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Le cinéma est plus harmonieux que la vie, il n'y a pas d'embouteillages dans les films. Les films sont comme des trains qui filent dans la nuit (François Truffaut)


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Paul Verhoeven - le hollandais violent

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Phil


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Revu (pour moi – vu pour Diane) hier un des premiers films de Paul Verhoeven réalisé dans sa Hollande (pas François) natale en 1973 : TURKISH DELICES. L’occasion pour moi d’ouvrir ici un sujet consacré au réalisateur – d’autant que ça m’a donné envie de lui consacrer un petit cycle de re-visionnages sélectifs. J’ai déjà Le Quatrième Homme dans les tuyaux pour la période hollandaise, faudra prévoir La Chair et les sang pour la transition, et 2-3 films américains qui vont bien…

C’est le film qui a définitivement fait éclater le talent du réalisateur, après quelques panouilles télé et 2 films passés inaperçus au cinéma. Et ce à la fois dans ses Pays Bas natals – où le film fut un triomphe et remporta un tas de prix, avant d’être élu en 1999 « film néerlandais du siècle », rien que ça – que dans le monde entier, jusqu’à une nomination aux Oscars dans la catégorie « Meilleur film étranger » (que remporta finalement Truffaut et sa Nuit Américaine – la compétition était rude !). Perso, quand j’ai commencé à m’intéresser à Paulo au milieu des annnes 80, c’est un film qui est vite entré dans ma top-priorité des films à voir.

Et je n’ai pas été déçu à l’époque, comme je n’ai pas été déçu à la revoyure hier. C’est en effet à la fois très bien, et aussi très représentatif de la liberté insolente et folle du cinéma des années 70 en Europe et aux Etats-Unis. Le film se veut comme une sorte de version « alternative et trash » de Love Story, et y parvient largement (en étant évidemment bien meilleur que l’affreux mélo qui a fait chialer le monde entier à l’époque). C’est bien une histoire d’amour compliquée entre deux personnages que tout sépare, si ce n’est leur grain de folie commun, et qui va se terminer dans les affres de la maladie. Sauf que chez Verhoeven, l’histoire d’amour est abordée crûment, dans la description d’un quotidien tournant autour du sexe, de la bouffe et la boisson, du sexe, des fonctions corporelles diverses, du sexe, des relations avec la famille et les amis, et du sexe. Oui, parce que le personnage principal est quand même accro au cul, et sa meuf aime bien ça aussi. C’est provocateur, osé, emblématique d’un cinéma en liberté qui se permet de parler de tout en l’abordant de front, ne reculant devant rien… Ca pourrait n’être que ça (ce qui serait déjà pas mal, vu que c’est ici bien fait) ; ça devient en fait une superbe photographie d’une époque et de gens, de la libération sexuelle et de ceux qui l’ont vécue. Et aussi une belle radiographie du couple cachée sous les excès et les bouffées délirantes.

Rutger Hauer, dans un de ses premiers rôles et avant de devenir l’acteur fétiche du réalisateur puis de migrer à Hollywood, est excellent ; de même que Monique Van de Ven. Les deux n’hésitent pas à tout donner de leur personne pour coller à la vision du réalisateur, sans aucune pudeur ni compromis.



Dernière édition par Phil le Lun 5 Mai - 21:46, édité 1 fois

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Phil


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Quand on est allé voir BASIC INSTINCT au ciné en 1992, c'était pour voir du cul, des meurtres violents, du cul, du gore à base de pics à glace, du cul, la chatte de Sharon, du cul, et accessoirement pour certains cinéphiles des années 80 le nouveau film sulfureux de Paul Verhoeven, avec de la violence et du cul. A l'époque, on n'avait pas été déçu par ce digne représentant d'un courant du néopolar qui était né avec Le Silence des Agneaux et allait connaître sa consécration 5 ans après via l'immense Se7en.

Avec le temps, la traînée de souffre drainée par le film s'apaisant comme les esprits échauffés, le film s'est révélé au long des visionnages suivants comme un objet étrange et totalement fascinant... mais à l'opposé de son accueil il y a plus de 20 ans. Car tien ne se démode plus vite que les audaces, le cul et la violence. Et si le film reste encore, à l'image de toute la carrière américaine de Verhoeven, un incroyable pavé d'un réalisateur incontrôlable lancé à la face du bon goût Hollywoodien, son intérêt est ailleurs. C'est une sorte de version perverse du Vertigo d'Hitchcock, assumant jusqu'au bout sa vulgarité et son mauvais goût et finissant par l'ériger en une forme d'art. Tout devrait hérisser le poil du spectateur, dans Basic Instinct. Pas par ce qu'on nous montre de sexuel et de sauvage, mais par la volonté constante du réalisateur de se vautrer dans les plus bas instinct de l'humanité - avec un pur bonheur de gamin turbulent fou de joie à l'idée de cracher sa bile à la gueule du client. Et pourtant, avançant sans cesse sur la corde raide, le film ne se vautre jamais. Déjà parce que c'est super beau visuellement - le travail du chef op attitré de Paulo Jan de Bont (futur réalisateur de grosses merdasses genre Speed 2) atteint ici des sommets; la réalisation hyper fluide (il n'y a quasiment pas un seul plan fixe du film) fait le reste. Surtout parce que c'est totalement maîtrisé de bout en bout, Verhoeven instituant dès le départ un jeu d'attraction/répulsion avec le spectateur lui permettant de le balader partout où il veut. Et on en redemande.
(et puis, la chatte de Sharon, quoi Smile)

4 ans plus tard, le réalisateur radicalisera encore le procédé, en filmant une histoire vulgaire de façon vulgaire. Ce sera Showgirls (que je vais probablement me refaire pour ce cycle consacré au hollandais : ça sera pas bien, mais au moins je me consolerai au niveau sesque !), et le ratage du film démontre par opposition la réussite de Basic Instinct.

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J'ai revu les deux il y a peu de temps et c'est sans commune comparaison, à croire que ce sont deux réalisateurs différents ... et peut-être aussi parce que Sharon Stone a de la classe !

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Phil


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En soi, pas sûr que Sharon Stone ait plus de classe que Liz Berkeley - c'est justement la différence de traitement des personnages qui fait que ça fonctionne d'un côté et pas de l'autre. Cette histoire de vulgarité camouflée dans un cas, étalée au grand jour dans l'autre.
(maintenant, si on compare leur carrière, il est clair que l'avantage va à Sharon !)

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Quand je parlais de classe, c'était indépendamment des 2 films.

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Phil


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Mouarf : chuis tombé sur le début d'un Allan Quatermain quelconque (pléonasme) sur une chaîne de la TNT quelconque (et de 2 pléonasmes), et aperçu Sharon Stone dans un de ses premiers rôles. La tronche qu'elle avait... et le fossé avec Basic Instinct (même avec Total Recall) !

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Phil


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LA CHAIR ET LE SANG est le "film de la transition" dans la carrière de Paul Verhoeven, celui par lequel il va partir de sa Hollande natale pour aller tenter sa chance aux Etats-Unis, avec des résultats divers (mais des films méritant toujours un intérêt poussé). Le film se monte par l'entremise de son acteur fétiche et ami Rutger Hauer, qui a déjà traversé l'océan quant à lui et qu'on a vu notamment dans Blade Runner ou Osterman Week end. Et, si ça reste un film européen coproduit par la Hollande et l'Espagne, il est conçu pour être distribué dans le monde entier avec une partie des capitaux américains, et une distribution par MGM.
Tout ça pour dire que si le film peut passer au premier abord pour un film d'aventures américain, d'autant qu'il est tourné en anglais, il n'en est rien au final. Et on s'en aperçoit très vite, d'ailleurs, au bout de 2-3 minutes de films.

Car la "vision" qu'a Verhoeven du moyen-âge, des films de chevaliers et de la grande aventure n'a pas grand-chose à voir avec les flamboyants Ivanhoé et autres Robin des Bois classiques en technicolor. Rien, même : son film est sale, cru, violent, morbide, fortement sexué. D'une certaine façon, il applique au film d'aventures médiévales le même traitement qu'un Sergio Leone avait appliqué quelques années plus tôt au western, en tournant le dos à l'image d'Epinal. Pour nous livrer un film certainement plus honnête et réaliste que ce qu'on a l'habitude de voir. Pas étonnant pour un réalisateur qui avait fait ses premiers pas à la télé hollandaise avec l'adaptation d'un genre de Thierry la Fronde batave qui détournait déjà tous les clichés. Pas étonnant non plus au vu de la filmographie du bonhomme, avant ou après ce film là (puisqu'il ne se calmera pas aux states, loin de là) - qui va toujours creuser dans les plus bas instincts de ses personnages.

Ici, la jeune princesse vierge est une salope qui partage de la mandragore avec son amoureux sous les pieds de pendus bouffés par les corbeaux, les héros sont des mercenaires sans foi ni loi, les "gentils" sont des traîtres qui n'ont que ce qu'ils méritent, on envoie des morceaux de viandes pourris par la peste au delà des fortifications d'un château assiégé, on viole/tue/pille joyeusement une scène sur deux... Pour autant, Verhoeven n'oublie pas de nous livrer un film épique, porté par la musique puissante de Basil Poledouris - et on gagne alors sur tous les tableaux. Et il rajoute à ça des idées bien barrées comme le personnage du "prince érudit" qui fabrique des machines de guerre hallucinantes et invente la guerre bactériologique avant l'heure.
Les acteurs sont bons, mais c'est surtout Hauer dans le rôle principal qui livre une performance mémorable. A tel point que lorsque son personnage ressort du château en flammes à la fin, on se prend à rêver de la suite de ses aventures, alors que c'est une enflure finie.

Pour toutes ces raisons, La Chair et le Sang est un grand film d'aventures, furieux et baroque; et en même temps un des films d'aventures les plus originaux qui soient.

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Phil


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La sortie récente du remake apparemment merdeux ainsi que ce petit cycle consacré au réalisateur hollandais m'ont donné envie de revoir le monstrueux ROBOCOP. Que du bonheur à chaque vision.
Comme je le rappelais notamment dans mon avis Ciao consacré au film : http://www.ciao.fr/Robocop__Avis_960334

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Phil


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Un peu déçu par LE QUATRIEME HOMME, que j'avais beaucoup aimé la première fois que je l'ai vu - ça devait être mon premier "Verhoeven hollandais" vers la fin des années 80 - et qui m'a moins emballé à le revoir aujourd'hui. Sûrement parce que j'ai maintenant vu plein d'autres films européens complètement bizarres et tordus à l'ambiance délétère dans le même genre, et mieux réussis. Ca reste bien quand même, mais j'ai préféré revoir Turkish Delights...
De Vierde Man avait acquis une bonne réputation auprès des amateurs de cinéma fantastique déviant suite à sa présentation au festival d'Avoriaz en 1983. Où il avait fait sensation avec ses images provocantes, sa représentation du sexe, ses scènes homosexuelles poussées, son histoire pleine de symboles avec femme-araignée castratrice et manipulatrice, ses visions cauchemardesques... Cette atmosphère de cauchemar éveillé rempli des hallucinations morbides et violentes de son personnage principal est encore ce qui fonctionne le mieux aujourd'hui. Fidèle à son style frondeur, Verhoeven ne refuse jamais un plan dégueu, un truc putride, une scène de cul explicite, des hommes et femmes à poil pour rien. C'est la fête du slip et la fête du meurtre à la fois, et il faut reconnaître que la folie en liberté du réalisateur a toujours quelque chose de jouissif même 30 ans après.
C'est moins convaincant sur le côté labyrinthique, sur l'aspect "thriller" avec ce piège qui se referme petit à petit sur le personnage. Trop occupé à travailler les côtés ésotériques et psychanalytiques de son film, Verhoeven en oublie qu'il a une histoire à raconter. L'histoire de la veuve boire, par exemple, est assez mal amenée; et je parle pas de la fascination homosexuelles du mec, jamais expliquée ni justifiée par le scénario (on a l'impression que c'est juste là pour faire 2-3 scènes provoc).

Ce qui est le plus étonnant, à revoir le film aujourd'hui, c'est comme il préfigure Basic Instinct réalisé 10 ans après - et alors que Paulo n'a écrit aucun des deux films. La relation amour/haine basée sur le sexe des deux personnages principaux est la même, le personnage de femme fatale aussi, le héros qui veut paraître fort mais est complètement largué itou... Jusqu'à des séquences entières ou de simples plans fugaces qui se répondent d'un film à l'autre. La marque d'un auteur, assurément, que de pouvoir rapprocher deux films aussi différents de sa filmographie, le petit OVNI hollandais et la grosse machine hollywoodienne - à travers le même regard cynique et violent porté sur des êtres en pleine déliquescence.

Note = 4/6

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Phil


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Lassé de ne pas réussir à monter ses projets personnels à Hollywood, et après l'échec (mérité, c'est quand même bien daudique) de son Hollow Man, Paulo était reparti dans son pays natal au début des années 2000. Pour s'y ressourcer, et pour y tourner l'extraordinaire Black Book sorti en 2006. Mais depuis ce coup d'éclat qui renouait avec les fondamentaux de son cinéma et son sens de la subversion, c'était silence radio... Ce qui commence à faire long; beaucoup trop long.

Le silence a été - en partie - rompu en 2012, avec le projet STEEKSPEL, qui vient seulement de sortir chez nous en DVD sous son titre international de Tricked. DVD qui comprend d'une part le moyen-métrage de 50 minutes, et d'autre part un making of expliquant la genèse du projet et revenant sur sa conception et son tournage.

Et d'explications il y a besoin, puisque ce mini-film (par la durée, pas par sa qualité) est indissociable de sa conception. Il s'agit en fait d'un "projet collaboratif" mis en place entre Verhoeven, sa scénariste Kim Van Kooten, et des internautes impliquées dans l'écriture. La scénariste a en fait écrit le début du scénario, 4 minutes à l'écran qui présentent les 8 personnages principaux lors de la soirée d'anniversaire d'un des deux. Ensuite, les internautes ont proposé la suite du scénario, dans un travail régulier autour d'épisodes de 4 minutes réalisés au fur et à mesure. Ainsi, personne, des scénaristes, réalisateur, acteurs et autres, ne savaient vraiment au fur et à mesure du tournage où le film allait finalement les amener.

Ca aurait pu donner quelque chose de complètement bordélique et mal tenu, mais c'était sans compter sur les scénaristes "officiels" du film, qui ont réussi à donner à ces éléments épars une cohérence et une logique solides. Et sans compter sur Verhoeven, qui a emballé le film en s'amusant comme un fou. Dans le making of, il explique que les méthodes expérimentales testées ici lui ont permis de retrouver la liberté de ses débuts - même si le projet s'est révélé plus d'une fois épuisant et cauchemardesque à gérer. Et ça se sent, tant on retrouve la liberté formelle et la vision aigüe du cinéaste, en pleine forme.
Ca commence un peu comme Festen, avec une fête d'anniversaire qu'on sent sur le point de déraper à chaque instant. Par la suite, c'est un imbroglio de situations tordues qui finiront par se démêler à la fin. Le tout plongé dans un humour noir et un côté Vaudeville sérieusement timbré du plus bel effet. Et avec la "touche Verhoeven", moins frondeur que par le passé (tout le monde vieillit) mais néanmoins bien présente - voir les quelques plans cul (nichons, surtout), et des petits détails scabreux genre le vomi ou le tampon dans les chiottes (qui rappellent Turkish Delights).

Le résultat est donc un petit film ludique qui ne comptera jamais dans les grandes oeuvres du réalisateur mais qui est très agréable. Et très intéressant à voir en complément de son making of pour qui s'intéresse un minimum à la fabrication d'un film (et même pour les autres).
En plus, les acteurs/trices sont tous bons; et parmi eux, les 4 filles/femmes principales sont toutes mignonnes/belles, ce qui ne gâche rien !

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Phil


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Revu hier STARSHIP TROOPERS, film un peu maudit dans la carrière de Verhoeven puisque son relatif échec commercial (rapporté à son budget énorme) allait précipiter la fin de la période américaine du réalisateur. Film incompris à sa sortie, surtout - du moins aux Etats-Unis puisque l’Europe n’a pas cessé à l’époque et depuis de le défendre

Après ses deux détours par le thriller sexuel via Basic Instinct et Showgirls, Verhoven revenait là en 1997 à la science-fiction qui lui avait si bien réussi à la fin des années 80. Désireux de se racheter de son film précédent peu aimé, il retrouvait un projet qui reconstituait l’équipe gagnante du génial Robocop. Ed Neumeier au scénario (adapté du roman de Robert Heinlein Etoiles, Garde à Vous, dont il ne reste à peu près rien à l’écran mais dont le film conserve l’esprit), Jon Davison à la production, Jost Vacano comme directeur photo, quasiment toute l’équipe technique… Résultat : on retrouve bien le ton des aventures du cyborg flic dans ces aventures de fantassins stellaires combattant de méchants arachnides à l’autre bout de la galaxie. Le même regard ironique en coin, le même humour noir absurde, la même violence cartoonesque, les mêmes excès gore hystériques, les mêmes spots d’information et de pub hilarants… et les mêmes critiques envers les institutions, le pouvoir, et l’aliénation de la société – l’armée remplaçant ici la police mais le vice rongeant les organisations humaines étant le même.
Contrairement à ce que prétendent les détracteurs du film qui n’y voient qu’une apologie d’une société hiérarchisée fasciste et un appel à l’interventionnisme conquérant, Verhoeven n’est jamais dupe de ce qu’il montre. Ses personnages parfaits beaux et musclés et bonnes et athlétiques sont des caricatures qu’il méprise – les seuls à sauver étant d’ailleurs ceux qui montrent plus d’humanité que la moyenne. Sa société où les individus ayant accédé au rang de « citoyens » règnent sur les autres soumis dans un abrutissement de masse fait froid dans le dos. Pareil pour l’endoctrinement des populations, le nivellement culturel et intellectuel de la société du spectacle à grand renfort de publicités pathétiques et d’infotainment ridicule, et bien d’autres aspects du film.

Ce qui a beaucoup gêné, surtout outre Atlantique où il faut pas trop demander aux spectateurs de réfléchir, c’est que le cynisme et l’ironie violente du réalisateur avancent masqués. Et qu’il faut une sacrée dose de second degré pour dépasser ces accusations de film réactionnaire. Parce que, au-delà du second degré, Starship Troopers est avant tout un incroyable film de SF/action, aux nombreuses séquences bourrines. Avec un grand bonheur communicatif au spectateur, Verhoeven s’amuse à aligner les séquences d’affrontement entre les fantassins et les arachnides, à grands coup de démembrements gores et de milliers de balles tirées dans la gueule des gloumoutes. Il nous balance des scènes de guerre spatiale directement issues de la littérature SF. Il nous scotche avec des scènes dingues, drôles, sauvages, qui nous emportent dans un tourbillon redoutable.
Et c’est justement ça qui fait la réussite du film ! Hyper jouissif au premier abord, il titille aussi constamment la conscience du spectateur.
Le sens de la provocation selon Paul Verhoeven, quoi, poussé à son comble dans ce grand spectacle intelligent.

Note = 5/6

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Maté hier SPETTERS, film de la période hollandaise de Verhoeven (1980), que je pensais avoir déjà vu mais 1/ soit non, en fait, 2/ soit ça m'avait pas marqué plus que ça parce que ça me disait absolument rien.
Cette seconde option est possible, parce que c'est pas exceptionnel. Ben, hein, mais rien de vraiment marquant et le réalisateur nous a offert bien mieux par ailleurs, même à cette époque. L'histoire est celle d'un trio de jeunes à la fin des années 70, qui vivote dans une ville côtière en pratiquant des compétitions de moto-cross (à la ramasse du futur champion du monde dans la catégorie - Rutger Hauer dans un petit rôle). C'est donc de la chronique sociale comme pouvait l'être Turkish Delights, mais moins intéressante - comme si Verhoeven se foutait un peu de ses personnages, assez superficiels il faut dire. On retrouve quand même par moments la veine satirique du réalisateur, sa provocation et son cynisme violent; ce qui permet au film de se distinguer un peu de n'importe quel film de "bande de djeun's". La scène la plus connue du film est celle du viol collectif d'un des personnages principaux par une bande d'homosexuels; mais il y a aussi d'autres scènes de cul trash et autres joyeusetés comme le suicide d'un autre personnage (d'ailleurs joué par un acteur qui se suicidera réellement 2 ans plus tard). Mine de rien, ces quelques scènes ne sont pas que des provocs un peu faciles, mais bien des éclairs de présence de Verhoeven qui se glissent au sein d'un film pas forcément fait pour lui.

Note = 4/6

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La bande annonce du prochain Verhoeven, Elle, d'après Philippe Djian :

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Masterclass de Paulo à la Cinémathèque disponible sur le site d"Arte :
http://cinema.arte.tv/fr/article/la-lecon-de-cinema-avec-paul-verhoeven

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La sortie de ELLE est avancée au 25 mai... en plein Festival de Cannes, "comme par hasard" !

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Interviw de Verhoeven par Capturemag - que je me mets de côté pour lire après avoir vu le film :
http://www.capturemag.net/sur-ecoute/le-desordre-et-lamoral/

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Très bon reportage sur le film hier sur Canal en marge du festival de Cannes.

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Phil


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Vais le voir lundi... et ça a intérêt à être aussi bien qu'on le dit !
(donc, direct dans le top de l'année, d'après les rumeurs)

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Huppert qui est de tous les plans de PV est juste exceptionnelle, tout en finesse, elle donne vie à un personnage complexe, tordu, pervers, cynique, manipulateur magnifié par la caméra de Paul Verhoeven qui reprend tous les thèmes qui lui sont chers. Et bien que ce soit son premier film français, il donne l'impression d'avoir fait ça toute sa vie, délaissant le rythme effréné imposé par Hollywood pour un truc plus posé, jouant à fond sur les gros plans. 
Il porte également un regard aiguisé (et très cynique) sur la petite bourgeoisie parisienne, sans jamais tomber dans l'extravagance ou la caricature. (La naissance du gamin est anthologique).
A beaucoup d'égard, ce film me fait penser à Basic Instinct, Michèle ayant beaucoup de points communs avec Catherine Tramell.


Je vais quand même émettre un reproche qui concerne le rythme. 
Avec 2h10 au compteur, le film accuse quelques petits coups de mou et j'avoue qu'au bout d'1h30, j'attendais que ça se termine. C'est vraiment dommage, car sur le reste, rien à dire !

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Phil


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J'ai déjà vu plusieurs fois la comparaison avec Basic Instinct... ça promet !

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Tout pareil que Cédric (comme ça, vais pas me fatiguer à faire ma propre critique Very Happy) !

En effet, Isabelle Huppert est monstrueuse. Je me demande bien quelle merde George Miller et son jury avaient dans les yeux pour ne pas lui décerner le prix d'interprétation féminine à Cannes. Les autres acteurs sont très bien aussi - j'avoue que j'avais peur de cette distribution assez étrange, un peu "lelouchienne" dans son mélange d'acteurs les plus divers. Et pourtant, l'alchimie entre tous est bien là, et fonctionne parfaitement - offrant à chacun l'occasion de se livrer à des petits numéros réjouissants.

C'est complètement tordu, pervers, bizarre, bourré d'humour hyper grinçant (la naissance de l'enfant, en effet, et plein d'autres "gags" très noirs autour de sujets aussi drôles que le viol ou les meurtres en série). C'est aussi une sorte de spirale, où on se demande constamment comment le film va faire pour aller plus loin... et nous laisse sur le cul dans sa capacité à y parvenir à chaque scène. Constamment à la limite du ridicule, et constamment du bon côté de la barrière.

Et, bien sûr, la manière dont Paul Verhoeven s'empare du "cinéma français" pour le pervertir de l'intérieur est terrible ! Pendant 2h10, on a l'impression de voir un Claude Chabrol qui aurait pris de l'extasy et se serait laisser aller à ses délires les plus fous; ceux qu'il a toujours réfrénés dans un cinéma en apparence (mais en apparence seulement) bien plus sage que celui du hollandais. Mais du "cinéma bourgeois drame/policier français" contaminé par la folie d'un Basic Instinct ou certains films de la période hollandaise moins connus comme Le Quatrième Homme ou Spetters.

Après, oui, c'est un poil trop long. Bon, je vois pas bien ce qui aurait pu être enlevé pour alléger un peu la durée du film. L'histoire avec le mari de la copine, peut-être... mais même ça a son utilité (notamment en amenant la phrase de fin "j'avais envie de baiser", qui éclaire encore un peu plus le personnage).
Et n'ayant pas lu le livre, ça m'embête aussi de ne pas savoir déterminer si tout ce qu'on voit à l'écran vient de Paulo, ou du Oh de Philippe Djian. J'ai envie de lire le bouquin, pour vérifier... Ce qui n'enlèverait rien au mérite de Verhoeven, tant le film semble de toute manière totalement personnel et indissociable de son oeuvre.

C'est pas la grosse claquasse annoncé par les critiques, notamment après le passage du film à Cannes (ou beaucoup lui prédisaient la Palme) - mais c'est quand même du tout bon !

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Ca remplace pas la lecture de Djian mais ça donne un bon aperçu de ce qui était dans le bouquin et ce qui a été rajouté : LE DÉSORDRE ET L’AMORAL (Capture Mag)

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Phil


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C"est le lien que j'avais mis plus haut, à lire après le film Smile
Je lis ça cet am !

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J'l'avais pas vu.

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Phil


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Cbyt a écrit:Ca remplace pas la lecture de Djian mais ça donne un bon aperçu de ce qui était dans le bouquin et ce qui a été rajouté : LE DÉSORDRE ET L’AMORAL (Capture Mag)

En effet, ça répond en partie à mes interrogations !

Et, donc, on a bel et bien un pur film de Verhoeven - que ce soit volontaire de sa part ou non Wink

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