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Le cinéma est plus harmonieux que la vie, il n'y a pas d'embouteillages dans les films. Les films sont comme des trains qui filent dans la nuit (François Truffaut)


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Voyeurisme, sexe et sang : le cinéma de Brian de Palma

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Phil


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J'ouvre un sujet consacré à Brian de Palma rapido, juste pour signaler que j'ai revu ce soir PHANTOM OF THE PARADISE... qui est déjà un des plus grands films du monde, mais en plus au cinéma, en version restaurée, dans un petit cinéma du Vème qui fait bien cinéphile. C'était le pied intégral, le nirvana total, le bonheur, quoi !

(et comme souvent, alors que je le connais par coeur, cette vision sur grand écran dans une copie parfaite a été l'occasion de voir des trucs que j'y avais encore jamais vus).

Ma voisine l'avait jamais vu, apparemment... Comme je l'ai envié pendant toute la séance de découvrir ce joyau.

Seul regret : pas possible de chanter les chansons à tue-tête pendant la séance, en compagnie de gens qui m'auraient pris pour un fou et m'auraient jeté dehors (me privant du film, ça aurait été plus que dommage Very Happy)

Ca fait longtemps que j'ai pas noté un film ici. Allez... 6/6, forcément  Rolling Eyes 

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J'espère qu'il passe encore cette semaine. J'adore ce film.

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Phil


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Il y es ttoujours là où je suis allé le voir (et où ils prennent la carte UGC) - Filmothèque du Quartier Latin, rue Champolion.
En plus, si tu prends la bonne sortie au RER B à St Michel, tu tombes presque directement dessus.

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Oui, je connais bien le quartier

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J'irai surement

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Vu hier. Qu'est ce que c'est bien !

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Phil


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Je le disais récemment sur le blog de Ze Wookie : c'est hallucinant, je crois que c'est le seul film pour lequel je connaisse absolument personne qui ne l'aime pas !

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Phil


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HI, MOM ! est un des premiers films réalisés par Brian de Palma (son troisième en trois ans, après une flippée de courts), avec un tout jeune Robert de Niro qui apparaissait alors dans tous les films du réalisateur (avant de passer chez le potes Martin). Cette première période du cinéma de-palmesque est passionnante à bien des égards. Et en tout cas bien plus que sa dernière période pénible au possible ! C’est une plongée au cœur du processus de création des jeunes turcs new-yorkais qui accoucheront plus tard du Nouvel Hollywood et révolutionneront le cinéma américain. On a l’impression ici de voir un des premiers Scorsese, ce qui surprend de la part d’un cinéaste plus tard aussi stylisé que le gros Brian ; mais pas tant que ça quand on se replace dans le contexte. De fait, cet Hi, Mom ! est plus intéressant selon ce point de vue « cinéphile » qu’en soi. Le film est bourré de défauts, on ne voit pas bien où De Palma veut en venir – il y a même un passage très tendancieux dans la seconde partie traitant des tensions raciales à l’époque – les emprunts au « Free Cinema » et au cinéma européen sont ultra appuyés (paie ta dette à Godard et Ken Loach !)… Après, en tant que témoignage d’une époque foisonnante et d’un certain cinéma expérimental et commercial à la fois, le film est fascinant. Fascinant aussi comme témoignage des débuts de De Palma, où d’une certaine façon tout son cinéma est là, alors que c’est tellement loin du style baroque et explosif qui fera sa renommée à partir de Sisters, 2 ans plus tard. Il n’y a qu’à voir l’obsession du voyeurisme, et notamment la référence évidente à Rear Window, qui annonce tout le cinéma à venir du réalisateur (et qui donne l’impression de revoir Body Double par moments !). Et De Niro jeune déchire.

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Phil


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Le speech hystérique de Philippe Rouyer (classique) dans Le Cercle m'a donné envie de revoir BODY DOUBLE.
La première fois, sur Canal à la fin des années 80, j'avais pas aimé. Bon, je me souviens que ça avait quand même bien excité l'adolescent bourré d'hormones que j'étais (vu la haute concentration de cul affriolant), autant que le proto-cinéphile pervers. Mais sans plus. J'avais revu le film quelques années plus tard, avec un bagage un peu plus lourd, et l'avait plus apprécié. Notamment parce que, entre temps, j'avais appris à connaître le cinéma d'Hitchcock (et celui de De Palma). Mais j'étais toujours pas emballé.

à la troisième vision, j'ai définitivement mis le doigt sur ce qui cloche, à mon avis, dans le film. Non, Diane, ce n'est pas le fait que ce soit un film bien bien bien estampillé eighties ! Smile
C'est plutôt que Brian fait ici uniquement du pastiche de son maître le gros Alfred. Auparavant, que ce soit au détour de scènes ou de motifs ou dans ses hommages purs comme Obsession ou Pulsions, De Palma réutilisait les classiques qu'il adorait pour les réinterpréter à sa sauce. Ici, il ne fait "que" reprendre une sorte de mix entre Fenêtre sur Cour et Vertigo, et n'y apporte à peu près rien. Si, il procède d'une certaine manière comme le fera Verhoeven 10 ans plus tard dans Basic Instinct et poussant le plus loin possible ce que Hitch ne pouvait pas montrer à son époque. Body Double devient ainsi une version vulgaire et hardcore (à l'image de son époque) des classiques hitchcockiens. C'est le plus intéressant du film; quand c'est tellement outrancier, sordide, cru, que ça en devient fascinant.

Alors, évidemment, la maîtrise visuelle du réalisateur explose à chaque plan. C'est de la pure mise en scène et c'est presque constamment impressionnant. Mais quand on voit le travelling circulaire autour des personnages dans le souterrain et qu'on se dit que celui de Vertigo était plus réussi 25 ans avant, on touche aux limites du film. Un exemple parmi tant d'autres (j'aurais pu citer la scène où le "héros" suit la femme dont il est en train de tomber amoureux dans le centre commercial) qui écrasent Body Double et n'en font qu'une photocopie de films bien meilleurs.
Mieux vaut revoir d'autres De Palma où l'élève se montre bien plus brillant, égalant parfois quasiment le maître. Même si, dans les films en question, il n'y a pas Melanie Griffith en actrice porno et une apparition très très très fugitive (mais toujours hautement excitante) de Barbara Crampton - qui peuvent rappeler ponctuellement l'ado pervers sur le devant de la scène Embarassed

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Phil


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Dans la lignée de ses classements habituels, Première s'est amusé à classer les films de Brian du plus mauvais au meilleur :

http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Les-films-de-Brian-de-Palma-classes-du-pire-au-meilleur-0

Cette fois, je ne vais pas leur emboiter le pas; déjà parce que j'ai pas vu les 29 films (surtout les plus anciens, et quelques petits trucs faits entre deux films plus importants), et aussi parce que j'en serais bien incapable !
Je peux quand même dire que Phantom of the Paradise serait premier, et qu'il serait suivi (dans le désordre) de Scarface, Les Incorruptibles, Blow Out, Carrie, Furie, Pulsions (y'en a 3 dans les 5 gagnants du classement de Première... je reviendrai pas sur leur top 1 Evil or Very Mad)
Et aussi que tous ses films depuis Mission to Mars seraient dans les dernières places (la plupart pas trop mal classés chez Première) !

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Difficile comme exercice mais j'aurai vraisemblablement Phantom of the Paradise et Scarface sur la première marche et Body double juste derrière.

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Phil


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Houlà, moi j'aurais attendu genre la 17 ou 18ème place... Laughing

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Phil


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Cette histoire de classement des films de Brian m'a trotté dans la tête et m'a donné envie d'en revoir quelques-uns; plutôt à piocher dans sa "période classique" et en dehors des films que je revois régulièrement dès qu'il s'agit de penser aux réalisateurs (exit, donc, les Carrie et autres Phantom...).

J'ai commencé ce cycle avec OBSESSION (1976).
J'avais vu le film une seule fois, il y a longtemps (probablement au début des années 90)... et ne l'avais pas beaucoup aimé. J'en avais le souvenir d'un truc mou et chiant, sans grand intérêt. D'un autre côté, j'ai souvent mis cette impression sur le compte de ma "jeunesse" au moment où j'ai vu le film. Non seulement en terme d'âge, mais en termes de ce qu'on pourrait appeler la maturité cinématographique. En ce sens que le film apparaît clairement comme un De Palma ultra-référentiel envers le cinéma de son maître Alfred Hitchcock - que je connaissais peu ou mal au moment de la première vision du film.

Re-visionnage, donc, en connaissance de cause - en prenant Obsession pour ce qu'il est : une relecture "à la De Palma" du chef d'oeuvre Vertigo d'Hitchcock.
Eh ben, même comme ça, c'est toujours mou et chiant, et sans grand intérêt ! Surtout, au delà même de ces aspects (on s'emmerde sérieusement alors que ça dure qu'une heure trente tout pile), ça me pose sur le fond les mêmes problèmes que Body Double. à savoir que le film n'est QUE du pompage d'Hitchcock, sans aucun apport personnel du réalisateur. Ok, la mise en scène est brillante; bien sûr, De Palma rejouant les motifs d'Hitch, c'est beau; évidemment, le fétichisme du réalisateur (allant jusqu'à engager Bernard Hermann pour livrer une BO qui donne l'impression d'avoir été faite pour le gros Alfred) a quelque-chose de fascinant... Mais bon, au bout de 20 minutes, on a fait le tour des motifs visuels du truc, et on en vient à pointer les comparaisons avec le modèle pour s'occuper un peu.

En plus, le film repose sur un pitch vraiment crétin. Pas l'enlèvement pour rançon du début, mais la manière dont il est géré (la valise de faux billets, l'intervention des flics, la mort de la femme du personnage...). ça peut sembler anecdotique, mais pas du tout : en lançant son film sur des bases à la con, De Palma le saborde dès le départ. Après ça, on a toujours l'impression de voir un "Vertigo pour les Nuls", avec les idées d'Hitchcock bradées dans des séquences hyper appuyées et sur-signifiantes. Tout ça menant à une explication finale qui essaie de se démarquer de son modèle en sombrant dans le portnawak.

Je suis quand même content d'avoir revu le film, histoire de confirmer ma première impression et de m'en faire un avis plus précis.
Mais vivement les prochains ! ( ça devrait être des trucs genre Pulsions ou Blow Out - des films qui pompent aussi Hitch, mais avec une vraie visions personnelle derrière !)

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Phil


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Ah ben voilà, un petit combo Blow Out / Furie, c'est toujours mieux qu'un Obsession caca ! à la revoyure, ces deux là sont toujours sans problème dans mon top du réalisateur. Et c'est marrant : ils font partie de ses films les moins référentiels, avec (quasiment) rien d'Hitchcockien, notamment.

Je reviens pas trop sur le premier, démarquage du Blow Up d'Antonioni dont il reprend juste le concept de base (en remplaçant la photo par l'enregistrement sonore), pour très vite dériver vers du De Palma pur jus. Avec split-screen, mouvements de caméras amples, excès de sexe et de violence, réflexion sur l'image et le cinéma... Du grand art (et un Travolta au top).

Furie, quant à lui, répond carrément à la définition que Truffaut donnait du "Grand film malade" en parlant d'Hitchcock. Tourné directement après Carrie, c'est un autre film fantastique autour des pouvoirs paranormaux de jeunes gens. D'ailleurs, une des filles dotée de ces pouvoirs est interprétée par Amy Irving, seule survivante du massacre dans son film précédent; comme si elle avait hérité des pouvoirs de Carrie White dans la scène de cauchemar à la fin du film. Il y a de nombreux points communs entre les deux films - pourtant, The Fury n'est pas un film facile qui surferait sur le succès de son prédécesseur (loin de là). Au contraire, le film mélange plein de trucs à son argument fantastique de base; tout un tas de motifs du cinéma américain des années 70 : un peu de film d'espionnage, du policier tendance parano, du cinéma indépendant de l'époque ou, au contraire, du grand spectacle tendance film catastrophe... C'est ce trop plein qui menace tant de fois de céder, et de faire basculer le film dans le ridicule et le grotesque. Si on y ajoute la tendance à l'hypertrophie du réalisateur, on peut comprendre que certains trouvent le film tout much.
C'est typiquement le film qui, objectivement, est plein de défauts et/ou de maladresse... mais que j'aime particulièrement, jusqu'à le préférer à plein d'autres De Palma pourtant bien plus réputés et prestigieux ! Parce que c'est justement dans ses excès que le film est précieux. Là où De Palma tente des choses, expérimente, lance des idées délirantes et se lâche dans sa mise en scène. On ne compte plus les scènes complètement démentes du film, culminant dans un plan final d'anthologie, qui aura imprimé la rétine de tous les amateurs de films d'horreur hallucinant devant l'explosion de John Cassevetes filmée au ralenti et sous une quinzaine d'angles différentes.
Un film méconnu ou souvent laissé de côté dans la filmographie du gros Brian, qu'il faut découvrir ou redécouvrir sans cesse !


(SPOILER - la scène finale qui bute : https://vimeo.com/65245751)

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Phil


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Mini cycle (provisoirement ?) terminé avec PULSIONS (1980) - un autre des "grands classiques" du réalisateur, issue de sa période la plus intéressante (en gros 1972-1986).
Et encore un film très intéressant à revoir après quelques années, et en ayant plus de connaissances en matière de cinéma. La première fois, dans les années 80, j'avais même pas capté que c'était la version "De Palmienne" de Psychose, par exemple ! Alors que c'est quand même assez évident - y compris dans la structure du film (la mort d'Angie Dickison au tiers du film, l'explication du psy à la fin, le "couple" qui enquête et infiltre l'habitat du tueur, etc). Mais, comme dans ses meilleurs films, le réalisateur ne se contente pas de pasticher son maître, il le fait à sa sauce. Soit en en rajoutant dans la vulgarité, l'excès, la violence, le gore, le sexe, les effets viuels hénarumes... En gros, en mettant en avant tout ce que Hitchcock ne pouvait pas se permettre en 1960; et surtout ne voulait pas se permettre (on ne dira jamais trop à quel point le gros Alfred était réellement pudibond sous ses dehors d'obsédé sexuel). Pulsions devient alors un spectacle hautement pervers; encore une fois toujours sur la corde raide mais d'une telle maîtrise que De Palma réussit toujours ses effets et ne sombre jamais dans le grotesque.
Et puis, bon, il y a Nancy Allen, au sommet de son côté sesque. à qui son mari de l'époque offre une nouvelle fois un rôle de pute (spécialement écrit pour elle !), ce qui en rajoute encore dans le côté tordu du film.

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Phil


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Le documentaire sur De Palma diffusé sur Arte hier est mortel - une longue leçon de cinéma où il revient sur toute sa carrière, à voir à tout prix !

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