Other Worlds - Le forum de The X Phil

Le cinéma est plus harmonieux que la vie, il n'y a pas d'embouteillages dans les films. Les films sont comme des trains qui filent dans la nuit (François Truffaut)


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LE GEANT DE FER / LES INDESTRUCTIBLES 1 et 2 de Brad Bird

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Phil


Admin
Pas grand-chose à (re-)dire sur le splendide film d'animation de Brad Bird, échec totalement injuste en salle, largement réhabilité depuis par une communauté mondiale de fans tombés amoureux de ce petit bijou (dont je suis).

Si ce n'est qu'il mérite (pour tout un tas de raisons) amplement la création d'un sujet qui lui est propre, à l'occasion de la sortie de la magnifique "Signature Edition" en DVD/BR, que je me suis évidemment procurée avec un bonheur immense :




Outre l'occasion d'avoir un bel objet dans sa DVDthèque, de revoir le film dans des conditions optimales, de le faire à nouveau découvrir à un nouveau public (dont un Melvilou de 3 ans qui est déjà ultra fan), on appréciera le making-of exclusif de 55 minutes - qui est juste un des meilleurs bonus que j'aie vus jusque là ! Une leçon de cinéma sans langue de bois, qui revient sur les nombreuses difficultés de la conception du film et à sa sortie.

L'achat indispensable de ce début 2017 !



Dernière édition par Phil le Mar 22 Aoû - 11:47, édité 1 fois

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Phil


Admin
Mon avis Ciao, à l'époque où je l'ai vu en DVD :


Jeudi 1er novembre 2001, région parisienne, midi.

A ma droite, Phil, 28 ans (et des poussières), grand cinéphile devant l'éternel, adepte des films les plus extrèmes, les plus durs, des spectacles les plus intelligents et les plus stimulants, qui ne jure que par Cronenberg, Kubrick et Hitchcock. A ma gauche, Damien, 6 ans (et des poussières), fan des pokémons, digimons, chevaliers du zodiaque-mons et déjà initié aux joies du vrai cinéma par son papa à coup de Matrix (quelques scènes), Volte/face (5 cachages d'yeux) et Mad Max 2 (3 cachages d'yeux). La présence de Justine au centre, 3 ans (et des poussières) reste anecdotique puisqu'elle se désintéresse totalement de ce qu'il se passe sur l'écran pour mieux courir dans tous les sens et emmerder les deux grands qui essaient de suivre...

Il n'empèche que les deux mecs en question, boostés à mort à coup de testostérone se retrouvent complètement gagas devant le DVD du film qui vient de se terminer : Le Géant de Fer. Un dessin-animé. Même pas un manga, en plus, un truc américain !!! Bon, on échappe à la mièvrerie de tonton Walt, c'est déjà ça. Mais c'était pas forcément un gage de qualité pour autant, vu que les productions habituelles en dehors de la firme aux grandes oreilles sont soit des pompages disneyiens (hein Dreamworks), soit des ratages (hein Warner et Fox). Mais là, les rumeurs couraient déjà depuis quelques années dans les revues spécialisées à coup de critiques élogieuses genre "un vrai miracle", "un dessin animé largement au dessus du lot", jusqu'à la dernière, lue récemment dans DVDvision "le meilleur dessin animé des années 90, hors asie". Alors là, déjà que je commençais à en avoir assez qu'on m'échauffe les oreilles avec ce chééééédoeuvreeuuuuu, il fallait vraiment que je me décide à le voir. Et comme je suis un chti gars rusé (si si, c'est vrai !), ben je me suis dit : "pourquoi ne pas profiter de la présence de tes gosses ce long week-end chez toi, t'auras l'air moins con à louer un dessin animé à la médiathèque". (oui, si vous avez lu mon avis sur Vercingetorix, vous devez vous rendre compte que ne pas avoir l'air con à la médiathèque du boulot est une obsession chez moi !!!!).
et c'est ainsi que, une heure 23 minutes très précisémment après l'apparition du logo Warner, on retrouve le Phil et son fils dans l'état de gagaisme poussé déjà décrit, avec en tête des phrases genre "un vrai miracle, au dessus du lot, le meilleur dessin animé des 90's hors asie" (ça sent la redite, hein ? mais il faut insister !!!) pour le père, et "c'était génial hein, on le remet ?" pour le fils.

La raison principale de cette réussite est probablement à chercher dans la personalité de son géniteur et réalisateur : Brad Bird. Aux Etats-unis, la majorité des concepteurs de dessins-animés viennent soit de chez Disney, soit de chez Spielberg, et sont donc conditionnés à être à l'écoute de leur public et à le satisfaire au maximum pour être le plus rentables possible. Et leur public, c'est les enfants. Enfin, les enfants américains, et leurs parents. Donc, forcément, le conservatisme est de mise. Hors de question de sortir du moule, de dôter ses héros de caractéristiques négatives, de ne pas proner les sacro-saintes valeurs familiales, les respect de ses ainés, l'amour de son pays, etc etc... Vous allez me dire : "les enfants ils s'en foutent de l'aspect politique des dessins animés qu'ils regardent". Et je vous répondrai "premièrement, c'est pas certain, et deuxièmement, ça pénètre de toutes façons dans leur crane et ça s'y insinue sournoisement". Et même s'ils ne se rendent pas compte que Cendrillon est gerbant au possible en décrivant l'ascension d'une pov'fille manuipulée par ses soeurs en pov'épouse-mère-de-famille idéale à la botte de son prince, ils s'aperçoivent quand même que c'est particulièrement gnangnan et con ! Même un ex génie comme Don Bluth (qui arrivait en plus à faire des films personnels au sein du système disney-spielberg) a dû se replier vers des Anastasia ou des Titan A.E. (le plus gros coup de pub de l'histoire du DA, puisque des tas de gens sont encore persuadés que c'ets un film pour adultes et un vrai film de SF !!!) après les échecs commerciaux de Brisby et Fievel.
Enfin, ça, c'était la situation jusqu'au début des années 90, avant que ne débarque sur Fox TV THE série qui va révolutionner le dessin animé et devenir absolument culte dans le monde entier : Les Simpsons. D'un seul coup, un vent de subvertion soufflait sur l'anime, et Matt Groening et sa bande livraient un produit destiné à la fois aux enfants et aux adultes, qui leur parlait intelligemment, tout en critiquant la société américaine et la génération créée par Disney et consort !!!

Pourquoi cet encart "historique" ? Tout simplement parce que Brad Bird fit partie de l'équipe de Groening au moment de la conception de la première saison des Simpsons. Ce n'est donc pas un hasard si dans "Le géant de fer", on retrouve ce délicat équilibre entre le côté adulte et le côté enfantin. Même si son long-métrage n'est pas aussi ouvertement satyrique qu'un épisode des Simpsons, il en profite tout de même pour s'attaquer à tout un pan de la société américaine à travers les symboles de l'armée, la famille, etc....

En plus, en adaptant un récit de SF pour enfants des années 60, Bird ancre son film dans un environnement réaliste et adulte :
Au début des années 60, la guerre froide bat son plein et la peur de la bombe, des russes et de Mars paralyse l'amérique. C'est dans cet état d'esprit qu'un garçon individualiste et rêveur découvre un jour en plein forêt un robot gigantesque venu de l'espace. Il ne veut bien sur pas partager sa découverte avec n'importe qui et planque donc le robot dans l'entrepot d'un jeune hippie qui vit de ses sculptures en acier, à l'écart des autres. Bien sûr, des fuites amènent très vite sur place l'armée et un agent du gouvernement peu scrupuleux qui voit d'un très sale oeil la présence sur le territoire américain d'un robot inconnu et potentiellement dangereux.

Comme on le voit, c'est donc ici plus ou moins l'histoire de base de n'importe quel film de SF des années 50-60, mais aussi de E.T. et tous les films qu'il a inspiré. Mais c'est justement ce souci de ne pas s'aventurer dans le pur merveilleux, de rester dans un contexte réaliste et connu qui permet à Bird de livrer un produit adulte et cohérent. Ses personnages paraissent réels, ils ne sont pas des icônes fantasmés du héros absolu, de la mère idéale, du gosse génial, et ils ne vivent pas dans un univers de conte de fée merveilleux où tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Dans le monde où atterit le gant de fer, les armes font mal et tuent parfois (c'est d'ailleurs leur fonction), l'armée est pleine d'arrivistes surprotecteurs hégémonistes et racistes, les mères célibataires ont du mal à boucler les fins de mois.... Et puis, au final, Bird a cette idée géniale de faire de son robot un être effectivement menaçant. S'il est bien sûr adorable dans le fond et qu'il aime le jeune garçon qui l'a recueilli et son entourage, le géant de fer reste une arme (d'origine inconnue d'ailleurs, à moins que j'ai loupé quelque chose !!!) assez dangereuse car incontrôlable et qui va se déchainer dans des scènes de destruction ahurissantes. Bon, je vous rassure, ça se terminera bien quand même, mais les dernières 20 minutes du film sont d'une ambiguité peu courante dans ce genre de production, et c'est vraiment super appréciable. En plus de ça, elles dégagent aussi une émotion certaine, ce qui n'est pas la moindre des qualités du film.

Mais qu'on se rassure, si le film comporte tout ce qui est apte à attirer un public ado et adulte, il demeure aussi extrèmement attractif pour sa cible principale : les enfants. Comme je l'ai dit, c'est un soulagement pour eux de ne pas être pris pour des consommateurs abrutis en plein coeur du système. Et le message n'en passe que mieux, puisque au vu des réactions de mon fils, les thèmes (assez peu éloignés de l'univers Disney, mais moins confirmistes) de l'amitié, de l'entente entre les gens, du droit à la différence sont parfaitement assimilés. Et puis il y a tout ce qu'ils aiment dedans : du mystère, de l'aventure, des rires, des larmes, un robot géant, des avions et des chars, du danger... Si les ados trouveront que ça manque de kung fu et de filles à poil, il faut quand même savoir que ce film est plein comme un oeuf, bourré de scènes superbes, de dialogues très droles et de réflection.

Et puis il y a la technique.... totalement incoryable !!! Les dessins et l'animation sont au top niveau, Warner s'étant visiblement donné les moyens d'investir le maximum sur ce projet qui leur tenait à coeur. On gagne ici sur tous les tableaux puisque, du manga le film reprend le rythme de l'animation et la vivacité des traits mais snas la simplicité des dessins, et du dessin animé disneyien il reprend le foisonnement visuel mais sans surcharge. Surtout, le véritable tour de force technique réside dans la conception du robot : il m'a fallu attendre de visionner la featurette présente sur le DVD pour m'entendre dire qu'il était en image de synthèse alors que tout le reste est en dessin classique ! Complètement dingue, on ne voit absolument rien pendant le film, l'interaction entre les deux techniques étant parfaite. La "réalisation" est au diapason, et il faut voir les scènes d'action finales, speed, spectaculaires et destroy pour se rendre compte qu'on a affaire à un vrai film, conçu comme tel, avec tous les délires que permet le dessin animé. Un dernier mot sur l'aspect sonore. Vous regarderez surement le film en VF avec vos enfants (comme moi, mais me suis retapé des scènes en VO), mais c'est dommage car vous louperez alors les superbes performances de Harry Conick Junior, Jennifer Aniston et surtout Vin Diesel dans le rôle du géant. Quant à la musique, elle est signée du grand Michael Kamen qui n'a absolument pas fait une bande originale de dessins animé, mais carrément une BO superbe qui ne dépareillerait pas dans un Cameron ou un Spielberg et est meilleure que 80% des musiques de SF habituelles !

Donc je vous incite très fortement à vous faire ce petit plaisir, que vous ayez 6 ans (et de poussières) ou 28 (et des poussières) ou même tout autre age !!! N'hésitez pas à louer le DVD, d'une excellente qualité avec des images aux couleurs chaudes et très bien définies et un son qui va ruiner vos enceintes et le sonotone du voisin.

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Tu me le passeras ?

(Putain, Damien 6 ans, ça fait tout drôle !)

2001... Un coup de déprime, tiens !

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Phil


Admin
Ouais, ça m'a fait un coup en relisant ça; d'autant plus qu'on a vu un Damien de 22 ans hier !

Je te le passe la prochaine fois qu'on se voit...

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Il est un peu jeune :-)

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(pour me le passer)

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Phil


Admin
mouarf mouarf mouarf !

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Phil


Admin
Date de sortie officielle chez nous pour LES INDESTRUCTIBLES 2 : 4 juillet 2018 bounce

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