Other Worlds - Le forum de The X Phil

Le cinéma est plus harmonieux que la vie, il n'y a pas d'embouteillages dans les films. Les films sont comme des trains qui filent dans la nuit (François Truffaut)


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Le forum est divisé en deux catégories : celle de Clint Eastwood et celle des autres !

Poster un nouveau sujet  Répondre au sujet

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas  Message [Page 1 sur 1]


American Sniper
Un très bon cru. J'y reviens bientôt.

Voir le profil de l'utilisateur

Phil


Admin
Alors, facho ou pas facho ? Very Happy

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org
Phil a écrit:Alors, facho ou pas facho ? Very Happy
????

Voir le profil de l'utilisateur
Quand Clint Eastwood passe derrière la caméra, la garantie d'un bon (voire très bon) film est très très souvent au rendez-vous et il est loin d'être un newbie dans le genre du film de guerre puisqu'il a aligné pas mal de performances sur le sujet. Le fait qu'il ait pris un peu au vol la caméra à Spielberg qui s'est désisté tardivement ne nuit au aucun cas à l'ensemble.
J'ai pas suivi la polémique qui a enflé aux Etats-Unis à la sortie du film (et je m'en fous) et qui fait elle même suite à la polémique autour de la sortie du l'autobiographie de Chris Kyle (dont je me fous aussi). D'ailleurs Clint et Jason Hall (qui scénarise le film) ont décidé de concentrer l'essentiel du film sur ses actions en Irak, évacuant tout le discours "puant" post-guerre de Chris Kyle et les affabulations dont il se targuait après le retour au pays. On connaît tous ses idées qu'il a largement développé tout au long de sa carrière, sur la famille, la patrie, l'héroïsme. Donc rien de bien nouveau et c'est sur ce dernier point d'ailleurs qu'il a choisit de se concentrer s'écartant ainsi du biopic.
Et c'est pas à 80 ans que Clint va virer sa cuti et se commencer à se poser des questions existentielles sur "la guerre, c'est pas bien !". Comme il l'a souvent fait dire à ses personnages dans ses films : "maintenant qu'on y est, faut faire le métier" qui va se traduire ici par "Go ahead, make my day" ou “It’s a heck of a thing to stop a beating heart”. Les états d'âme, les scrupules, les angoisses, la paranoïa de Chris Kyle, on ne la verra que lors de ses retours au pays, moments plutôt bien filmés mais qui ne sont pas le registre dans lequel Eastwood excelle d'autant plus si on les compare avec les grands moments de cinéma sur les scènes de combat où il démontre qu'il est encore loin de sucrer les fraises et délivrant une scène monstrueuse quand les troupes US se retrouvent encerclées sur le toit d'un immeuble qui fait penser à d'autres moments d'anthologie comme l'ouverture de Il faut sauver le soldat Ryan ou l'attaque du fort Douglas dans La Horde sauvage.
Un petit mot quand même sur un Bradley Cooper à la Raging Bull, assez bluffant en Chris Kyle.

Voir le profil de l'utilisateur

Phil


Admin
Mouais, je dubite toujours... parce que je m’en fous pas, moi, d’un film patriotique au regard unilatéral héroïsant un gros connard !

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org
Ca représente plus ou moins la moitié des films de Clint Eastwood

Voir le profil de l'utilisateur

Phil


Admin
Mouais, je trouve que c'est bien pire ces dernières années. Longtemps, il a été juste "réac dans le fond"; en fait il défendait des valeurs bien américaines, mais ça se doublait d'un humanisme flagrant. Le problème, c'est que la constante humaniste a disparu.
Maintenant, c'est surtout ce film précis qui me pose problème, pas forcément les précédents.

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Phil


Admin
Dans Impitoyable par exemple, il passe tout le film à refuser l’escalade de la violence. Dans Gran Torino il se sacrifie à la fin pour une famille d’étrangers qu’il a appris à aimer. Dans Un Monde Parfait il prend fait eg cause pour le personnage de voleur...
Le truc emblématique le plus connu, c’est Magnum Force dans lequel L’Inspecteur Harry affronte une bande de flic fascistes alors qu’on l’avait accusé de l’être dans le premier film...

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org
Dans tous les films que tu cites comme dans le dernier, le "héros" bute l'"ennemi", point. Clint Eastwood ne s'étale jamais trop sur l'avant ou l'après. Je ne sais pas de quels films tu parles pour ces dernières années, qui seraient moins humanistes que d'autres.
Perso, j'ai pas spécialement de problème avec ses films ... et en ce qui concerne Impitoyable que j'adore, c'est quand même très loin d'être un modèle d'humanisme.

Après, pour ce film précis, le mieux, reste quand même de le voir pour se faire une idée précise ...

Voir le profil de l'utilisateur

Phil


Admin
Ce que je vais faire bientôt, comme tous les films des Oscars il est facilement "récupérable"...

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Phil


Admin
Voilà, on a vu American Sniper. Et donc, je peux confirmer en toute connaissance de cause que le film (me) pose de sérieux problèmes Rolling Eyes.

C'est vrai, on ne va pas demander à Clint de nous dire aujourd'hui, à son âge, après sa carrière, connaissant ses opinions politiques, des trucs genre "la guerre c'est pas bien". Pour autant, est-il obligé de faire un film aussi univoque ? Là où son film est clairement tendancieux, c'est justement parce qu'il évacue toute la complexité du personnage principal. Il illustre l'histoire de "La Légende", et il ne fait rien d'autre du personnage que ce héros de légende de l'armée américaine. A aucun moment il ne s'interroge sur ses agissements, il n'y a aucune ambiguité, aucune réflexion sur ses actes et ce qu'il est. Qu'on ne me parle pas de ses scènes de "retour au pays", qui ont tout d'un pseudo alibi totalement bancal. Elles sont tellement mal foutues et déséquilibrées par rapport aux scènes en Irak qu'on voit bien qu'elles sont prises par dessus la jambe. Surtout, à quoi ça rime de nous montrer le gars déboussolé et chialant sa mère, si c'est pour que de toute façon il retourne abandonner femme et enfants pour retourner buter de l'arabe pour l'honneur du drapeau et de la patrie ?

Il finit quand même le film en tant qu'icône héroïque (quel bon mari, et quel bon père, mais avant tout quel bon et vrai américain), alors qu'on sait très bien que les circonstances de sa mort et ce qu'il était alors devenu prête à débat, et que sa personnalité est très controversée.
Un bon tract républicain, quoi.
(pour le coup, si les films américains "de gauche" me dérangent évidemment moins, ils m'agacent tout autant lorsqu'ils sont aussi patauds et manichéens).

Le pire, en fait, c'est peut-être que même sans se pencher sur le fond du film, la forme n'est de toute façon pas terrible. Ok, il y a 3-4 séquences d'action plutôt bluffantes (et encore la scène de la tempête de sable, mieux vaux revoir Mission Impossible : Ghost Protocol !). Et Bradley Cooper est vraiment très bien.
Mais globalement, c'est surtout répétitif, sans aucune progression dramatique, pas très bien écrit (voir le nombre d'enjeux mal définis et de lignes narratives qui se perdent en chemin - le frère du héros, par exemple), et un peu chiant. Et pis bon, y'a quand même un bébé en plastique, aussi !

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org
Phil a écrit:Voilà, on a vu American Sniper. Et donc, je peux confirmer en toute connaissance de cause que le film (me) pose de sérieux problèmes Rolling Eyes.

C'est vrai, on ne va pas demander à Clint de nous dire aujourd'hui, à son âge, après sa carrière, connaissant ses opinions politiques, des trucs genre "la guerre c'est pas bien". Pour autant, est-il obligé de faire un film aussi univoque ? Là où son film est clairement tendancieux, c'est justement parce qu'il évacue toute la complexité du personnage principal.
Je ne vais pas me lancer dans un débat sans fin mais en quoi ça diffère de ses précédents films dans lesquels ses héros sont soit des flics ou des cowboys ou les deux en même temps ? Clint est loin d'être un modèle de finesse.

Voir le profil de l'utilisateur

Phil


Admin
Juste un exemple, alors : dans Gran Torino, c'est au départ un flic raciste et facho dont la bagnole représente symboliquement (à ses yeux) tout son attachement aux "valeurs américaines" défendues par Clint. Et peu à peu, il s'attache au gosse asiatique des voisins, jusqu'à se sacrifier pour lui. Et toujours symboliquement, la fin du film est forte, puisqu'il transmet sa voiture au gars, comme une transmission de valeurs disant "oui, tu es un immigré asiatique en Amérique, mais tu peux t'en approprier les valeurs".
C'est pas dans American Sniper que Chris Kyle se rapprocherait d'arabes pour les intégrer dans le rêve américain ! Shocked

J'ai pris d'autres exemples évoqués plus rapidement au dessus; mais je pense qu'on sera pas d'accord de toute façon. Encore une fois, ce que je reproche surtout à son dernier film, c'est l'absence de contrepoint, son côté uniforme ne donnant qu'une seule vision (idéalisée au possible) de son personnage et de son histoire. C'est clairement pas un modèle de finesse - mais on m'enlevera pas de la tête qu'il a très souvent été moins bourrin auparavant.

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Phil


Admin
Sur un thème proche, j’attends beaucoup plus de ça !



Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Phil


Admin
On a vu Good Kill d'Andrew Niccol avec Cyrille - qui m'a encore accusé de l'avoir amené voir un film nazi ! Very Happy
Ce qui est "marrant", dans la comparaison - inévitable - avec American Sniper, c'est de voir que le film de Niccol est aussi raté que celui d'Eastwood, alors qu'il est politiquement à l'opposé. Donc, à la limite, Good Kill peut apparaître encore moins bien, puisque je l'ai pas aimé alors que lui illustre des idées politiques plus proches des miennes. Enfin, "voudrait illustrer des idées politiques", c'est bien là que le bât blesse. Sur l'air de "la guerre c'est pas bien", le film se vautre en effet dans un discours pataud asséné au marteau-piqueur, qui veut tellement ménager toutes les sensibilités et faire preuve d'ouverture d'esprit qu'il en devient ridicule. Quand on n'est pas assommé par les grandes sentences gravées dans le marbre des uns et des autres, on s'emmerde ferme devant des développements psychologiques merdeux.

En fait, le problème fondamental de ces deux films chacun d'un côté de la barrière idéologique, ce n'est pas ce qu'ils disent, mais plutôt leur impossibilité de tenir un discours politique par le bieis d'un projet cinématographique. Plus que leur fond, on leur reprochera surtout d'être très mauvais sur la forme - ce qui laisse bien le temps de s'interroger sur ce qu'ils disent si mal de notre monde en guerre.

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org
Quel angle bizarre pour porter un regard critique sur la guerre "propre" (à coup de drones et d'ordres débiles de la CIA) en montrant un pilote bas du plafond qui ne rêve que d'une chose : aller faire la guerre... Il y a des années que je n'avais pas vu une telle accumulation de clichés.

A côté Broadway Therapy est un chef d’œuvre et Kingsman un film d’extrême gauche

Voir le profil de l'utilisateur

Phil


Admin
Cyrille a écrit:en montrant un pilote bas du plafond qui ne rêve que d'une chose : aller faire la guerre...

Voilà !
Comment Niccol voudrait-il faire passer un quelconque discours (critique ou non) quand le seul dilemme de son personnage c'est de savoir s'il préfère larguer des bombes d'un avion à 3000 mètres ou dans un centre de contrôle de drônes ?

(mode "mâle beauf de base on" - et puis perso, j'ai du mal à me sentir en empathie avec un mec qui n'a pas envie de se taper January Jones - mode "mâle beauf de base off" Very Happy)

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Phil


Admin
100% d'accord avec la critique de Capturemag - un gros potentiel gâché !
(ah non, pas 100%, ils avaient aimé le Clint, dont ils redisent du bien à cette occasion)

Scénariste de talent (TRUMAN SHOW) et réalisateur intrigant mais pas toujours à même d’exploiter le potentiel abrasif de ses projets (l’excellent LORD OF WAR aurait vraiment pu aller encore plus loin), Andrew Niccol s’est quelque peu perdu ses dernières années, notamment en faisant un détour par la fiction pour jeunes adultes avec LES ÂMES VAGABONDES en 2013. Avec GOOD KILL, Niccol aborde un tout autre registre et décide de traiter le film de guerre sous l’angle sociétale qui le caractérise habituellement. Il faut dire que son sujet le lui permet, puisque GOOD KILL s’inspire de faits réels et traite notamment de l’emploi des drones et des conséquences sur les pilotes qui les mènent au combat, à des milliers de kilomètres de leurs cibles. La toile de fond a effectivement le mérite d’être originale, y compris dans le cadre d’un film de guerre actuel. Malheureusement, le traitement l’est beaucoup moins. S’appuyant notamment sur la performance taciturne de son acteur fétiche (Ethan Hawke, qu’il retrouve ici après BIENVENUE À GATTACA et LORD OF WAR, ses deux meilleurs films), Andrew Niccol pêche une fois de plus en sous-exploitant le potentiel de sa thématique, préférant ainsi proposer une énième variante intimiste sur les répercussions du syndrome de stress post-traumatique.

Soit. Mais le problème de GOOD KILL provient malheureusement de son écriture, ce qui peut paraître assez étonnant de la part de Niccol. Et pourtant, c’est comme si l’originalité du sujet empêchait le scénariste / réalisateur de s’autoriser un quelconque décalage avec les archétypes habituels du film de guerre, de peur de faire un film véritablement unique et actuel. Nous avons donc le droit à la co-pilote idéaliste, au patriote sans états d’âme, au supérieur à la fois compréhensif, sévère et juste et enfin à la mère de famille esseulée qui constate que son soldat de mari est encore en pleine guerre dans sa tête, même quand il rentre tous les soirs à la maison. Il faut au moins s’appeler Clint Eastwood dans le contexte cinématographique actuel pour pouvoir transcender ce type de caractérisation et en tirer quelque chose de substantiel à l’écran. Mais dans ce cas précis, c’est tout le problème d’Andrew Niccol qui privilégie le discours de chaque personnage, plutôt que son parcours émotionnel, afin de tirer une sorte d’argumentaire plutôt convenu sur le caractère injuste d’une guerre technologique qui désensibilise ceux qui la font et les transforment en fonctionnaires du carnage à grande échelle. Ici et là dans certaines images-clés (dont un rêve éveillé situé dans un jet de combat), on sent bien la volonté d’Andrew Niccol de livrer une sorte d’anti-TOP GUN dépressif et loin des pilotes machos et des carlingues rutilantes de Tony Scott et Don Simpson. Mais à force d’enfoncer des portes ouvertes et d’user de ficelles scénaristiques assez grossières (le trauma du personnage principal se règle quand il emploie le drone pour rétablir une certaine « justice »), il n’est pas vraiment pas dit que GOOD KILL marque son époque de la même manière. Dommage car le potentiel est là et il y avait vraiment quelque chose de passionnant (et relativement inédit) à tirer avec un sujet aussi contemporain.

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org
Moi, je ne vois aucun potentiel. Quand t'as vu Homeland, t'as vu tout ce qu'il y a intéressant à dire sur le sujet

Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut  Message [Page 1 sur 1]

Poster un nouveau sujet  Répondre au sujet

Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum