Other Worlds - Le forum de The X Phil

Le cinéma est plus harmonieux que la vie, il n'y a pas d'embouteillages dans les films. Les films sont comme des trains qui filent dans la nuit (François Truffaut)


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Du cul du cul du cul !

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1 Du cul du cul du cul ! le Dim 10 Nov - 18:51

Phil


Admin
Vu deux films ayant pour points communs d'être des biopics de gens liés au monde du porno. Ce qui, outre l'avantage d'offrir au spectateur/voyeur un défilé de filles dénudées, est parfois aussi l'occasion de parler de choses plus profondes (sans jeu de mot). A part ça, pas grand-chose de commun entre les deux films, que ce soit dans l'approche adoptée, ou dans le résultat - avec un très bien et un moyen.



THE LOOK OF LOVE de Michael Winterbottom est sorti au cinéma chez nous il y a quelques mois sous le titre "français" pourri de A Very Englishman. En fait, ce titre correspond presque mieux au film, portrait de Paul Raymond, qui a commencé sa carrière dans les années 50 comme organisateur de spectacles dénudés avant de finir "homme le plus riche d'Angleterre" dans les années 90. Le film suit le parcours balisé du biopic, en survolant 40 ans de la vie du bonhomme de façon linéaire. Si Steve Coogan est assez génial (comme toujours) dans le rôle principal, si certains aspects de sa vie sont assez intéressants (notamment sa relation avec sa fille, qui finira par mourir d'une overdose), et si la ponctuation musicale de l'ensemble avec quelques tubes de chaque époque est bien vue; l'ensemble peine à être captivant. On a déjà vu 1000 fois ce type d'histoire, raconté de cette manière là, et le fait que ça se passe dans le monde des spectacles érotiques n'apporte en fait pas grand-chose. Mieux vaut (re)voir le Larry Flynt de Milos Forman, qui avait des choses à dire, au moins.





LOVELACE de Rob Epstein et Jerry Friedman sortira quant à lui le 8 janvier au cinéma, mais est déjà disponible en DVD chez nous amis canadiens. Les réalisateurs sont surtout connus pour l'excellent documentaire The Celluloid Closet, qui décryptait l'homosexualité refoulée ou visible dans le cinéma américain, et reste célèbre pour son analyse de Ben Hur comme icône du cinéma gay. Son titre l'indique clairement, mais pour les moins obsédés que moi, je précise quand même : le film raconte l'histoire de Linda Lovelace, célèbre pour avoir tenu le rôle principal de Gorge Profonde et être devenue l'icône du cinéma porno naissant des années 70, avant de devenir une passionaria féministe et anti-pornographie dans les années 80. Le film s'attarde sur le début des années 70, le tournage du film, et ses conséquences immédiates - avec une structure qui fait tout son sel : la première moitié décrit l'ascension de l'actrice, s'achevant pile au milieu par son triomphe lors d'une séance privée de Deep Throat organisée par Hugh Heffner. La seconde moitié revient sur les événements qu'on vient de voir, en se concentrant sur l'envers du décor; et montrant comment la jeune femme a été manipulée par un mari violent et abusif. Les scènes qu'on a vues dans la première partie sont montrées sur la longueur, avec des détails importants en plus, ou sous un autre point de vue. Loin d'être moralisateur, le film se concentre plus sur le cas spécifique de Lovelace - et se révèle alors une violente charge féministe, et notamment sur le droit à disposer de son corps.
Dans le rôle principal, Amanda Seyfried est très bien (et aussi très fouyaya, mais ça on le savait). Dans la grande tradition du cinéma indépendant américain, les seconds rôles sont aussi fouillés et supportés par des acteurs au top (Peter Sarsgard, Hank Azaria, la mère jouée par une Sharon Stone méconaissable et le père par Robert Patrick, etc). La reconstitution du milieu et de l'époque fait penser au (très) grand Boogie Nights de Paul Thomas Anderson. Si le film d'Epstein et Friedman n'est pas aussi bon (il n'est pas aussi ambitieux non plus, c'est clair), il n'en reste pas moins très réussi, malgré quelques facilités tire-larmes.

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2 Re: Du cul du cul du cul ! le Ven 6 Déc - 0:57

Phil


Admin
Tout ça m'avait donné envie de revoir BOOGIE NIGHTS de Paul Thomas Anderson, c'est chose faite ce soir (fallait trouver 2h30 pour un film pas forcément joyeux !)



Film que j'avais vu au ciné à sa sortie en 1997, et adoré instantanément... comme à chaque vision ultérieure - et encore ce soir, je pense toujours que c'est le meilleur film du réalisateur.
Ce qui est le plus réussi dans le film, c'est que c'est tout sauf un film sur le milieu du porno, et en même temps, c'est le meilleur film qui soit sur le milieu du porno. PTA, qui dit avoir connu de près des gens travaillant dans l'industrie, porte un regard aigu sur ce milieu; un regard évidemment très critique, mais néanmoins emprunt d'une certaine tendresse. Une tendresse pour une époque, surtout, la fin des années 70, beaucoup plus "innocente" sur l'industrie sordide que le porno deviendra par la suite. Au milieu du film, il place une scène de transition saisissante, qui passe des années 70 aux 80, de l'insouciance à la dureté, de l'alcool à la drogue, de la pellicule argentique à la vidéo... et le film bascule alors dans la noirceur et la violence physique et morale. C'est grâce à ce basculement que le film acquiert une dimension universelle, étend son champ à tout le cinéma, puis à ses personnages, puis à l'époque décrite.

On a beaucoup dit que PTA avait tout piqué à Altman avec ce film choral (jusqu'à y embaucher Julianne Moore peu de temps après Short Cuts). C'est pas faux, mais la suite de sa carrière montrera que le réalisateur sait toujours s'affranchir de ses modèles (même les plus encombrants genre Kubrick pour There will be blood) - et à revoir le film au fur et à mesure que le temps passe, c'est de plus en plus évident. Et dire que le gars n'a que 26 ans quand il réalise ça...
Boogie Nights, c'est un magnifique film-fleuve bourré de plans-séquences ahurissants, avec un casting long comme le bras d'acteurs et actrices phénoménaux, de la musique qui bute, des idées de scénario et de mise en scène à foison, une reconstitution précise de la période concernée, du cul, de l'humour, de la violence et du drame - qui se termine sur le plan qu'on a attendu pendant deux heures et demie et qui achève d'en faire un objet filmique hors norme. Une merveille.

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3 Re: Du cul du cul du cul ! le Ven 6 Déc - 17:13

Revu le week-end dernier. Pas celui que je préfére de PTA mais quand même très bien.

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4 Re: Du cul du cul du cul ! le Ven 6 Déc - 17:35

Phil


Admin
Tu préfères quoi ?
(me dis pas Punch Drunk Love, le seul que j'aime pas ! Shocked)

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5 Re: Du cul du cul du cul ! le Sam 7 Déc - 0:08

Je cherchais le nom justement de celui-là où je me suis fait chier comme un rat mort.
Je préfère There will be blood

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6 Re: Du cul du cul du cul ! le Sam 7 Déc - 0:34

Phil


Admin
Ouf, je suis rassuré !
(et j'adore aussi TWBB)

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7 Re: Du cul du cul du cul ! le Jeu 26 Déc - 16:24

Phil


Admin

(DON JON de Joseph Gordon-Levitt)

J'ai du mal à me faire un avis précis sur le premier film réalisé par le bellâtre Joseph Gordon-Levitt (Inception, Robin-ta-dam dans le dernier Batman de Nolan...), qu'il a aussi écrit et dans lequel il joue le rôle principal - ce qui laisse à penser que c'est un projet personnel (ou un caprice de star). C'est plein de bonnes choses et très plaisant à regarder; c'est surtout assez osé - et pas parce que ça parle de cul - et plutôt original - dans le sens où ça ne ressemble pas à grand-chose qu'on ait déjà vu. L'histoire, en gros, c'est la vie racontée à la première personne d'un jeune mec passionné entre autres de porno, et qui préfère le visionnage de vidéos de cul au vrai sexe. Ce qui lui pose quelques problèmes lorsqu'il finit quand même par tomber amoureux d'une fille rencontrée en soirée et qui semble au premier abord être une indécrottable romantique.

"Osé" parce que, au delà des provocations souvent très drôle autour du porno, Levitt n'hésite surtout pas à faire de ses personnages principaux de gros cons irrécupérables. En fait, on ne sait jamais sur quel pied danser, entre s'attacher à des personnages dont les failles sont proches de celles de tout un chacun, ou les rejeter - peut-être en partie parce que ce qu'ils nous disent sur nous-même est assez inconfortable. Ou alors peut-être parce que c'est des beaufs. Hommes ou femmes : en plus du personnage principal, la meuf jouée par Scarlet Johansson se révèle finalement être une grosse pouffe, en creusant un peu.
Cette ambiguité s'incarne en plus du scénario dans un un jeu constant entre le premier et le second degré, et un film qui part dans tous les sens. Un film plus "petit malin" que réellement intelligent, mais qui parvient souvent à déstabiliser le spectateur, qui ne sait pas trop en face de quoi il se retrouve. On n'est donc pas à l'abri de trouver le film aussi intéressant qu'agaçant - souvent même alternativement d'une scène à l'autre.

Sur la forme, c'est plutôt bien réalisé, sans que ce soit flamboyant pour autant. Comme je l'ai dit plus haut, on se marre bien. Les acteurs sont très bien, étonnant Tony Danza notamment, et l'actrice qui joue la soeur du héros qui ne parle jamais (sauf à un moment hilarant et fondamental).
Même si on a vu JGL meilleur dirigé par d'autres, et si la composition de Scarlet en fille vulgos et romantique à la fois finit par tourner en rond. Par contre, elle n'avait jamais été aussi fouyayayaya depuis... qu'on l'a découverte dans Lost in Translation, tiens ! (on est même à 2 doigts d'enfin la voir à poil - mais de toute façon, vu les tenues qu'elle porte le reste du temps...).

Pas de note, donc - mais un film intéressant à plus d'un titre et qui détonne au milieu du cinéma indépendant américain.
(et puis, il y a toujours le plaisir des yeux offert par les deux acteurs principaux, suivant son intérêt  Embarassed)

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