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Joe Hill – le prince du thriller

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1 Joe Hill – le prince du thriller le Ven 31 Jan - 16:24

Phil


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Joe Hill est le fils du grand Stephen King (d’où mon titre de sujet, le fils du roi, toussa) – et après une apparition gamin dans Creepshow (c’est lui qui joue le gosse du prologue et de l’épilogue !) ; il s’est mis comme papa à l’écriture de thrillers plus ou moins fantastiques.
Le talent n’étant pas héréditaire, et la méfiance encore plus grande quand le géniteur est un tel poids lourd dans son domaine, je ne m’étais jamais intéressé aux exploits du fiston. Jusqu’à

1/ que j’entende un peu partout que le gars est doué ; certainement pas (encore ?) au niveau de son père, mais ne déméritant point pout autant. Après s’être fait la main sur les scénarios de la BD Locke & Key, il a écrit plusieurs romans pour l’instant. Deux sont parus en français : CORNES et LE COSTUME DU MORT ; un autre sort bientôt, NOSFERA2 (une suite au Salem de papa ? ).
Je vais lire tout ça sous peu, histoire de voir ce que ça donne.


2/ que je lise la nouvelle co-écrite par les deux auteurs et éditée récemment en un petit fascicule chez Lattès :



Aux states, cette nouvelle est sortie en 2009 dans un recueil d’hommages à Richard Matheson, un des modèles de King. Il s’agit d’une nouvelle version de Duel dans laquelle les auteurs ont remplacé le VRP et sa petite voiture par une bande de motards, toujours poursuivis par un camion meurtrier. Y’a pas de quoi se la mordre, mais c’est plutôt sympa. Avec ce type d’exercice à 4 mains, il est toujours marrant d’essayer de savoir qui a fait quoi, de chercher des traces de thèmes ou d’idées de l’un ou l’autre auteur. Là, dans l’ensemble, on a l’impression de lire du King ; on verra avec les autres livres de Hill s’il copie le style de son père. C’est assez « marrant » aussi de voir décrite une relation père/fils conflictuelle, qui sera le centre de la seconde moitié du récit. Pas une bonne idée, par contre, de donner trop d’explications à la fin – tout l’intérêt de la nouvelle d’origine et du film de Spielberg qui en est tiré résidant justement dans le fait que le conducteur du camion reste un mystère jusqu’au bout.


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Phil


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Voilà, j’ai donc lu le second roman écrit par le fils de King, CORNES.

Comme je me l’imaginais avant lecture : il est rigoureusement impossible de le lire comme on le ferait s’il était signé de n’importe quel auteur fantastique, sans tenir compte de l’illustre paternité de l’auteur. D’autant plus quand on se targue comme moi d’être un « spécialiste » de l’auteur de La Tour Sombre – en tout cas un de ses « fans numéro un ».

Néanmoins, il est possible d’en faire relative abstraction. Ca ne sert à rien de jouer la comparaison, et à ce moment là, autant se rendre à l’évidence : sans être du Stephen King, Cornes est quand même un sacré bon thriller fantastique, qui se lit d’une seule traite, tient en haleine le lecteur, et se révèle au final un divertissement de grande qualité. Qui plus est plutôt bien écrit (et bien traduit, pas par Nadine !), plein d’humour noir et rempli de bonnes idées.
Et si le style du livre est proche de celui de son père, et lui emprunte pas mal de motifs et de tics ; il faut bien se dire que ce style irrigue de toute façon la littérature fantastique depuis que King a accédé au statut énorme qui est le sien. Le style de son fils est quand même plus direct, plus agressif, et rappelle les livres les plus méchants du King, ou les passages les plus violents et gores distillés dans ses pavés.

J’imagine qu’il doit y avoir une certaine pression sur Joe Hill ; qui sait pertinemment qu’on ne va cesser de le mettre en compétition avec son géniteur. Et il est alors amusant, et même assez touchant, de voir régulièrement au long de la lecture comme il essaie de s’en émanciper… tout en y revenant souvent au détour d’un phrase ou d’une idée ! La référence à Carrie au début, tout comme celle au « concurrent » Dean Koontz est caractéristique. Hill s’inscrit de toute façon dans une démarche très « post-moderne », en jouant sans cesse de la référence et du clin d’œil. Pour « faire plaisir au lecteur geek », sans que ce soit pour autant lourdaud – voir par exemple les personnages des sœurs nommés comme deux protagonistes de L’exorciste.

L’histoire repose sur un pitch tout simple et marrant : un jeune homme se réveille un matin en constatant que des cornes semblables à celle du diable lui ont poussé sur le crâne (à la première page du livre !). Il se vite compte qu’au contact de ces cornes, les gens lui dévoilent leurs secrets les plus inavouables, et qu’il a le pouvoir (limité) d’influer sur leurs actes.
Sur cette idée, Joe Hill greffe tout un tas de sous-intrigues qui lui permettent de tenir tout au long des 400 pages du roman sans temps mort. Le personnage principal a perdu sa petite amie dans un meurtre horrible un an auparavant, tout le monde pense qu’il est responsable de ce meurtre, son meilleur ami est un serial killer complètement chtarbé, son frère est mêlé au meurtre de sa copine… Hill crée toute une ramification de personnages et d’événements liés, en remontant dans leur passé. Si ce procédé n’est pas nouveau (et là encore, suivez mon regard…), il est parfaitement maîtrisé et témoigne d’une technique déjà très sûre chez un auteur débutant.
Tout ceci s’appuie sur la structure du livre : si on entre directement dans le vif du sujet, l’auteur revient ensuite sur le passé des personnages dans de longs chapitres reconstituant les éléments du puzzle au fur et à mesure. On revient toujours aux livres de papa, notamment dans la troisième partie rappelant les flashbacks de Ca ; mais Hill s’émancipe aussi par le recours à d’autres figures, comme par exemple la même scène racontées sous différents points de vue.

Intéressante aussi, la manière dont Hill joue avec les concepts de son histoire, notamment tout ce qui touche à la religion, jusqu’à la révélation finale de la nature véritable des cornes. Il y a là encore une volonté de se démarquer en casant un maximum d’idées originales sur des thèmes rebattus dans ce genre de littérature. Et en parallèle, beaucoup des obsession de King ont été transmises à Hill, qui développe ici un discours « de gauche » (à l’américaine) critique contre toute forme de réaction, une pensée féministe light, aborde des thèmes tels que l’avortement ou le fanatisme religieux qu’on a beaucoup vu chez papa…

Plutôt emballé par ce premier contact avec l’univers du « fils de… », donc, j’enchaîne avec son premier roman Le Costume du Mort, que je récupère demain.

(PS : Apparemment, le livre va être adapté au cinéma – comme c’est étonnant ! – par Alexandre Aja. Inutile de préciser que j’attends de voir ça avec impatience)

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Phil


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Au premier chapitre du Costume du Mort : "blablabla... en haussant ses sourcils à la Jack Nicholson". Voilà une référence qui va faire plaisir à papa !

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Phil


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J’ai lu le premier roman de Joe Hill après le second, ce qui est du coup assez paradoxal pour le chroniquer maintenant… Je pourrais dire qu’on y retrouve les mêmes caractéristiques que dans le très bon Cornes, le même style, etc, sauf que c’est dans l’autre qu’on les retrouve, puisque c’était déjà présent ici.
Même dire que c’est moins bon, plus maladroit, et reposant sur des schémas plus classiques, c’est paradoxal. Parce qu’il est à peu près logique (même si on trouvera toujours des exceptions) que le premier livre d’un auteur soit moins abouti que le second. Logique aussi que pour son premier livre Hill se soit reposé sur une histoire plus simple - celle d’un métaleux à la Marilyn Manson (même s’il fait plus penser dans le détail à Trent Reznor, souvent cité dans le récit d’ailleurs) qui se retrouve hanté par un fantôme surgi de son passé après avoir acheté le costume du défunt.

C’est donc moins emballant que l’autre bouquin, mais carrément pas déplaisant pour autant. Au-delà des quelques facilités et des petites erreurs, on se trouve même (déjà) là face à un bon livre d’horreur « de série B », dont on se prend à tourner les pages sans même s’en rendre compte.

Je vais lire d’autres choses avant d’attaquer son recueil de nouvelles et son dernier Nos4a2, mais il est prévu que je continue d’explorer l’œuvre du jeune auteur dans les mois à venir.[/i][/i]



Dernière édition par Phil le Jeu 26 Juin - 21:54, édité 1 fois

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Phil


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Lu le recueil de nouvelles 20TH CENTURY GHOSTS (je mets le titre original de Fantômes puisque je l'ai lu en anglais).
Comme dans tout recueil, il y a du bon et du moins bon, mais l'impression d'ensemble est vraiment positive. Il y a surtout dans le livre une volonté de renouveller le genre fantastique, de travailler des thèmes classiques en essayant au maximum d'offrir quelque-chose de nouveau; voire parfois de s'aventurer sur des chemins vraiment originaux (Pop Art ou Bobby Conroy comes back from the dead par exemple). De même, pas mal de nouvelles sont aussi des réflexions sur le genre, à commencer par la première Best New Horror. Voire même certaines nouvelles sortent du genre fantastique - comme c'est assez courant chez Stephen King. On a parfois l'impression de lire un travail sur le genre comparable aux Livres de Sang de Barker; même si ce n'est pas aussi ambitieux et puissant.
Un recueil assez étonnant, et plutôt enthousiasmant, donc, même si quelques textes sont assez oubliables. En compensation, il y en a de vraiment très bons - notamment la dernière nouvelle Voluntary Commital, qui bute tout.

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Phil


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Alors là, je m'incline : après un premier roman sympa, un second très bien mais encore bancal, et un recueil de nouvelles, Joe Hill passe tout de suite à un autre niveau avec son dernier né NOS4A2 (de son titre original). En son temps, le troisième roman de son père, Shining, était son premier "grand" livre... et bien c'est pareil ici, ce troisième livre de Hill est "son Shining" !

L’auteur y poursuit le travail entamé auparavant, continuant de creuser une veine original dans le traitement de figures classiques du fantastique. Il recycle ici tout un tas de thèmes et de motifs, mais parvient toujours à en tirer quelque-chose de nouveau et de surprenant. Il est ainsi difficile de résumer l’histoire et les ambitions du livre, qui file à 100 à l’heure au fil d’un récit s’étalant sur plusieurs années et plusieurs lieux, entre réalité et mondes parallèles fantasmés. Sur la forme aussi, Hill s’amuse à centrer chaque chapitre sur un lieu précis, quitte à interrompre ses phrases avant la fin lorsque les personnages et l’action se déplacent ailleurs.
Et alors que ça s’éloigne un peu plus du style de King (en étant toujours plus agressif, notamment), le livre provoque le même type de sentiments et de sensations que ceux de son illustre géniteur.

A force de dire que le talent n’est pas héréditaire, il fallait bien qu’on tombe un jour sur un contre-exemple. Avec ce superbe thriller fantastique digne des meilleurs Stephen King (enfin, pas le haut du haut du panier de ses 3-4 chefs d’œuvre absolus), Joe Hill s’affirme bien comme la brillante exception qui vient confirmer la règle.

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Phil


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Tweet du King (forcément pas très objectif, mais bon Rolling Eyes) :

I've read Joe Hill's forthcoming novel, The Fireman (I happen to know the author). It's mind-blowingly good. Save your nickels & dimes kids.

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Phil


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Des news sur le prochain Joe Hill, The Fireman... et sur sa future adaptation au ciné alors qu'il est même pas encore sorti (il est bien parti pour marcher sur les traces de son père, le gars. même si dans son cas ça aura été moins vite) !

http://www.syfy.fr/news/the-fireman-de-joe-hill-sera-adapte-au-cinema-par-le-realisateur-dinsaisissables

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Phil


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Phil a écrit:Tweet du King (forcément pas très objectif, mais bon Rolling Eyes) :

I've read Joe Hill's forthcoming novel, The Fireman (I happen to know the author). It's mind-blowingly good. Save your nickels & dimes kids.


J'ai commencé le dernier bouquin du fils de, en anglais... et pour l'instant je suis bien d'accord avec son papa !
C'est "marrant", alors que je parlais de son précédent bouquin comme de "son Shining", celui-ci pourrait bien être "son Fléau", comme le quatrième livre de son père Rolling Eyes

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10 Re: Joe Hill – le prince du thriller le Mer 21 Juin - 14:01

Phil


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The Fireman vient de sortir en français, sous le titre un-peu-naze-au-premier-abord-mais-finalement-pas-si-mal de L'Homme Feu.
Par rapport à mon message juste au dessus, je l'avais fini assez rapidement, au fait. Et c'est vraiment très très bien, digne de son père !

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