scène de regrets », ou le personnage exprime des remords par rapport à l’usage qui a été fait de son avion – je vois bien même ce qu’aurait pu être cette scène et comment elle se serait (mal) insérée dans le film.
Mais à mon avis, c’est passer complètement à côté du film. Miyazaki n’a jamais besoin de démontrer lourdement qu’il n’est pas en accord avec cet aspect des choses. Par petites touches, on comprend bien que le personnage lui-même n’est pas ravi – c’est le moins que l’on puisse dire ! – de l’utilisation de cet avion. Par quelques scènes (dont un rêve saisissant, encore, sur les conséquences de la guerre), le réalisateur aussi prend ses distances avec cet aspect là des choses. Par les agissements de personnages secondaires (les chefs de Jiro, l’espion « communiste »…), on comprend bien que le film penche du côté du pacifisme.
Et puis, c’est aussi toute la richesse du film que de ne pas avoir peur de l’ambiguité pour se révéler plus complexe qu’il n’en a l’air. Un peu d’intelligence et de distance critique devraient toujours être un pré-requis avant de regarder un film…)

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Bon, ok, mais sinon ?

J'ai lu une des interview de Miyazaki disant qu'il fallait emmener ses enfants voir ce film car ils doivent savoir, tout comme le tombeau des lucioles. Le truc c'est que je veux pas montrer le Tombeau aux filles pour le moment (non pas qu'elles comprendraient pas ou quoi que ce soit d'autre mais avec kikaémotive ça passera jamais). Donc je m'interroge vraiment sur ce film quant au fait d'amener les filles ou pas et je ne trouve pas de réponse dans tes 2 posts au final donc, a froid qu'en penses-tu ?

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Rien à voir avec le tombeau des lucioles; d'un point de vue émotion. C'est quand même moins dur. Mais c'est clair qu'il y a la confrontation avec la mort (même si elle n'est pas nommée)

Bon, moi, j'ai même pas les réserves de Phil, malgré une analyse identique. Oui, parfois, le scénario n'est pas parfaitement tenu, mais du coup, ça en fait un film très attachant, qui n'est pas une mécanique parfaite (Mononoke, par exemple, me fait chier à la revoyure)

Il y a une empathie avec les personnages rarement atteinte. C'est du très grand art

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Phil


Admin
Tout à fait, c'est beaucoup moins dur émotionnellement que Le Tombeau...

Sur le fait de le montrer aux enfants ou pas, je répéterai ce que je disais à Diane en rentrant hier soir : tous les enfants peuvent voir le film, je suis juste pas cetrain que les plus petits le trouvent intéressant. ça pose quand même des enjeux plus 'adultes" que d'habitude. Et l'histoire d'un mec qui fabrique des avions, je comprends que ça puisse moins captiver un gosse de 6 ans que des gamines qui tombent sur un panda tichoux !

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Phil


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Cyrille a écrit:Porco Rosso gagne à être revu. Même si c'est clairement, j'ai pas été transcendé, il a quand même beaucoup de charme.

Revu (avec Lilith, pas transcendée non plus - en même temps, c'est un Miyazaki dans sa veine "adulte"), et je suis toujours que moyennement convaincu. D'autant plus après Le Vent se Lève, qui est proche de celui-là finalement, et bien plus réussi à mon avis. Y'a plein de trucs bien, et les scènes d'actions sont super spectaculaires (je pense qu'on a rarement vu de duels aériens aussi bien mis en scène). Les personnages sont intéressants et le sous-texte aussi.
Mais l'ensemble ne prend pas. Je pense qu'il a voulu trop en mettre, et chacun des aspects du film n'est pas traité complètement.
Ca reste attachant en effet, mais justement : j'aurais préféré être captivé par ces personnages et cette histoire attachante. Là, je trouve qu'on reste tout le temps extérieur au film.


Cyrille a écrit:Mais j'ai toujours pas compris la fin !

Pareil ! En même temps, comme on comprend pas non plus pourquoi il est devenu cochon (l'espèce d'explication mystique est un peu courte)...

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Merde loupé la possibilité d'une deuxième vision du Vente se Lève !

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Phil


Admin
Et Phantom of the Paradise, ça fait beaucoup ! Sad

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Phil


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Cyrille a écrit:Vu l'ile de Giovanni. Un excellent dessin animé japonais. Un peu dans la veine du tombeau des lucioles (un poil moins dark, et un dessin plus Myazakesque). Pas pour les jeunes enfants.

Ah, enfin réussi à le voir ! Et ça aurait été dommage de passer à côté, c'est en effet superbe.
Moins dark que Le Tombeau des Lucioles globalement, c'est vrai, mais presque aussi triste quand même. Il y a un ton plus léger qui fait que ça passe facilement, mais toute la dernière partie plus dramatique est poignante (y'avait beaucoup de reniflements et de mouchages dans les kleenex au moment du magnifique générique de fin !). C'est d'autant plus intéressant que ça s'attache à des aspects de l'histoire de la seconde guerre mondiale peut-être très connus au Japon et en Russie, mais beaucoup moins chez nous. On notera aussi l'attention portée à rendre le film le plus réaliste possible - à travers le travail sur les langues, les traditions, les chants, etc.
Encore un très très bon film d'animation cette année, et encore une illustration de la qualité de l'animation japonaise - même en dehors de Ghibli.

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Phil


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Vu hier LE CONTE DE LA PRINCESSE KAGUYA, "testament filmique" de Isao Takahata - qui fait d'ailleurs moins testamentaire que le dernier Miyazaki. Certainement parce que Takahata est à la tête d'une oeuvre moins "uniforme" que son comparse, dont il est plus difficile de dégager des constantes et des thèmes alors qu'il change de style et d'univers à chaque film.
C'est évidemment un (très) gros morceau, film de 2h15 aux dessins crayonnés animés à la main, adapté d'un conte mythique au Japon. Le film comprend quelques séquences de grâce absolue (culminant dans une séquence hallucinante de vol en duo), des beautés à tomber par terre (notamment un final sublime), des scènes "d'action" saisissantes où le mouvement est superbement rendu par le style graphique du film (la fuite de la princesse, l'attaque du dragon...)... Mais dans l'ensemble je n'ai pas été convaincu à 100% pour autant. Même si on ne s'ennuie pas, par exemple, c'est clairement trop long.
ça reste bien sûr à voir à tout prix, mais j'ai été légèrement déçu de ne pas me trouver face au film absolument génial que j'attendais (et préféré le Miyazaki; et même Dragons 2 que j'ai vu 2 jours avant  Rolling Eyes)

Par contre, un grand non-merci au couple de vieux qui sont venus avec leurs petites filles (je suppose) d'une dizaine d'années et qui ont pourri la séance en leur lisant les sous-titres et expliquant le film. Faut pas être complètement con pour emmener des gamines si jeunes à plus de deux heures de VO sous-titrée !)

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Là, je crois que le meurtre s'imposait !

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Phil


Admin
J'ai failli...
(encore, moi, m'ont pas trop fait chier - mais un peu quand même. Je suis arrivé dans la salle en même temps qu'eux et, me doutant de quelque chose, me suis exprès placé loin)

Remarque, ça valait pas le mec venu avec son gosse voir Vas Vis et Deviens !

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Phil


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Prout sa mère !

http://adala-news.fr/2014/08/le-demantelement-du-studio-ghibli-annonce/

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T'as bien lu jusqu'au bout ? Rien n'est fait ! Avec des news comme ça, on est sur le terrain de Momorandini : une news, un démenti = deux infos. Avec un bandeau "exclu" bien sûr !

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Phil


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Oui et non, parce que ça a été multiplement repris par des supports sérieux aussi...
Mais on verra bien, ouais

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Un article dans Next/Libé explique bien les enjeux. Désolé pour le lien, sur le portable c'est chiant. Je vous laisse chercher :-)

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Phil


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Je l'ai lu aussi ! Smile
(et Mémérama et les Inrocks)

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Après Marseille, Toulouse, Lyon,...,  Gaumont Nantes propose en novembre un concert "Echos de la Vallée du Vent" interprété par les membres de la troupe Neko Light Orchestra qui reprendront les grands thèmes du compositeur attitré de Miyazaki.
Peut-être que je me laisserai tenter. A Paris, le 24/11

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Phil


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Expo GHIBLI au Musées des Arts Ludiques :

http://www.artludique.com/ghibli.html

Pas allé à celle sur Marvel, va pas falloir louper celle-là !

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Phil


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Cyrille a écrit:Vu Souvenirs de Marnie, c'est très bien. Sont forts, ces japs

Toutafé !
Enfin, pendant les trois quarts du film, je trouvais ça très bien mais pas exceptionnel non plus. J'aime beaucoup le côté onirique et poétique, l'espèce de fantastique très léger et décalé qui perturbe le spectateur par moments... mais je trouvais que ça manquait quand même de consistance. En plus du fait qu'on voit clairement les grosses ficelles des fantasmes de l'héroïne (et que j'avais grillé le twix pas mal de temps avant la fin).
Mais les 20 dernières minutes sont magnifiques, bouleversantes.
Faut vraiment espérer que c'est pas le dernier Ghibli ! Embarassed Vu qu'entre celui-là (et Arietty par le même réalisateur il y a quelques années) et le fils Miyazaki (hors Terremer), la relève est quand même bien assurée.

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Phil


Admin
Sinon, Cyrille, toujours tenté par l'expo Ghibli ? Va falloir qu'on s'organise avant qu'il soit trop tard - ça finit le 1er mars !

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Ouais, bien tenté

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J'ai du 8 € sur vente privée !

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Phil


Admin
Cool !
À n'importe quelle date ?

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