Other Worlds - Le forum de The X Phil

Le cinéma est plus harmonieux que la vie, il n'y a pas d'embouteillages dans les films. Les films sont comme des trains qui filent dans la nuit (François Truffaut)


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Tabarnak - nos amis québécois font du bon cinéma !

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Phil


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Après le culte C.R.A.Z.Y. et le magnifique Café de Flore qui nous a terrassés l'an dernier, Jean-Marc Vallée revient déjà - avec un film indépendant américain, cette fois.

Un film tiré de l'histoire vraie d'un homme qui se sécouvre séropositif dans les années 80 et se lance dans la contrebande de médicaments alternatifs. Avec Matthew McConnaughey, qui continue sa mutation de gros has been en acteur le plus intéressant du cinéma américain actuel. Et Jared Leto méconnaissable en travelo sidéen avec la peau sur les os.
Probablement moins original que les précédents, mais ça promet d'être vachement bien quand même.

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Phil


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Bon, on va pas se mentir : si je suis allé voir ce DALLAS BUYERS CLUB, c’est principalement au départ parce que c’est le nouveau film de Jean-Marc Vallée, dont j’ai tellement aimé les deux précédents. Si ce n’était que pour ça, le film s’avèrerait une déception : c’est largement moins fort que C.R.A.Z.Y. et Café de Flore. Et ce n’est pas qu’une impression subjective comparée à deux œuvres adorées : le film est beaucoup moins personnel (à l’exception du petit plus apporté par la différence de nationalité du réalisateur dont je parlerai plus loin, il aurait pu être fait par n’importe quel réalisateur sur le marché américain) et la réalisation de Vallée s’en ressent en restant juste à un niveau « fonctionnel ».

Bon, je m’attendais à ce que ce ne soit pas du même tonneau ; alors une fois qu’on fait l’impasse sur ces éléments de comparaison, que vaut le film en lui-même ? Eh ben, malgré son déficit de mise en scène, c’est vraiment très bien !

L’intérêt à confier un sujet typiquement américain à un voisin du Canada est toujours le même : voir ce qu’un étranger (en l’occurrence proche géographiquement mais éloigné sur bien d’autres plans) va pouvoir apporter différent sur des schémas et des thèmes rebattus. Après un Cronenberg sur History of Violence ou le récent Denis Villeneuve avec Prisoners, Vallée prend donc les commandes d’un film qui aurait pu autrement finir comme un nouveau Philadelphia ou un téléfilm dramatique « inspiré par une histoire vraie » pour meubler une soirée de network. Résultat : le regard que pose le réalisateur sur cette histoire est à la fois plus cru et direct, et aussi plus vif, portant sur des aspects de l’histoire qui n’auraient probablement pas intéressé un américain de la même manière.

Ainsi, cette « histoire vraie » s’apparente à la structure classique du gros réac qui va finir par découvrir la lumière et se transformer en quelqu’un de bien au contact de la maladie, de la différence, et de la mort imminente – en l’occurrence, la sienne et celle de ses nouveaux copains homos, lui qui cassait auparavant du pédé à chaque détour de phrase avec ses potes bas-du-front. L’intelligence de Vallée, s’appuyant sur un script impeccable, est de ne pas en faire des tonnes sur ce chapitre de la rédemption, et d’éviter soigneusement tous les clichés attendus (peut-être pas tous, en fait, mais bien la plupart). Pareil pour les « scènes à faire » - comme par exemple la mort du personnage secondaire important, ou celles du ralliement de la doctoresse à la cause du personnage principal – dont il se débrouille à chaque fois pour en tirer quelque chose d’intéressant et un angle original.
C’est aussi une question de point de vue (mais qui pour le coup vient probablement plus du scénario, quoique le réalisateur y a peut-être plus porté son attention au moment du tournage) : de cette histoire revenant aux débuts de l’épidémie du Sida dans les années 80, le film se concentre sur des aspects peu abordés jusque là. Les « clubs » du titre, où les malades venaient s’approvisionner en traitements parallèles, les effets négatifs de l’AZT au début des tests, le rôle trouble de la FDA américaine, et même la vie quotidienne des séropositifs et sidéens de l’époque ; tant de points sur lesquels on apprend plein de choses, et qui donnent au film un cachet inédit.
Il faut ajouter à ça une reconstitution superbe des années 80 et une attention apportée à tous les détails, notamment via l’utilisation de la musique – comme d’habitude un élément important dans un film de Vallée (même si cette fois il ne case ni Cure ni Pink Floyd, argh !).

Après, il est clair, comme on peut l’entendre partout, que le gros point positif du film est la prestation hallucinante de Matthew Mac Connaughey – dont le Golden Globe récemment remporté vient couronner la plus spectaculaire reprise en main d’une carrière qu’on ait vue à Hollywood. Après Killer Joe, Mud, la série True Detective, ce film parachève la renaissance d’un acteur magistral. Au-delà même de la transformation physique devenue monnaie courante pour ce type de prestation « habitée » (perte de 20 kilos, maquillages accentuant les ravages de la maladie…), c’est bien le jeu de l’acteur qui fait croire au personnage à chaque seconde d’un film qui ne le lâche jamais et dont il est de presque tous les plans. Je crains que la lutte pour les Oscars tourne encore à la déconfiture pour Léo, Hollywood préférant toujours ce type de prestation de malade/handicapé/fou.
Il ne faudrait pas pourtant que ça éclipse l’autre grand acteur du film, Jared Leto époustouflant en travelo au grand cœur, qui a lui aussi fait un régime sec pour apparaître squelettique et impressionne tout autant par l’intensité de sa prestation.

A voir donc, sans s’attendre à un grand film mais au moins à de grands acteurs et à un film qui sort de l’ordinaire des « drames autour de la maladie ». Ce qui est déjà plus que pas mal.

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Très bon film. Au delà, ce qui m'a bluffé, c'est le sujet. Je pense pas être sous informé, et j'ignorais tout de cette histoire. Pour moi, c'est une face de la maladie qui a sombré dans un trou noir !

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Phil


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Toujours pas vu Wild... mais en attendant, me suis retapé Café de Flore, et c'est toujours magnifique ! (Faith inside Embarassed)

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Phil


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Arf : dans Le Cercle, Eric Neuhoff dit du bien de Démolition de Jean-Marc Vallée (qu'on va voir mardi) ! Heureusement, après, ils reviennent à leur axiome de base : Vallée n'a jamais fait un bon film. Et, donc, ça va être bien.

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Phil


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Phil a écrit:Arf : dans Le Cercle, Eric Neuhoff dit du bien de Démolition de Jean-Marc Vallée (qu'on va voir mardi) ! Heureusement, après, ils reviennent à leur axiome de base : Vallée n'a jamais fait un bon film. Et, donc, ça va être bien.

Gagné ! C'est super bien; il est fort, ce Jean-Marc !
Peut-être mon préféré de ses films américains (et j'ai vu Wild depuis le post au dessus Smile) - mais toujours un cran en dessous de ses films canadiens...
Et Gyllenhaal encore énorme, c'est pas une surprise.

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Phil


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Nouveau film en vue pour le duo Vallée / Gyllenhaal, une adaptation de Jo Nesbo :

http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Jake-Gyllenhaal-et-Denis-Villeneuve-adaptent-Jo-Nesbo

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