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Ce monde n'est pas tel que vous croyez - le topic de Philip K. Dick

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Phil


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Entamé le premier volume de l'intégrale des romans - 1953/59; que je lirai en entrecoupant d'autre bouquins.
Préface intéressante de Gérard Klein, qui arrive à raconter des trucs sur Dick qu'on n'a pas lus 1000 fois ailleurs; tout en s'appuyant sur des textes connus. La partie sur le post-modernisme de Dick est un peu fumeuse, mais le reste tout bon.

LOTERIE SOLAIRE

Il me semble que je l'avais déjà lu, le début me disait quelque chose; la suite me parlait plus du tout... Toujours est-il que ce premier roman de Dick est loin d'être un chef d'oeuvre, comme la plupart de ses oeuvres de jeunesse. Mais que c'est très plaisant à lire. On dirait carrément du Van Vogt - en mieux écrit, même si le style de Dick est pas exceptionnel non plus. Ca commence un peu comme "Le Monde des non-A", et comme lui (ou "Slans"), ça vire au space opera un peu tiré par les cheveux. En cela, ça s'apparente plus à ses nouvelles de l'époque qu'à ses futurs romans psychédéliques (même si on trouve déjà trace des simulacres humains qui fleuriront ensuite).
S'inscrivant totalement dans la "SF pulp" des années 50, "Loterie Solaire" est un petit roman sympa qui se lit vite, rien de plus (ni de moins). Dick l'a écrit sans y croire, de dépit de ne pas réussir à percer dans la littérature généralee qu'il visait. On ne se plaindra pas qu'il ait poursuivi dans cette voie, vers des livres plus évolués que celui-là.

LES CHAINES DE L'AVENIR

Ecrit 2 ans après le précédents (entretemps, Dick a continué de tenter de percer dans la littérature générale, et a surtout écrit une tonne de nouvelles de SF), "The World Jones Made" (de son titre original) tourne le dos à son premier roman de SF. Plus (ou preesque plus) de space opera; on revient sur terre pour une histoiree se déroulant dans un futur post apocalyptique plein de mutants. Avec en plus un sous-texte (très mis en avant, un sur-texte, donc !) très politique - ce roman devient alors une sorte de brouillon de l'oeuvre future de Dick - avant ses délires mystiques des années 70. Là, on n'a plus l'impression de lire un Van Vogt, mais bien un livre de l'auteur. Ca reste une oeuvre de jeunesse un peu maladroite, mais Dick est déjà bel et bien là.
(je l'avais pas lu, celui-là)

LE PROFANATEUR
(pas lu avant non plus)

Dans la lignée du précédent, encore un roman court qui décrit une société humaine future et dont le fond politique prend le pas sur la forme. L'histoire n'est pas très intéressante, les péripéties tirées par les cheveux, ça fait du surplace sans réelle progression dramatique... Mais l'univers décrit est très intéressant : celui d'une société basée sur le éRéarmement moral", mélange de conservatisme catho hyper poussé et de communisme. Il permet à Dick de développer là encore dès le début de sa carrière des thèmes et idées qui fonderont ses plus grandes oeuvres par la suite.
A lire par curiosité; mais clairement pas indispensable (en même temps, c'est pas une perte de temps, ça prend trois heures à tout casser).

LES PANTINS COSMIQUES
(toujours pas lu avant)

Et toujours une oeuvre de jeunesse de Dick - où l'on retrouve les germes de ses livres futurs au sein d'une histoire courte (110 pages) et simple très fifties. Un argument de base qui rappelle certains épisodes de Twilight Zone (avec une explication finale à la "Dome" ! pour le coup, ce serait plutôt King qui se serait inspiré de Dick), plutôt plaisant, malheureusement plombé par des personnages sans intérêt et des digressions assez nases (les espèces de Dieux qui se bastonnent par l'intermédiaire d'une petite ville américaine, mouof).


Bon, il est temps d'attaquer les choses sérieuses avec "L'Oeil dans le Ciel" et "Le Temps Désarticulé" (un de mes Dick préférés). Les deux livres qui terminent cette première intégrale et marquent historiquement l'entrée de Dick dans la cour des grands après ces quelques galops d'essais (4 premiers livres bien sympas mais loin d'être géniaux; moins intéressants que la profusion de nouvelles du Dick de l'époque).

L'OEIL DANS LE CIEL

Comme je l'ai dit plus haut, ce livre s'est imposé au fil du temps comme le premier "pur Dick"; c'est même à la relecture une sorte de preemière version évidente de Ubik.
Le sujet, déjà, qu'on peut difficilement trouver plus Dickien : à la suite d'un accident dans un "Bévatron", un groupe de personne se retrouve projeté dans les univers mentaux successifs de chacun d'entre eux - alors que les secours interviennent dans le monde réel.
Dick nous balade alors dans des mondes plus délirants les uns que les autres, au gré des psychés bien barrées des personnages; et interroge évidemment la notion de réalité (ce qui sera encore plus prégnant dans le livre suivant).
Il ajoute à ça des aspects politiques - notamment une violente charge contre le Mac-Carthysme. Et emballe le tout avec un humour ravageur.

Ca reste moins puissant que les plus grands livres à venir, mais très accrocheur. Et ça fait du bien de (re)lire du Dick rempli de ses obsessions et thèmes - après les livres anecdotiques précédents.

LE TEMPS DESARTICULé

Là, c'est simple, c'est "The Truman Show" 40 ans avant ! On n'arrivera jamais à me faire croire d'ailleurs que Niccol et Weir n'avaient pas ce livre en tête quand ils ont fait le film avec Jim Carrey. Sauf que ça se double ici d'une histoire de guerre futuriste purement SF (et très ancrée dans son époque). Le twix est assez vite éventé, surtout quand on a l'habitude de Dick; mais ce sont tous les tenants et aboutissants de la chose qui font que le bouquin se tient. Et peut même se relire plusieurs fois (c'était ptet ma troisième; au moins la seconde, sûr). On y trouve toujours aussi l'arrière-fond politique indissociable des début de l'oeuvre de l'auteur, dans ses romans et nouvelles; qui se diluera un peu par la suite (et prendra une autre forme dans les délires mystiques de la fin de sa carrière).

Un autre de mes Dick préférés - et à mon avis une merveille.



Entamé la seconde intégrale des romans aux éditions J'ai Lu.
Avec dans ce volume une nouvelle préface excellente de Gérard Klein - qui développe cette fois-ci une biographie rapide de Dick, relevant les romans marquants, s'attardant sur la psyché compliquée de l'auteur et l'abordant sous un angle psychanalytique.

LES MARTEAUX DE VULCAIN
Dans sa préface, Klein aborde le fait que l'oeuvre de Dick est particulièrement difficile à appréhender d'un point de vue critique entre autres parce que le meilleur y cotoie d'indignes livres alimentaires. Celui-là fait malheureusement partie de cette catégorie - ce qui est d'autant plus décevant après les deux précédents, vraiment très bon (voir plus haut). C'est donc de la bête SF des fifties à la Van Vogt, qui semble écrite machinalement et ne développe pas grand-chose d'intéressant. On se dit surtout que ça aurait fait une bonne nouvelle comme Dick les alignait à l'époque, sur la moitié des pages de cette histoire interminable et sans rebondissements.
Pas mauvais ni désagréable, mais plus qu'anecdotique.

DOCTEUR FUTUR
Encore une petite chose anecdotique, petit livre de SF de 130 pages qui mange pas de pain. Toujours pas fondamental, mais plus plaisant que le précédent. Une histoire délirante de voyages dans le temps, avec des gens du futur qui veulent changer le passé au moment de la colonisation des indiens d'Amérique. Ca ressemble encore à une longue nouvelle et ça aurait pas forcément mérité d'être développé sous la forme d'un roman, même court. Mais Dick s'amuse à jouer avec ses paradoxes temporels, et il faut avouer qu'on s'amuse avec lui.
Enfin, ça marque le moment où il abandonne l'idée d'écrire des romanes "sérieux" et se consacre uniquement à la SF.

L'année suivante, il publiera "LE MAITRE DU HAUT CHATEAU" (ma prochaine lecture, donc, hors Intégrale) et obtiendra le prix Hugo. Ca a tout de suite une autre gueule ! (même si je suis moins gaga de ce livre - pas à la hauteur du mythe à mon avis - que d'autres qui suivront).

LE MAITRE DU HAUT CHATEAU

Le voilà donc, le "premier chef d'oeuvre de Dick", un de ses livres les plus célèbres, un monument de la science-fiction, et blablabla. Il est clair que, du point de vue de l'oeuvre, le livre restera comme celui qui l'a définitivement fait basculer dans le domaine des grands auteurs de SF (entre autres), et qui aura contribué à forger la réputation qui sera la sienne par la suite. De par son ambition, déjà - Dick voit ici beaucoup plus loin que ses "petites historiettes" précédentes. De par l'affirmation de ses thèmes de prédilection et de son style. De par son écriture, enfin - plus précise et rigoureuse.

Malgré ça, je n'avais pas été emballé outre mesure à la première lecture du livre, il y a bien longtemps maintenant. Il est probable que j'en attendais énormément et n'avait pas trouvé un livre à la hauteur de tous les lauriers qu'on lui tressait.
A la relecture, je comprends pourquoi cette déception (légère, cela dit - j'avais quand même aimé globalement le livre; sans le trouver aussi bon que d'autres à la réputation pourtant moindre). L'uchronie du livre, par exemple (pour rappel : ça se passe dans l'Amérique des années 60, dans un monde où Allemands et Japonais ont gagné la seconde guerre mondiale), n'est qu'une toile de fond à l'histoire, et n'est jamais passée au premier plan. A peu de choses près, le livre pourrait bien se dérouler dans n'importe quel univers SF un peu décalé par rapport au notre. Pareil pour les thèmes classiques de l'auteur comme la perception de la réalité, les univers parallèles, les simulacres et la notion de faux, ou ses éternels personnages de loosers pathétiques aux prises avec des événements qu'ils ne comprennent pas. Tout ça est traité de manière beaucoup plus légère, via un récit assez abstrait qui se déroule par petites touches modestes.
Je pense aussi que j'étais "trop jeune" à l'époque - et que pas mal de subtilités liées au déroulement de la seconde guerre mondiale m'avaient échappé. Je ne devais même pas savoir qui étaient Goering ou Borman, donc bon... (je vous rassure : Hitler, ça va, je voyais déjà bien !).

On devinera donc de ces lignes que j'ai bien plus aimé le livre lors de cette relecture - même si je pense toujours que ça n'atteint pas le niveau (il est vrai très élevé, il fait partie de mes 10 livres préférés) de Ubik. C'est le genre de livre "qu'il faut avoir lu"; mais ça va : on ne le regrette pas. Et on passe même plutôt un (très) bon moment en sa compagnie.
Toutes les implications du récit sont même assez vertigineuses - c'est juste un peu dommage que le style froid et "profil bas" de Dick ici ne rende pas toujours ce vertige si prégnant.

Chez "J'ai Lu Millénaires", le livre est présenté dans une traduction revue, qui fait beaucoup de bien au livre (les anciennes souffraient des traductions bâclées de la SF des années 60 en France). En bonus, une postface intéressant de Laurent Queyssi - qui analyse le livre en une petite dizaine de pages limpides (développant en partie ce que je dis ici, avec le côté habituel "béât devant le chédeuvre" en plus). Et les deux premiers chapitres d'une suite au roman que Dick a tenté d'écrire en 1964, sans jamais pouvoir aller plus loin. Pour éviter la frustration, je ne les ai pas lus in extenso, mais parcourus - et on imagine bien ce que Dick aurait pu faire de cette suite. Dommage qu'il n'ai pas poussé plus loin.

LE BAL DES SHIIZOS
(pas lu avant)

Retour aux Dick "modestes" de l'époque, après le pas franchi par "Le Maître du Haut-Chateau", celui-ci est intéressant surtout parce qu'il marque bien la période de transition pour l'auteur à ce moment là. On sent bien à la lecture qu'il reste encore sur les schémas de ses premiers romans de SF - en gros des nouvelles (comme il en écrit des tonnes à l'époque) allongées sur plus de pages. Mais en même temps, il fait montre d'une ambition supérieure dans les thèmes abordés, dans le récit, les personnages... Ca rend le livre plus intéressant qu'un "Docteur Futur" ou "Les Pantins Cosmiques"; mais pas pour autant un grand livre (et moins immédiatement plaisant que "L'oeil dans le ciel" ou "Le temps désarticulé").

Le titre français du livre est assez inapproprié : Dick nous décrit bien un monde futuriste (pour lui, parce quye ça se passe en 82 !) peuplé de malades mentaux, schizos et autres paranoïaques, qui sont soumis à une loi les obligeant à être soignés dans des cliniques spécialisées ou à l'extérieur. Mais ce n'est qu'une toile de fond, lui servant à développer à une échelle supérieure ses thèmes de prédilection. L'histoire est surtout articulée autour de la création de robots à l'identique des grands personnages du passé, et le titre original "We Can Build You" colle alors mieux (sans compter que les interrogations du personnage principal sur sa propre réalité vont aussi dans ce sens).
Il y a aussi, comme souvent chez Dick, un discours politique - notamment sur la lutte des classes - ici parfois trop appuyé et asséné lourdement.

Un bon Dick "première époque".

GLISSEMENT DE TEMPS SUR MARS
(je croyais l'avoir déjà lu, mais non - en tout cas ça me disait rien à cette lecture là)

Dick prolonge son roman précédent et transporte ses schizophrènes sur Mars, en y rajoutant un traitement révolutionnaire pour comprendre et soigner les autistes. La première moitié du livre suit la progression habituelle des premiers livres de l'auteur et comprend des thèmes récurrents, mais s'attache plus à imaginer la vie sur Mars devenue une colonie vers laquelle émigre la population d'une Terre surpeuplée. On est plus dans l'esprit des futurs auteurs de SF prospective à la Baxter ou KS Robinson (sans les aspects scientifiques).
Ensuite, il part bien dans ses délires avec différents niveaux de réalité, voyages dans le temps, malades mentaux mutants aux pouvoirs psychiques, histoire incarnant la lutte des classes transportée sur Mars...

Encore un bon Dick mélangeant aspects purement "aventure-SF" et réflexion propres à l'univers de l'auteur. Qui marque clairement la fin de la période pour Dick, qui va changer de statut et d'ambitions avec le succès et les prix du "Maitre du Haut-Chateau", et le suivant "Dr Bloodmoney".

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Phil


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Le contenu du volume 3 de l'intégrale, 1963-1964 :

- Simulacres
- Brèche dans l’espace
- Les clans de la lune alphane
- La vérité avant-dernière
- Le zappeur de mondes

J'en ai lu 3 sur 5 (Simulacres, Les clans de la lune Alphane, La vérité avant-dernière) : que du bon !

Et quand on regarde la bio de Dick, il devrait aussi y avoir "En attendant l'année dernière" (ce qui en ferait 6, comme les volumes précédents) - très bien aussi.

--> sortie reportée au 3 avril

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Phil


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DOCTEUR BLOODMONEY

Il me semble que c'est le premier livre de Dick que j'ai lu - je vous laisse imaginer comme ça fait bien longtemps. Et j'en avais pas un super souvenir. En fait, j'en avais peu de souvenirs, mais il me semblait que j'avais pas trouvé ça terrible. Et allez savoir si c'est le fait d'être plus mûr (mouarf), d'avoir vu et lu bien d'autres choses depuis, de bien mieux connaître l'oeuvre de l'auteur aujourd'hui... toujours est-il que je l'ai trouvé très bon en le relisant dans la continuité de l'intégrale rééditée chez J'ai Lu !
Ce qui est étonnant, c'est que le livre est à la fois très Dickien, et à part dans son oeuvre. Dick abandonne ici en effet la structure classique un peu répétitive de ses récits pour s'attacher à une sorte de chronique dans une petite ville de Californie en pleine reconstruction après une guerre nucléaire. Il suit plusieurs personnages dont les destins se croisent et qui se retrouvent dans cette ville (ou ailleurs, comme ceux qui viennent de Berkeley ou le "disc jockey" isolé dans son satellite en orbite autour de la terre), s'efforçant de continuer à vivre dans un monde détruit - souvent malgré le poids d'un passé lourd.
Pas d'univers parallèles, de voyages sur Mars ou de sistorsion de la perception de la réalité ici, donc. Mais, quand même, une obsession toujours vive pour les mutants nés de la radioactivité. Le livre tourne en effet principalement autour de ces mutants, notamment un "phocomèle" sans bras ni jambes doté de pouvoirs qui vont lui permettre de s'imposer dans la petite communauté, jusqu'à représenter une menace pour leur survie. Dick continue aussi d'observer les ravages des pulsions profondes de l'homme, mutant ou non. Et, malgré un étonnant happy end (si si, véridique !), sa misanthropie est toujours bien présente - surtout via des personnages toujours aussi médiocres.

Pas dans les meilleurs Dick, mais néanmoins très bon - et sortant donc de l'ordinaire de l'auteur, ce qui fait une petite respiration bienvenue dans une lecture globale de l'oeuvre.

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Phil


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LES JOUEURS DE TITAN

Dick effectue ici un petit pas en arrière en revenant à un "petit" (170 pages) livre de SF tout bête comme ceux d'avant sa transition - par exemple les deux au début de cette intégrale. Pour le coup, c'est décevant, et j'ai eu du mal à m'interesser à cette histoire abracadabrantesque. Comme toujours, même dans les Dick les plus mineurs, ça fourmille d'idées intéressantes : un monde du futur où les humains ont perdu la guerre contre les habitants de Titans, plus que 50 000 humains sur toute la terre suite à une opération qui a fortement limité leur capacité à se reproduire, une classe de "possédants" jouant leurs terrains à un jeu type Monopoly importé de Titan qui sert d'ordre mondial, des mutants aux super pouvoirs, une guerre froide larvée entre humains et Titanies, la possibilité pour le "Vugs" venus de Titan de prendre une apparence humaine, des rebondissements à n'en plus finir avec trahisons/mensonges/changements de camps lourdingues...
En fait, c'est presque trop pour ce qui n'est à nouveau qu'une nouvelle étendue n'importe comment; et très rapidement je me suis mis en mode "lecture automatique" juste pressé d'arriver au bout de ce qui est à mon avis un de ses plus mauvais romans (heureusement, ça se lit vite).


Allez, sortie du troisième tome de l'Intégrale la semaine prochaine - avec des trucs d'un autre acabit que ce dernier !



Dernière édition par Phil le Ven 17 Mai - 15:40, édité 1 fois

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Phil a écrit:Le contenu du volume 3 de l'intégrale, 1963-1964 :

- Simulacres
- Brèche dans l’espace
- Les clans de la lune alphane
- La vérité avant-dernière
- Le zappeur de mondes

J'en ai lu 3 sur 5 (Simulacres, Les clans de la lune Alphane, La vérité avant-dernière) : que du bon !

Et quand on regarde la bio de Dick, il devrait aussi y avoir "En attendant l'année dernière" (ce qui en ferait 6, comme les volumes précédents) - très bien aussi.

--> sortie reportée au 3 avril


Acheté ce midi.
Et en effet, y'a pas En attendant l'année dernière, on verra dans le prochain (1965-1969 - avec UBIK, donc, yessssssssssss !)

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Phil


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Phil a écrit:Allez, sortie du troisième tome de l'Intégrale la semaine prochaine - avec des trucs d'un autre acabit que ce dernier !


BRECHE DANS L'ESPACE

Ce troisième tome de l'intégrale de l'auteur paru chez J'ai Lu Millénaires commence en fait lui aussi par un "petit" Dick, 170 pages de SF classique loin des délires hallucinés de ses meilleurs livres. Mais dans le genre, c'est bien meilleur que Les Joueurs de Titan !

Il y a en fait ici deux livres en un, la première moitié décrivant un monde futuriste comme les affectionne l'auteur. Et le livre bifurquant au milieu vers une histoire de mondes parallèles très Dickienne dans l'esprit, mais dont le traitement "simple" rappellera plus un Van Vogt ou un Asimov. Ce qui est dommage, c'est que chacun des deux aspects aurait mérité d'être développé sur la longueur d'un roman entier. Le monde décrit au départ part de l'idée que les noirs sont devenus majoritaires en Amérique et que les blancs, bien que minoritaires, sont toujours les dominants. On assistera alors au cours du roman à l'élection du premier président noir américain - ce qui fera sourire aujourd'hui Smile. Ce livre donne l'occasion à Dick de développer un discours égalitaire et anti-raciste à ma connaissance inédit dans son œuvre. Comme à son habitude, il ajoute à ce contexte un fourmillement d’idées et de détails : un monde surpeuplé dans lequel les pauvres (noirs) sont cryogénisés en attendant des lendemains meilleurs, des avortements institutionnalisés, un satellite des plaisirs, un mutant bicéphale mégalomane, des voyages via des « disrupteurs » géographiques…
C’est un de ces disrupteurs qui créera la brèche du titre, donnant accès à une terre parallèle dans laquelle des hominidés ont éliminé l’homo sapiens et sont devenus l’espèce dominante, arriérée technologiquement mais dotée d’étranges pouvoirs psychiques.

Un autre livre pas indispensable de l’auteur, mais très plaisant, modeste, et qui se lit à toute vitesse.


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Phil


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SIMULACRES

C'est un peu bête à dire tellement ça tombe sous le sens, mais la lecture d'une oeuvre intégrale d'un auteur dans l'ordre permet de faire ressortir avec plus de force des constantes et des rappels d'un livre à l'autre.
Ainsi, j'avais déjà lu ce SIMULACRES par le passé - je m'en rappelais d'ailleurs très bien lors de cette relecture (jusque dans de petits détails dont je ne comprends pas pourquoi ils m'ont marqué comme ça). Mais je ne me souvenais pas à quel point sa structure, ses personnages, sa manière de raconter l'histoire, et tout un tas d'autres éléments, sont purement Dickiens. A l'exception de quelques "grands" livres qui sortent du lot (Le Maître du Haut Chateau, Ubik, Blade Runner...) et de sa fin de carrière, la plupart des livres de Dick sont ainsi construit sur ce modèle. Pas très narratifs, ils dépeignent principalement un univers futuriste bourré de détails, souvent basé sur un monde totalitaire (ici, plein de réminiscences du troisième reich), avec des histoires de voyages dans le temps et de perception de la réalité bien sûr, et des mutants.
C'est à nouveau le cas avec ce livre - dont les simulacres du titres ne sont qu'un élément d'un décor plus vaste dans lequel les loosers pathétiques habituels de Dick sont baladés au gré des envies de l'auteur. Pas grand-chose à en dire, donc, si ce n'est que c'est du bon Dick (dans le genre, il peut malheureusement écrire de l'alimentaire plus souvent qu'on le voudrait) qui passe tout seul.


Prochaine étape : Le Dieu Venu du Centaure - un livre célèbre de l'auteur, sorti indépendamment des gros pavés de l'intégrale.

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Phil


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Phil a écrit:Prochaine étape : Le Dieu Venu du Centaure - un livre célèbre de l'auteur, sorti indépendamment des gros pavés de l'intégrale.


Non, finalement, je le commence demain, celui-là, avant j'ai relu

LA VERITE AVANT-DERNIERE

Le livre repose sur un concept simple mais fort : lorsque la troisième guerre mondiale a été déclenchée, la plupart des humains se sont réfugiés dans des abris souterrains, où ils survivent depuis 13 ans en fabriquant des armes de guerre pour la surface. Or, la guerre est terminée depuis longtemps, et les habitants de la planète vivent dans l'opulence (et une sorte de dictature fasciste) et le mensonge.
Là dessus, Dick greffe comme à son habitude tout un tas de sous-intrigues, avec des voyages dans le temps, des machinations diverses, des complots politiques... Ce n'est pas la partie la plus intéressante d'un roman qui s'avère captivant lorsqu'il reste collé à son concept de base. Auquel il revient régulièrement, heureusement, décrivant les conséquences de l'arrivée en surface d'évadés des mondes souterrains, des plans mis en place pour maintenir le grand mensonge, des tentatives de certains de faire éclater la vérité.

Vraiment bien dans l'ensemble, malgré quelques petits passages à vide.

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Phil


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Certains ont dit que Inception était une sorte d'adaptation officieuse de Ubik (pas faux) - mais je me rends compte en le relisant que ça doit aussi pas mal à The Three Stigmata of Palmer Eldritch (aka Le Dieu Venu du Centaure)...

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Phil


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Liste sous réserves des livres contenus dans la dernière intégrale à sortir le 18 septembre :
1 – A Rebrousse Temps
2 – En Attendant l’année Dernière
3 – Les Machines à Illusions
4 – Mensonges et Cie
5 – Le Guérisseur de Cathédrales
6 – Nick et le Glimmung ( ??? jamais entendu parler de ce truc !!! après vérification, c’est un livre pour enfants !)
7 – Message de Frolix 8

Apparemment, il n’y aurait donc pas Ubik.
Ce qui en soit ne m’étonne pas : vu l’importance du livre dans la bibliographie de Dick, il serait logique qu’il sorte indépendamment, comme Le Maître du Haut Château par exemple… sauf qu’il a jamais été annoncé comme tel par J’ai Lu. Wait and see, donc…

(il y a aussi Coulez mes larmes, dit le policier qui sort normalement le 28 août)



Et je me rends compte que j'avais pas parlé de ma relecture du DIEU VENU DU CENTAURE, mais c'est parce qu'il n'y a pas grand-chose à en dire : c'est vachement bien ! Smile
En fait, c'est marrant : j'avais pas trop aimé le livre la première fois que je l'ai lu il y a bien longtemps dans mon adolescence. Du coup, je ne comprenais pas bien l'engouement des fans autour de ce livre en particulier. A la relecture, je me rends compte, comme pour d'autres, que je l'ai certainement lu "trop tôt". Non pas que j'étais trop jeune, puisque je lisais déjà de la SF du même tonneau sans que ça me gêne plus que ça. Mais sûrement que je ne connaissais pas encore assez l'oeuvre de Dick - et que je ne voyais pas encore de quelle manière celui-ci s'insère idéalement dans l'ensemble.
A relire aujourd'hui, il fait indéniablement partie des oeuvres importantes de l'auteur - même si je n'en suis toujours pas gaga au point de le considérer comme un de ses plus grands livres. Il est clair qu'il développe ici ses thèmes récurrents mieux que dans la plupart de ses "petits" livres moins importants; mais clair aussi que le livre n'a pas la rigueur d'un Ubik ou un Maître du Haut Chateau.

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Phil


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LE ZAPPEUR DE MONDES

Dick « classique », dans la lignée de ses livres courants qu’il pondait au kilomètre à la grande époque. Dans le genre, on a plutôt affaire au haut du panier. Reposant comme souvent sur une idée originale et simple : ici un monde futuriste (à l’époque, parce que ça se passe en 2004, en fait) découpé en deux blocs est-ouest qui crée chacun des armes imaginées par des médiums entrant en transe, pour se protéger en cas d’attaque de « l’ennemi ». Outre les thèmes habituels de l’auteur, le livre brasse de grandes interrogations de l’époque comme la peur du communisme, la course à l’armement, etc (eux aussi tournant souvent en boucle chez Dick).
On notera quand même ici un point positif qui distingue ce livre du tout venant de Philip : il ne se disperse pas en un tas de sous-intrigues sans intérêt comme ça peut parfois être le cas. Restant au contraire constamment collé aux basques de son personnage principal et de ses tribulations.

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Phil


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LES CLANS DE LA LUNE ALPHANE

A l’inverse d’un Dieu venu du Centaure, celui-là que j’avais déjà lu plus jeune m’a moins plu à la relecture… sûrement parce qu’il s’agit à nouveau d’un Dick des plus classique dans ses thèmes, son déroulement, son écriture, ses personnages – et qu’il ressemble par là ni plus ni moins à n’importe quel Dick « de base » que je me tape lors de cette relecture quasi intégrale. Et aussi parce qu’il « gâche » un peu un concept qui promettait beaucoup : à savoir la lune du titre, qui est un fait une sorte d’hôpital psychiatrique à ciel ouvert où les malades se sont organisés selon leurs névroses en villages de maniaques, d’hébéphréniques, etc. Et sur laquelle les terriens veulent remettre la main. Toute la patrie concernant la Lune et sa population de malades ainsi que la guerre engagée avec la Terre, est très bien. Là-dessus, Dick greffe comme souvent des sous-intrigues moins intéressantes, avec manipulations politiques diverses à base de gens infiltrés chez l’ennemi, personnage principal engoncé dans ses problèmes de couple médiocres, races extraterrestres lisant dans les pensées, magnat de la télévision faisant la pluie et le beau temps, simulacres manipulés par la CIA… En se dispersant, Dick perd de vue son histoire et ses personnages, et dilue l’intérêt du livre jusqu’à ce qu’il n’en reste plus grand-chose (j’ai peiné à lire les 50 dernières pages). Un peu l'inverse du précédent, du coup.

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Phil


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Phil a écrit:Liste sous réserves des livres contenus dans la dernière intégrale à sortir le 18 septembre :
Je sais pas si c'est moi qui m'était planté ou si ça a été repoussé d'un mois, mais ça sera le 18 octobre, en fait.

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Phil


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On connaît la tronche du prochain volume de l'intégrale :



Mais toujours pas de confirmation officielle de ce qu'il y aura dedans.

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CONFESSIONS D'UN BARJO est connu pour être un des deux seuls Dick de littérature générale publié de son vivant (en 1975) - et aussi pour avoir été adapté au ciné en 1993 par le français Jérome Boivin.

Outre que le livre est vraiment bien, c'est vrai qu'il est amusant à lire, dans le sens où Dick fait du pur Dick, tout en n'intégrant pas de SF à l'histoire. Pour être honnête, il faut dire qu'il y a quand même des éléments de littératures de l'imaginaire, notamment dans le groupe d'allumés attendant la fin du monde et l'arrivée des extra-terrestres, ou dans les monologues du "Barjo" du titre. Mais ce sont des détails parsemés dans un livre qui raconte le destin et les relations de 3 personnages dans l'Amérique rurale des années 50. On est plus souvent proches de la littérature américaine qu'on aime ici (des Banks et autres Auster) que de Ubik - en moins bien écrit et construit, évidemment.

Mais dans le fond, les personnages décrits ici par Dick sont les mêmes que ceux qui hantent ses livres de SF - losers pathétiques incapables de contrôler leurs vies, sociopathes schizophrènes inadaptés à leur monde, pauvres créatures angoissées qui se démènent à nouer des relations impossibles avec les autres. Même dans la progression de l'histoire et les péripéties, on reconnait bien le style de l'auteur.

Très intéressant quand s'intéresse de près à Dick, comme c'est mon cas. De plus loin, ça peut faire passer un bon moment, mais mieux vaut probablement se concentrer sur de la littérature américaine plus "solide" (genre le dernier Nancy Huston).



(à noter : la réédition chez J'ai Lu au même format que les autres rééditions propose en fin d'ouvrage une analyse intéressante sur les adaptations de Dick au cinéma. Sujet qui n'avait été que survolé par Gérard Klein dans la dernière Intégrale).

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Phil


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Voilà, acheté le dernier volume des rééditions de Dick chez Nouveaux Millénaires, sorti aujourd'hui... Qui sera bien le dernier, comme indiqué en quatrième de couv'. Et, donc, pas de réédition de Ubik !!! Là, faudra qu'on m'explique... Surtout si c'est pour nous mettre à la place le Glimmung machin, dont tout le monde se tamponne.
(il manque Au bout du labyrinthe, aussi)

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Je pense que J'ai Lu n'a pas les droits d'Ubik. C'est aussi simple que ça

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Phil


Admin
Ne les a plus, en fait, parce que j'ai toujours mon ancienne édition en poche chez eux Smile.
C'est sûrement un truc comme ça, mais c'est rageant vu qu'ils ont eu tout le reste. C'est probablement lié au projet d'adaptation ciné éternellement reporté.

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Phil


Admin
A REBROUSSE TEMPS
(déjà lu)

Comme pas mal de Dick que je relis à l’occasion des rééditions chez J’ai Lu (je ne parle plus d’intégrales, puisqu’il en manque !), A Rebrousse Temps montre que l’auteur, qui enquillait les livres à toute vitesse, écrivait souvent selon les mêmes schémas. A savoir : un concept fort, plus ou moins exploré tout au long du livre, sur lesquels il greffait systématiquement ses obsessions autour des mêmes personnages de paumés pathétiques et les mêmes relations de couples compliquées. Ne se distinguent alors que les quelques livres qui sortent de ce modèle, ou ceux qui arrivent à le dépasser.
Ce n’est pas le cas de celui-ci, dont je n’avais déjà pas un souvenir impérissable avant relecture. Dommage, parce que le concept est vraiment très bien : un monde dans lequel les morts reviennent à la vie et se mettent à régresser vers la naissance. Tous les détails trouvés par Dick autour de cette idée sonnent juste, et la description d’un monde forcément chamboulé où les gens vieillissant et ceux rajeunissant doivent cohabiter est bien vue. L’autre idée, politique celle-là, liée aux mouvements de révolution, à la renaissance d’un ancien gourou, et au monde futuriste comme toujours fascisant chez l’auteur, sont bien aussi. Malheureusement, Dick plombe son livre avec ses habituelles histoires de couples mal assortis, de trahisons et de manipulations dont on se fout royalement et qui frisent même ici le ridicule tant ça semble petit à côté du formidable concept de base. Comme s’il avait peur de prendre celui-ci à bras le corps et de se concentrer uniquement sur ça.
Ca reste un petit livre sympa qui se lit facilement, mais c’est tout ; et c’est un peu du gâchis.




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Phil


Admin
Les deux derniers livres lus dans ces rééditions de Dick illustrent à merveille l'idée que l'auteur graphomane écrivait toujours plus ou moins le même livre, changeant juste le concept de base. Toujours, comme je l'ai dit plus haut, en mettant de côté quelques livres exceptionnels sortant du lot, et la dernière période de sa carrière.

EN ATTENDANT L'ANNEE DERNIERE et LES MACHINES A ILLUSION s'inscrivent dans ce parcours balisé, donc, avec des fortunes inverses.
Le premier, que j'avais déjà lu mais dont je n'avais aucun souvenir, est très bien. Les schémas habituels de l'auteur y sont appliqués efficacement, sans qu'il se perde dans des histoires secondaires sans intérêt, et sans qu'il se parodie lui-même inutilement. Le récit est alors mieux tenu que souvent, et il s'en faut de peu que le livre rejoigne les grandes oeuvres conceptuelles de Dick.
Le second est écrit en collaboration avec Ray Nelson. Au départ, cet apport de sang neuf est bénéfique; les figures de Dick sont ainsi moins évidentes et soumises à un traitement original. Pas de bol : vers la moitié du livre, l'histoire se barre en couilles, plus rien n'est tenu, le récit perd toute logique interne. On ne comprend plus rien à ce qui se passe et on lit les chapitres les uns après les autres en se demandant sans cesse pourquoi tel chose arrive à tel personnage. L'impression finale est celle de lire un livre de 300 pages dont on a coupé la moitié des pages au hasard par ci par là pour aboutir à un truc de 160 pages sans queue ni tête. Rien pigé à ce truc, certainement un des plus mauvais livre de ces rééditions.

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Phil


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Terminé ma énième relecture du chef d'oeuvre UBIK. (ça doit être la 4 ou 5ème fois que je le lis, en 25 ans quand même. dans la vieille édition de 1975 chez J'ai Lu dont l'illustration de couverture est reproduite au dessus)
Et non seulement c'est toujours mon Dick préféré, mais inséré dans le cadre de cette quasi intégrale, il en ressort encore meilleur ! C'est fou de voir à quel point un auteur qui avait tendance à s'éparpiller dans des oeuvres mineures parvenait là à livre un livre aussi solide et cohérent. Tout l'univers de Dick y est, toutes ses figures récurrentes, mais dans un récit tenu à la narration parfaite. Il y a de fortes chances que le plaisir immense pris à chaque lecture du livre soit teinté d'une certaine nostalgie me concernant; il n'empêche qu'on tient bien là un bouquin majeur de la littérature SF. Je ne vais donc pas m'étendre plus avant sur cette merveille (que, dans une vie parallèle idéale, j'aurais adaptée au cinéma alors que Terry Gilliam, Michel Gondry et bien d'autres s'y sont cassé les dents).
A noter que c'est marrant de relire le livre après Inception; j'ai souvent dit que le film de Nolan pouvait être vu comme une adaptation officieuse du livre de Dick (qui l'a forcément beaucoup influencé), mais je me souvenais pas que c'était à ce point.

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Phil


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C'est presque douloureux d'enchaîner au chef d'oeuvre Ubik deux courts livres (160 pages et 90 pages - plutôt une novella) du dernier volume des Intégrales. Soit Le Guérisseur de Cathédrales et le méconnu (qui aurait dû le rester) Nick et le Glimmung.
Le premier est complètement naze, du grand portnawak qui part dans tous les sens, se perd en chemin, et finit par ne rien raconter. A oublier immédiatement ; ça ne devrait poser aucune difficulté.
L’autre est pas bien non plus, mais moins catastrophique. Il est en partie sauvé par le fait que c’est clairement orienté jeunesse, et que le but n’est pas de raconter une histoire mais de décrire une sorte d’écosystème sur une planète étrangère.
Les deux livres sont liés par le fait qu’ils se déroulent sur la même planète, et mettent tous les deux en scène le Glimmung, entité dont on ne sait pas trop si elle est bonne ou mauvaise. On se demande bien alors pourquoi les avoir publiés dans cet ordre là, puisque Nick… a été écrit avant, et se passe visiblement aussi avant les événements décrits dans Le Guérisseur

Deux textes qui sont bien la preuve :
1/ qu’avec son rythme d’écriture effréné, Dick écrivait (souvent) n’importe quoi.
2/ qu’il n’est pas toujours bon de publier des intégrales d’auteur (surtout si elles n’ont d’intégrales que le nom) et que certains ouvrages mériteraient plus de rester à moisir dans un tiroir.

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Phil


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Dernier livre de ces Intégrales (en gros volume, parce qu'il m'en reste encore 2 à lire indépendamment) : MESSAGE DE FROLIX 8. Qui, malgré son titre, n'est pas une histoire de croquettes pour chien. Mais bien un Dick "pur jus", avec donc tout ce qu'on pourra lire plus haut sur le tout-venant de sa production : de bonnes idées, les thèmes récurrents, mais aussi le personnages-clichés, le je-m'en-foutisme et le style bateau. Surtout, au bout du 157ème livre sur le même schéma, y'en a un peu marre de cette incapacité de l'auteur à gérer les rapports entre sa "grande histoire" et les petites histoires mesquines de ses personnages.
C'est d'ailleurs marrant parce qu'à un moment il semble lui-même s'en rendre compte (il était temps) : Le président de la Terre doit quand même se coltiner avec l'arrivée d'un extraterrestre qui peut menacer l'humanité, et il ne pense qu'à se taper la jeunette résistante rencontrée plus tôt. Et là, Dick écrit carrément un truc genre "mais je devrais penser à l'invasion imminente plutôt qu'à cette pouffe". Ben ouais. et toi, Philip, tu devrais penser à écrire de la SF plutôt que te décharger de tes soucis avec la gent féminine !
Bon, on dirait pas, mais en fait il est plutôt bien, celui-là. Dans le cadre de la production courante de Dick, pas comparé à ses chefs d'oeuvre, évidemment.

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Phil


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Fini les rééditions en gros volumes omnibus, mais il me reste 2 romans indépendants à relire.
Enfin, il me restait, puisque j'ai terminé pour la seconde fois LES ANDROÏDES RÊVENT-ILS DE MOUTONS ELECTRIQUES ? aka Blade Runner. Un roman que Dick n'aimait pas, mais je vois pas bien pourquoi : fabriqué sur le schéma classique des livres de l'auteur, il s'en débarrasse très vite pour aller beaucoup plus loin. Et se révèle finalement comme étant un de ces livres "à part" dans son oeuvre, qui en font tout le prix. Ca vaut pas un Ubik ou Le maître du haut-chateau, mais c'est quand même très bien.
Et en même temps assez déroutant, du fait qu'on connaît souvent bien mieux le film du Ridley Scott que le livre qui l'a inspiré... et que les deux n'ont finalement pas grand-chose à voir. On joue ainsi beaucoup au jeu des rapprochements, mais il y a beaucoup plus de différences que de points communs entre les 2. Déjà parce que le film fait l'impasse totale sur tout un pan du livre - remplaçant l'univers très Dickien rempli de simulacres et d'interrogations sur le réel par un film noir futuriste dans un monde tout aussi fascinant mais complètement différent. Ensuite parce que le fond du livre et du film sont différents (comme l'explique très bien la postface d'Etienne Barilier).
Le plus étonnant, en fait, c'est que Dick aimait beaucoup un film (qu'il a tout juste eu le temps de voir avant sa mort) qui trahissait son livre dans les grandes largeurs - King devrait en prendre de la graine par rapport à Shining Laughing.

Difficile donc de lire le livre en lui-même, pour ce qu'il est, sans y voir planer le spectre de Ford poursuivant Hauer dans le Loas Angeles de 2019... Mais on peut quand même constater que c'est bien une des oeuvres phare de l'auteur, un de ses livres les plus représentatifs - et en cela un excellent livre de SF existentialiste en même temps qu'un bon divertissement.

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Phil


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COULEZ MES LARMES, DIT LE POLICIER est encore un roman de Dick que j'avais dû lire trop tôt, pas assez préparé, pas assez "connaisseur" de l'univers de l'auteur. Parce qu'il m'avait laissé un souvenir plutôt mitigé... alors qu'à la relecture, je le trouve très bon ! Rien que de très classique chez l'auteur, ici, éléments sur lesquels je ne vais pas m'étendre (altération de la réalité, drogues, mondes parallèles, aliénation mentale, état policier etc...). On notera tout de même les légers changements dans cet environnement - notamment la personnalité du personnage principal, loin des losers habituels de Dick. Ou le fait, de l'aveu même de Dick, d'avoir voulu écrire un "roman d'amour", donc éloigné du cynisme et de la misogynie passés.

Ce qui est le plus intéressant avec ce livre, en fait, c'est son statut particulier et la manière dont il raisonne dans la vie de l'écrivain (tout ça très bien expliqué dans la postface d'Etienne Barillier, qui enfonce le clou des sensations éprouvées à la lecture du livre).
Déjà parce que le livre sort en 1974, 4 ans après le précédent. Alors que Dick alignait les livres dans les années 60 - à 75% purement alimentaires et construits sur les mêmes schémas, les 25% restants étant de purs chefs d'oeuvre de la SF - cette longue attente est inédite chez lui. Elle correspond à une profonde phase de remise en cause, très douloureuse, accompagnant la période la plus noire de sa vie. Totalement accro aux drogues et à l'alcool, une nouvelle fois divorcé, parano au point d'être persuadé d'être sous surveillance du FBI et du gouvernement, Dick est au bord du suicide et lutte pour écrire péniblement quelques pages de temps en temps. Il y a d'ailleurs aussi très peu de nouvelles datant de cette période. Ce n'est qu'après s'être remarié pour la quatrième fois et attendant un nouvel enfant, apaisé, qu'il parviendra à reprendre le livre entamé des années auparavant. Livre qu'il terminera quelques semaines après sa fameuse "révélation", qui entraînera la période mystique de la fin de sa vie.
C'est donc clairement un livre de transition, totalement ancré dans ses thèmes passés, et ouvrant la porte à la Trilogie Divine, un pied dans chaque univers. Un roman plus empathique, qui s'efforce de chercher l'humain au delà des constructions métaphoriques habituelles, qui se préoccupe d'amour, et se révèle au final plutôt optimiste et positif au delà du voile d'un univers aussi totalitaire que d'habitude.

Pour l'apprécier, forcément, mieux vaux le lire en fin d'intégrale consacrée à l'auteur, en connaissant un peu celui-ci, et en ayant un peu plus que 13 ou 14 ans - à un moment où les thèmes abordés peuvent un peu plus nous parler !

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