Other Worlds - Le forum de The X Phil

Le cinéma est plus harmonieux que la vie, il n'y a pas d'embouteillages dans les films. Les films sont comme des trains qui filent dans la nuit (François Truffaut)


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

"Aujourd'hui c'est pizza, hier c'était pizza"*

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant

Poster un nouveau sujet  Répondre au sujet

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas  Message [Page 2 sur 3]

Phil


Admin
A nouveau quelques jours à la maison sans femme et enfants mais avec junk food et overdose d’écrans.
Une petite semaine qui a commencé hier avec un double programme de films que j’avais jamais vus :



(SECONDS – L’OPERATION DIABOLIQUE de John Frankenheimer)

Sorti en 1966 après une présentation à Cannes où il était passé inaperçu, ce thriller à la limite de la SF avait été un gros flop à l’époque. D’où un statut de « film maudit » invisible pendant des années, et une ressortie cet été sur quelques écrans qui a tout de la « redécouverte d’un bijou méconnu ». Et c’est bien ce qu’est le film : un OVNI bizarre dont la modernité ne cesse d’étonner encore, 50 ans après sa réalisation. Pensé comme le dernier volet d’une trilogie du réalisateur (entamée avec Un Crime dans la tête et 7 Jours en Mai), c’est une condensé de la paranoïa de l’époque, une vision noirissime et inquiétante de l’Amérique d’alors, un portrait effrayant de l’homme américain en plein doutes des sixties après l’assassinat de Kennedy. C’est aussi un film très expérimental, baroque, plein de cadrages et de mouvements de caméra tordus, multipliant les idées de mise en scène pour créer le malaise, instaurant une atmosphère carrément flippante. Deux scènes centrales, un peu longuettes – une séance de bacchanales hippie et une soirée bien arrosée – sont proprement hallucinantes : on se demande bien comment ça a pu être fait en 66, dans un film de studio avec une méga star à l’affiche. Et on se dit que le cinéma américain n’ose plus des scènes comme ça, et encore moins des films aussi barrés.
Dans le rôle principal, Rock Hudson est énorme. N’apparaissant qu’au bout de 40 minutes du film, il s’en empare à bras le corps et livre une prestation fiévreuse et habitée. On peut voir – et on doit, même –dans ce rôle d’un homme qui change d’identité et doit cacher au monde qui il est réellement un reflet de la vie de l’acteur, qui a lutté pour camoufler son homosexualité jusqu’à sa mort du sida en 1985.

Cerise sur le gâteau : la séance au Grand Action – haut lieu de la cinéphilie parisienne – était introduite et conclue par le distributeur du film, un passionné qui nous a offert une belle petite leçon de cinéma.

Note = 5/6
Cette ressortie étant un joli succès, le film va continuer d’être joué un moment ; ça vaut le coup d’être vu.




(FURIA d’Alexandre Aja)

On parlait récemment avec Cyrille du premier film d’Aja, que j’avais pas vu ; lacune maintenant réparée. J’ai pas trouvé ça très bon, bien aimé quand même, mais c’est clair que je ne regrette pas de l’avoir vu avec retard, à l’aune de ce que le réalisateur a fait par la suite.
Ce qui est « marrant », c’est que pour un gars tellement influencé par le cinéma américain, ce premier film s’inscrit dans une veine typique de la SF française. Surtout en littérature, d’ailleurs – on a un peu l’impression de voir à l’écran un équivalent d’un vieil Andrevon de la collection Anticipation. Cette ambiance post-apocalyptique soft, cette dictature futuriste s’appuyant sur l’interdiction de l’expression artistique, ce futur sordide extrapolant sur des décors et paysages étranges du présent, le côté régressif de la civilisation décrite… Tout y ramène constamment. C’est d’ailleurs dans l’univers dépeint que le film est à mon avis le plus intéressant. Et évidemment dans sa noirceur et sa violence sans concessions. Pour le reste, l’histoire est assez banale, et heureusement que le film est court parce qu’il y a déjà d’énormes problèmes de rythme.
Le film est ainsi plein de petits défauts, qui ne sont jamais rédhibitoires… d’autant plus quand on se replace dans le contexte d’un film réalisé par un mec de 21 ans ! Ok, c’est plus facile quand on est un « fils de », que papa produit son premier film, et qu’on peut faire appel à plein de techniciens connus pour nous assister (et rien moins que Brian May à la musique). Ca ne doit pas pour autant faire oublier le talent insolent d’Alexandre Aja (déjà associé là avec son complice Grégory Levasseur, qui éclatera (et éclaboussera l’écran) 3 ans plus tard via le grand Haute Tension, et de quelle façon !
A noter enfin que les acteurs sont bons, même notre amie Maria Coquillette – il faut dire que c’était bien avant qu’elle ait chopé le melon (et on la voit plein de fois dans le plus simple appareil, mais comme dans les ¾ des cas c’est pour se faire torturer et violer, ça n’intéressera que les pervers les plus malsains du coin).

Note = 4/6

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Phil


Admin

(L'HOMME QU'ON AIMAIT TROP d'André Téchiné)

Vu aujourd'hui avec Cyrillou le dernier film en date de Téchiné, présenté hors compétition à Cannes, et qui traite de "l'affaire Agnelet / Disparition d'Agnès le Roux".
En nous écoutant discuter à la sortie, un quidam de passage aurait pensé qu'on avait adoré le film. De fait, il y a plein de bonnes choses là dedans : la reconstitution de l'époque, l'ambiance de la bourgeoisie niçoise parfaitement rendue, les habituelles (chez le réalisateur) luttes de pouvoir et d'influence, le contournement de toute tendance caricaturale ou trop facile, le regard porté sur une histoire dont on ne connait finalement pas grand-chose - et qui a encore connu des rebondissements récents. Et les acteurs, évidemment, avec comme toujours chez Téchiné (et beaucoup ailleurs) une Catherine Deneuve monstrueuse; Adèle Haenel très bien; et, plus surprenant, Guillaume Canet absolument parfait (sauf à la fin lorsqu'il est grimé en vieux ridicule - on croirait voir Di Caprio dans J. Edgar)
Mais à côté de tout ça, il y a quelques défauts qui empêchent le film d'être complètement réussi. Comme lorsqu'il tire trop à la ligne, ou s'attarde sur des choses trop évidentes qu'on a bien saisies depuis un moment. Tout le procès à la fin n'était pas forcément utile (et encore, il nous épargne les appels et les procédures complémentaires !).

Dommage de passer à côté du super film, mais en l'état c'est fort regardable (et très intéressant) !

Note = 4,5/6

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Phil


Admin

(MAESTRO de Léa Fazer)

Encore un film au ciné avec Cyrille ce soir, encore un film français, mais bien différent du Téchiné.
Je vais pas vous dire que ce Maestro est un chef d'oeuvre - c'est bien un petit film qui va passer inaperçu cet été. Mais c'est une bonne comédie drôle et fraîche, qui en plus repose sur un concept sympa (voir plus bas), s'avère finalement assez étrange (plus bas itou), et fait la part belle à Pio Marmaï - décidément un de "nos" jeunes acteurs les plus doués et intéressants du moment - et Michael Lonsdale - dont on se disait après le flm qu'il n'a pas eu la carrière que méritait son immense talent.

En 2007, l'acteur Jocelyn Quivrin joue dans ce qui sera le dernier film d'Eric Rohmer, Les Amours d'Astrée et Céladon. L'alliance du jeune chien fou sevré aux films d'action américains et du vieux druide du cinéma français est tout sauf évidente. Pourtant, c'est un bouleversement dans la vie du jeune acteur; dont il décide de faire la matière de son premier scénario. Projet qu'il ne pourra pas mener à son terme puisqu'il mourra dans un accident de voiture en 2011... 4 mois avant Rohmer (le genre de truc auquel on croirait jamais dans un film).

C'est ce matériau que reprend la réalisatrice suisse Léa Fazer dans ce film, avec Marmaï dans le rôle de Quivrin et Lonsdale dans celui de Rohmer.
Pas besoin pour autant d'être féru de cinéma ni de Rohmer (heureusement; je rappelle que c'est quand même une des têtes-de-turcs des deux gars qui sont allés voir le film !) pour apprécier le film. Qui est une bonne comédie au premier degré sur le milieu du cinéma, avec des personnages attachants et une gentille morale légère qui passe tranquillou en plein mois de juillet.

Mais quand même... le film devient complètement bizarre par moments, en ce sens qu'il se fout quand même ouvertement de la gueule du cinéma de Rohmer ! Et de son petit milieux d'acteurs qui se prennent pour de grands artistes et pètent plus haut que leurs culs (mon gag préféré ; celui du "barde" - personnage hilarant - qui a refusé de tourner dans Indiana Jones Laughing). Voire du réalisateur lui-même, archétype de vieux mentor over-cultivé qui vit sur sa planète. A la fin du film - la partie la moins bonne à mon avis, une fois le tournage terminé - on nous joue bien le coup de la "rédemption", chacun des deux ayant appris de l'autre, et tous ces gens étant très sympas blablabla. Il n'empêche qu'on parle bien là des êtres humains, et non de l'oeuvre du réalisateur. Une oeuvre qui se fait proprement démolir pendant les deux tiers du film. Très étonnant, ce second degré qui relève d'un cran un film qui n'aurait pu être qu'une bête comédie sympa mais vite oubliée.

Note = 4/6

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Phil


Admin
Et à la maison, un petit ZERO THEOREM, dernier film en date de Terry Gilliam. Récupéré en Albanie, vu sa carrière météorique dans les salles et sa qualité supposée...
Enfin, plus précisément, me suis fait la moitié du film : effectivement, c'est très mauvais. Néanmoins, j'abandonne pas, parce que j'ai envie de le voir entier quand même. Je regarderai donc la seconde moitié demain. En 2 fois, ça devrait être supportable.
(et j'en reparlerai à ce moment là)

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org
Phil a écrit:
(MAESTRO de Léa Fazer)

Encore un film au ciné avec Cyrille ce soir, encore un film français, mais bien différent du Téchiné.
Je vais pas vous dire que ce Maestro est un chef d'oeuvre - c'est bien un petit film qui va passer inaperçu cet été. Mais c'est une bonne comédie drôle et fraîche, qui en plus repose sur un concept sympa (voir plus bas), s'avère finalement assez étrange (plus bas itou), et fait la part belle à Pio Marmaï - décidément un de "nos" jeunes acteurs les plus doués et intéressants du moment - et Michael Lonsdale - dont on se disait après le flm qu'il n'a pas eu la carrière que méritait son immense talent.

En 2007, l'acteur Jocelyn Quivrin joue dans ce qui sera le dernier film d'Eric Rohmer, Les Amours d'Astrée et Céladon. L'alliance du jeune chien fou sevré aux films d'action américains et du vieux druide du cinéma français est tout sauf évidente. Pourtant, c'est un bouleversement dans la vie du jeune acteur; dont il décide de faire la matière de son premier scénario. Projet qu'il ne pourra pas mener à son terme puisqu'il mourra dans un accident de voiture en 2011... 4 mois avant Rohmer (le genre de truc auquel on croirait jamais dans un film).

C'est ce matériau que reprend la réalisatrice suisse Léa Fazer dans ce film, avec Marmaï dans le rôle de Quivrin et Lonsdale dans celui de Rohmer.
Pas besoin pour autant d'être féru de cinéma ni de Rohmer (heureusement; je rappelle que c'est quand même une des têtes-de-turcs des deux gars qui sont allés voir le film !) pour apprécier le film. Qui est une bonne comédie au premier degré sur le milieu du cinéma, avec des personnages attachants et une gentille morale légère qui passe tranquillou en plein mois de juillet.

Mais quand même... le film devient complètement bizarre par moments, en ce sens qu'il se fout quand même ouvertement de la gueule du cinéma de Rohmer ! Et de son petit milieux d'acteurs qui se prennent pour de grands artistes et pètent plus haut que leurs culs (mon gag préféré ; celui du "barde" - personnage hilarant - qui a refusé de tourner dans Indiana Jones Laughing). Voire du réalisateur lui-même, archétype de vieux mentor over-cultivé qui vit sur sa planète. A la fin du film - la partie la moins bonne à mon avis, une fois le tournage terminé - on nous joue bien le coup de la "rédemption", chacun des deux ayant appris de l'autre, et tous ces gens étant très sympas blablabla. Il n'empêche qu'on parle bien là des êtres humains, et non de l'oeuvre du réalisateur. Une oeuvre qui se fait proprement démolir pendant les deux tiers du film. Très étonnant, ce second degré qui relève d'un cran un film qui n'aurait pu être qu'une bête comédie sympa mais vite oubliée.

Note = 4/6

Le plus inquiétant c'est que la critique ignore complètement cet aspect du film et parle d'hommage au cinéma de Rohmer. Pourquoi ? Parce que le film (de Rohmer) est sélectionné à Venise ?
N'aurait-on rien compris ? Serions nous tombés dans le piège de l'empathie avec le personnage de Pio Marmai, parce que nous sommes incultes ?

Ou bien est ce que le film est suffisamment ambigu pour plaire a tous, fans et détracteurs du cinéaste ? J'avoue être songeur !

Mais bon, Marmaī, quel beau mec !

Voir le profil de l'utilisateur

Phil


Admin
Oui, c'est assez étonnant - comme dans cette critique de Télérama dont je te parlais avant de voir le film...
sur cet aspect "hommage", il y a même un vrai contresens dans le film, à moins que ce soit un clin d'oeil - à ce moment là très mal vu. Lonsdale parle à un moment du tournage en numérique pour en dire du mal, en comparaison de l'argentique. Sauf qu'il a été un des pionniers du numérique en France, et a notamment tournée son Astrée machin en numérique, justement ! Comment des critiques sérieux peuvent passer à côté de ça ? Ca me confirte dans le fait que c'est nous qui avons "compris" Very Happy

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org
J'arrête pas d'y penser. Et si c'était la vision de l'inculte (Pio Marmaï) que nous donnait le film ? Une vision qui ne correspond pas à la réalité. La "preuve", le film est primé à Venise... (et du coup, nous renvoit à notre propre inculture, nous, pauvre fous qui n'aimons pas Rohmer)

Mais bon, je trouve que la scène de lecture est quand même ravageuse pour Rohmer, dans quelque sens qu'on la prenne... Et tant d'autre ! Le barde, les rôles qui disparaissent au petit bonheur, etc..

En fait, dans cet autre épisode, Rohmer est un grand con parce qu'il prend son monde pour des imbéciles et les manipule.

Marmaï est passé en interview longue sur Europe 1, je suis curieux d'entendre ce qu'il en dit, je vais écouter ça en podcast.

Voir le profil de l'utilisateur

Phil


Admin
La "vision de l'inculte", peut-être... Je trouverai ça quand même tout aussi étonnant vu que c'est tiré du scénario de Quivrin à la base. Même si, peut-être, dans la "vraie vie", il a continué de préférer Fast and Furious ç Pauline à la plage, je vois pas quel intérêt ça aurait eu d'écrire cette histoire sous cet angle là... (ou alors c'est la réalisatrice qui a beaucoup modifié son scénario, ce qui est possible aussi)

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Phil


Admin
J’ai donc terminé « en beauté » hier avec la seconde moitié du film de Terry Gilliam. Pas du tout représentatif de cette courte semaine, puisque c’est le seul mauvais film vu pendant cette période !

Pas mieux que Cyrille :

Cyrille a écrit:Zéro Théorème de Terry Gilliam. Un mélange d'esthétique (mise à jour en version 2014) de Brazil et l'Armée des douze singes. Ça c'est le côté positif.

Toit le reste est à jeter. Quand on a rien à raconter, ça finit par se voir... Et c'est chiant. Heureusement que 1h46 !

Et même pire : esthétiquement, oui, c’est beau – mais il y a aussi quelques trucs méga kitsch et des plans foirés qui font qu’on peut même pas se rattraper sur ça.
Et l’heure 46 passe bien lentement, même en deux fois, même en préparant son sac de voyage en même temps !
Ce qui peut consoler et faire passer le temps, c’est Mélanie Thierry, toujours aussi mauvaise actrice, mais toujours aussi agréable à regarder (et qui en plus joue une sorte de call girl virtuelle peu avare de ses charmes).


M’enfin, surtout, j’avais vu avant au ciné THE RAID 2 de Gareth Evans !
Que dire sur cette bombe nucléaire que tout amateur de batailles de pieds dantesques et de fusillades homériques se doit de savourer sur le champs ?

Le premier film avait été une grosse claque il y a 3 ans. Déjà réalisé par Evans, un anglais vivant en Indonésie depuis une éternité, c’était un bel exemple de « film d’action non stop » accumulant les bastons les plus brutales, les fusillades sauvages, et autres pétages de tronches violents, dans un tourbillon épuisant. Une sorte de Nirvana pour les fans de castagnes cinématographiques ; qui aurait pu demander plus qu’un semblant d’histoire et un peu d’empathie pour les personnages amis pouvait se consoler par une somme d’affrontements atteignant un niveau assez inédit.

Que pouvait-il donc y avoir au-delà du Nirvana ? Eh bien cette suite, enfin, fausse suite : on reprend un des deux personnages uniquement, qu’on envoie dans une nouvelle histoire ; on boucle vaguement avec le premier film dans les 10 premières minutes ; et vogue le film sur de nouveaux rails. The Raid 2, c’est simple, c’est : on reprend les ingrédients de The Raid, mais on les étend… sur 2h28 d’ultraviolence bourrine et jouissive !!! Que peut bien proposer le film sur cette durée inhabituelle pour un film d’action de ce type ? Ce qui manquait au premier film : une histoire. Classique, certes – on a déjà beaucoup vu ces affrontements de clans dans le cinéma asiatique – mais qui tend parfois vers la fresque maffieuse scorsesienne (sans en atteindre le niveau, qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit). Après, ce qui est marrant, c’est que le film prouve qu’on peut se foutre de l’histoire dans un film de baston – puisque là, clairement, on s’en fout un peu de ce que ça raconte. La première partie du film contient ainsi quelques longueurs, qui sont gommées ensuite lorsque le réalisateur se lance à nouveau dans une accumulation de scènes d’action complètement dingues.

Parce que, voilà, au-delà de l’ambition plus élevée de ce second volet, ce qu’on veut, c’est que ça dépote autant que le premier (sinon plus). Et de ce point de vue, on peut dire qu’on est servis ! Les affrontements sont encore plus violents, les personnages de méchants toujours très charismatiques, le héros une brutasse épaisse. Ca cogne, ça gicle, ça casse des bras et des jambes douloureusement… le tout dans un crescendo qui abouti à une baston dantesque entre le héros et le principal homme de main de la bande d’enflures en face – au moins 10 minutes ou chacun aurait dû mourir 253 fois avant le coup de grâce. Avant, on aura eu du combat dans l’habitacle restreint d’une bagnole, dans la boue, avec une meuf armée de marteaux, un mec qui balance des balles de base-ball meurtrières, un clodo adepte du sabre, à un contre 100… Et à chaque fois, la banane totale, plein la gueule et l’envie de bondir d’excitation hors de son siège étroit.

Note = « Je le crois pas ! » - 5,5/6


Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Phil


Admin

Début d'une nouvelle semaine en célibataire - la troisième cette année, on va croire que je fais exprès de me débarrasser régulièrement de femme et enfants pour être tranquille à la maison ! Laughing

Entamée, donc, au cinéma avec SAMBA, du duo gagnant de Intouchables Tolédano et Nakache - trio gagnant si on y ajoute Omar Sy. Qui est excellent ici, il faut le dire d'emblée. Tout comme Charlotte Gainsbourg, qu'on a rarement vue dans les registres abordés ici.
Après, le film est clairement pas génial. Ce qui est surtout hallucinant, c’est de voir que des mecs qui ont le cinéma français à leurs pieds et peuvent faire absolument ce qu’ils veulent décident de faire du cinéma aussi pauvre. Rien en termes de mise en scène, un film un peu bateau qui suit les schémas habituels de la comédie romantique, pas grand-chose qui dépasse... Le film se suit agréablement, mais comporte aussi des longueurs (c’était pas la peine d’étirer ça sur 2 heures), suit des sentiers bien balisés, oublie parfois en chemin de raconter quelques chose (franchement, à quoi sert vraiment le personnage de Tahar Rahim ?).
Ne pas croire pour autant que c’est pas bien ; dans le genre « comédie française à gros sabots destinée à cartonner », ça vaut même certainement mieux que la moyenne (qui a parlé de la merde raciste triomphale avec Clavier ?). Car c’est heureusement rattrapé par l’abattage des comédiens, surtout les deux principaux, quelques bons gags et séquences drôles comme il faut, de l’émotion bien dosée. Et il faut avouer que les thèmes abordés, autour des sans-papiers, de ces étrangers qui triment pour s’intégrer en France après avoir fui leur pays pour une vie meilleure qui s’avère être merdique (c’est ça qui est le plus terrifiant dans la constant lucide du film) sont bien vus. C’est là que réside la véritable audace du film, la seule : après le succès phénoménal de leur film précédent, illustrer cette histoire là dans la France de Marine le Pen et Eric Zemmour. D’ailleurs, si le film marche bien, on est loin des 20 millions d’entrées (et même pas sûr que le film dépassera Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?).

Pas indispensable au ciné, donc - ça fera une bonne soirée sur France 2 dans 2 ans (pas sur TF1, avec un Noir dans le rôle principal, faut pas abuser !).

Aujourd’hui, j’enchaîne normalement 2 films en fin de journée au ciné (dont un classique en reprise) – on verra demain si le plan prévu a été suivi à la lettre.

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org
Mais si mais si, sur TF1, tu minimises leur capacité à récupérer les phénomènes médialtiques

Voir le profil de l'utilisateur
Je crois d'ailleurs que Qu'est ce qu'on a fait au bon dieu a fait un énorme carton, donc c'est sûr et certain que celui ci ne le dépassera pas

Voir le profil de l'utilisateur

Phil


Admin
Ouais, le truc avec Clavier doit avoir atteint les 13 millions d'entrées... Mais Intouchables, c'était 20 millions.

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org
Oui mais je parlais pas d'intouchables, mais de samba

Voir le profil de l'utilisateur

Phil


Admin
Haha, encore une de ces fois où on tourne en rond par écrit alors qu'on se serait compris à l'oral Laughing.
J'avais bien saisi. Ce que je voulais dire au départ, c'est que vu le succès d'Intouchables, ils espéraient probablement faire un succès comparable avec celui-là. Ou pas, en prenant un sujet "plus risqué". Quoi qu'il en soit, ils en seront probablement loin. Et n'atteindront tout aussi probablement pas le score de la "comédie" avec Clavier, ZE succès de l'année.

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org
Je suis bien d'accord, mais c'est pas moi qui ait écrit une formule aussi imprécise que "(et même pas sûr que le film dépassera Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?)" qui laisse penser que c'est une probabilité alors qu'ils seront à des années lumières. Very Happy Very Happy

Voir le profil de l'utilisateur

Phil


Admin
Ouf : Videodrome joué dans un seul ciné dans Paris, mais il prend la carte UGC. J'y vais ce soir.
Un Homme très recherché, plus joué cette semaine... mais "trouvable" depuis hier sur le net.
Et vais ptet aller revoir Mommy demain (et enchaîner avec Les amours Imaginaires) - Cyrille, ça te tente okazou ?

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org
Je réfléchis aux horaires, je te dis ça

Voir le profil de l'utilisateur

Phil


Admin
Enchaîné deux films au cinéma hier, donc.


Tout d’abord le film d’animation LA LEGENDE DE MANOLO, produit par Guillermo del Toro et dont mon fils m’avait dit le plus grand bien :



Je suis moins enthousiaste que le post-ado ; je n’arrive pas précisément à pointer ce qui m’a un peu gêné dans le film, mais je n’ai jamais réussi à y entrer complètement. Peut-être juste un problème d’humeur du moment. Ou peut-être aussi l’abus de fausses bonnes idées du genre faire rejouer des chansons pop-rock en version latino – sauf que quand c’est Creep de Radiohead, ça passe, le reste du temps c’est quand même des chansons super commerciales de daube FM pour djeun’s.
Mais malgré ça, c’est vraiment bien ! Je dirais même qu’il ne faut pas passer à côté, parce que ça sort complètement des standards habituels du cinéma d’animation tel que le pratiquent les grands studios spécialisés. On sent bien la « patte » Del Toro, à la fois à travers l’univers fantastico-morbide déployé, la folie et l’hystérie du rythme du film, le gros délire potache, ou les scènes d’action à la Blade 2. Et c’est un festival de couleurs, de décors baroques, de gueules patibulaires – le film est une splendeur visuelle comme on n’en voit que trop rarement, même dans le cinéma d’animation. Drôle, rythmé, inventif, pétant dans tous les sens… dommage qu’il y ait ce petit truc indéfinissable qui l’empêche d’être une réussite totale.


Réussite totale qu’est par contre le classique THE GHOST AND MRS MUIR (1947), merveille de Joseph Leo Mankiewicz revue dans la soirée grâce à UGC Culte.



Ce qui m’a le plus ravi durant cette séance, c’est de constater que le film était bien aussi génial que dans mon souvenir, que je ne l’avais pas idéalisé pour le coup. Et ce qui me frappe toujours aussi, lorsque je revois les meilleurs classiques de l’âge d’or hollywoodien, c’est à quel point le cinéma américain de l’époque était bien supérieur à celui actuel. Le « c’était mieux avant » en matière de films, c’est pas seulement une vue de l’esprit. Il suffit de se dire que ce même film en 2014 produit par un grand studio, ça serait une merde de comédie romantique avec Ashton Kutcher et Mila Kunis réalisée par Jon Favreau ! Là, on a plutôt droit à un film dont chaque aspect technique ou non touche à la perfection : scénario, dialogues, réalisation, photo, acteurs et actrices (Gene Tierney, Rex Harrison, George Sanders, ouch !), musique… Comme en plus, c’est signé du grand Mankiewicz (« mon » réalisateur classique préféré, Hitch étant hors concours car pas « classique » au sens premier du terme), c’est en plus d’une intelligence et d’un raffinement absolus.

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org
Mais c'est pas Gene Tierney, c'est Audrey Toutou !! Ouaf ouaf !

Voir le profil de l'utilisateur

Phil


Admin
Ah ouais, merde, je savais que j'allais me planter ! Smile

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Phil


Admin
Cyrille a écrit:Je réfléchis aux horaires, je te dis ça

Nan, finalement vais probablement me faire 2 soirées Divx/DVD à la maison (ou aller au ciné au débotté voir le film avec Kassovitz, on verra).


Bon, aujourd'hui j'ai revu comme prévu l'immense VIDEODROME de Cronenberg, qui ressortait en copie neuves dans 5 malheureux cinémas en France (dire que Massacre à la Tronçonneuse a droit à une ressortie en grande pompe alors que c'est vachement moins bien ! Rolling Eyes).
(re)Disons simplement que c'est mon Cronenberg préféré, dans mon top 10 depuis 25 ans; qu'est-ce que je dis, moi : dans mon top 5 ! Alors revoir le film pour la 1000ème fois, mais là sur grand écran dans une qualité superbe, vous imaginez bien que j'ai pas de mots pour décrire ça. Décidément : après Phantom of the Paradise en début d'année et Die Hard le mois dernier, on est gâtés en reprises de films grandioses.
Il faut quand même signaler que Videodrome est toujours un film incroyablement visionnaire plus de 30 ans après sa réalisation. Le monde qu'il décrit dans lequel l'image télévisée finit par contrôler et guider la vie des gens, certaines phrases remises dans le contexte de nos jours, sa vision de l'aliénation mentale des sociétés modernes... On a l'impression que le réalisateur avait fait un voyage dans le temps pour venir regarder nos chaînes TNT et leurs pauvres starlettes pathétiques et nos jeunes accros à leurs réseaux sociaux, avant de repartir écrire son scénario !
Et ça reste aussi l'un des films les plus zarbis de l'histoire...

Longue vie à la nouvelle chair / 6




Alors après ça, je peux bien me taper une daubasse type EXPENDABLES 3, histoire de jouer le contraste maximum ! (dommage que j'ai déjà vu Annabelle, ça aurait bien fait le parfait opposé au chef d'oeuvre de David)

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org
J'irai dans l’après-midi voir le film avec Kasso ou le Woody Alen alors.

Voir le profil de l'utilisateur

Phil


Admin
Ah, ouais, donc, j'ai vu Expendables 3 hier... Ben comme on peut l'entendre un peu partou, c'est vraiment pourri ! On me dira que je pouvais m'y attendre, et c'est pas faux. Mais j'avais bien aimé les deux premiers. Enfin, plutôt carrément aimé le second, et le premier était mal foutu mais bien bourrin et drôle.

Là, c'est la catastrophe absolue à tous les étages. Le pire étant que c'est particulièrement chiant et qu'il ne se passe rien pendant la majorité du film, un comble ! ça commence avec 2 grosses scènes d'action, mais particulièrement mal filmées, et surtout montées à la truelle ! Ce qui fait qu'on n'y comprend rien et que ça devient pénible à regarder au bout de 2 minutes. Mais à côté de la suite, c'est du Godard. La suite, c'est un enchaînement de scènes plus pathétiques les unes que les autres, avec des acteurs qui rivalisent de cabotinage, des péripéties débiles, des dialogues horribles et une "mise en scène" à chier. Et qui, donc, ne racontent rien. La palme de la mauvaise idée pourrave revient à cette nouvelle équipe de jeunes recrues en remplacement des Exependables. C'est quand même hallucinant que Stallone n'ait rien compris à son propre concept ! (en même temps, vu la tronche que c'est... Shocked)

Reste la dernière partie, où l'action revient à donf', et avec elle un réalisateur qui a miraculeusement compris comment il fallait la filmer (à moins qu'on ait opéré à un changement en sous-main sans le dire à personne). A ce moment là, ça pète dans tous les sens, ça bute la moitié de la planète, ça décime des villes entières, et on arrive même à pardonner l'apparition de Jet Li encore plus fugace et crétine que dans le film précédent. Mais on ne pardonne pas toute la merde qu'on a vue avant.
à la limite, ne regarder que la dernière demi-heure si on a envie de voir de l'action bourrine et conne, et/ou de retrouver les bonnes sensations du second film de la franchise.

Note = 1/6

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Phil


Admin
Vu hier deux œuvres de jeunesse de cinéastes que j’ai passionnément-aimé-mais-plus-maintenant-sauf-que-ses-anciens-films-restent-aussi-géniaux (pour l’un) et beaucoup-aimé-mais-encore-plus-maintenant-que-ce-soient-les-anciens-ou-derniers-films.

Compte-rendu dans leurs sujets respectifs :
http://thexphil.forumactif.org/t271-voyeurisme-sexe-et-sang-le-cinema-de-brian-de-palma
http://thexphil.forumactif.org/t315-little-big-mann

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut  Message [Page 2 sur 3]

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant

Poster un nouveau sujet  Répondre au sujet

Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum