Other Worlds - Le forum de The X Phil

Le cinéma est plus harmonieux que la vie, il n'y a pas d'embouteillages dans les films. Les films sont comme des trains qui filent dans la nuit (François Truffaut)


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Pegg / Frost / Wright - les geeks anglais

Poster un nouveau sujet  Répondre au sujet

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas  Message [Page 1 sur 1]

Phil


Admin
Il me semblait avoir ouvert un sujet concernant le dernier film en date du trio responsable précédemment de Shaun of The Dead et Hot Fuzz - mais ça devait être sur l'ancien forum...
Donc rebelote, vu aujourd'hui :


(LE DERNIER PUB AVANT LA FIN DU MONDE d'Edgar Wright)

J'avais adoré Shaun dès la première fois au ciné; un peu moins Hot Fuzz, mais à force de le revoir en DVD je l'aime autant que le premier... Donc si je pense en sortant de la salle que ce World's End est un peu moins réussi que les deux autres, je réserve mon jugement pour les révisions futures. En tout cas, même un cran en dessous, c'est de toute façon excellent !

Après avoir revisité le film d'horreur (et plus particulièrement le film de zombies) et le film d'action (et plus particulièrement les buddy movies des années 80-90), les trois comparses s'attaquent cette fois au film de SF parano tendance Body Snatchers. Je parle bien des trois, puisque comme d'habitude Wright réalise, Pegg et Frost tiennent les premiers rôles et ont aussi écrit le film; les trois produisant et ayant travaillé au projet du début à la fin main dans la main.
Bouclant une sorte de "trilogie geek" (de leur propre aveu), ils procèdent ici comme précédemment. A savoir qu'il ne s'agit pas d'une parodie ou d'un film cynique autocritique sur le genre abordé. Mais plutôt à la fois d'une comédie et d'un film de SF parano. Cette fois, le film est plus tranché que Shaun ou Fuzz : tout le début tourne autour des aspects de comédie. Et le film bascule d'un seul coup, à la grande surprise du spectateur, par une scène de baston tétanisante, dans sa partie SF - gardant des éléments drôles (nombreux, et vraiment hilarants; mais n'étant plus néanmoins au centre du récit).

Comme dans les précédents, les deux aspects du film sont traités avec le plus grand respect, ce qui fait sa force. Les gars ne se moquent jamais de ce qu'ils racontent, et ne traitent ni le rire ni la SF par dessus la jambe. Ca donne des gags énormes et des répliques qui tuent - qui s'incrusteront probablement à la revoyure comme se sont incrustés des pans entiers des deux autres films (+ Paul). Et des scènes d'action hallucinantes lors des combats entre humains et extraterrestres, qui ne dépareilleraient pas dans un gros blockbuster américain. Pareil lorsque humour et action sont mêlés, l'alchimie fonctionne toujours aussi bien.
Si je disais que le film était peut-être un peu en dessous, c'est parce qu'il se traîne par moments - même si le rythme est effréné et qu'on ne s'ennuie pas une seconde, on voit bien que ça tourne en rond sur quelques séquences. C'est aussi à cause d'un scénario un peu plus débilo que d'habitude; j'veux dire que les deux autres films n'étaient pas d'un haut niveau intellectuel, et que ça reste ici bien écrit, mais il y a aussi quelques facilités. La manière de repousser l'invasion, par exemple, ça fait un super gag, mais c'est aussi un peu paresseux.

Reste que, si World's End n'est pas aussi abouti que Shaun of the Dead et Hot Fuzz sur certains points, c'est certainement le film où leurs thématiques sont les plus poussées. Si les deux autres étaient des films de geeks, celui-ci s'interroge profondément sur sa condition de geek. Et raconte une histoire de quarantenaires qui veulent retrouver leur jeunesse qui m'a forcément touché. Le traitement des personnages est ainsi assez ahurissant - surtout le "héros" du film interprété par Pegg. Rarement au cinéma un ado attardé se sera révélé à ce point plein de contradictions et n'aura révélé autant de profondeur touchante. C'est la même chose pour ses anciens potes d'adolescence retrouvés le temps d'une soirée dans leur petit village, et qui opposent à leurs rêves de jeunesse une vie d'adultes rangés qui ont fait une croix sur leur passé. Vers la fin du film, on multiplie les scènes entre les potes qui s'avèrent réellement émouvantes en plus d'êtres drôles - surtout la scène dans le "fumoir" où ils essaient de déterminer s'ils sont encore humains, et plus encore la dispute entre Frost et Pegg dans le dernier pub de leur chemin "ré-initiatique". Le regard porté sur les personnages est plus féroce que d'habitude, et ils osent des changements de ton radicaux qui émeuvent et font mouche (l'aveu de Frost sur sa femme qui s'est barrée, le spectre de "l'accident" qui plane sur tout le film et sa révélation, les séjours de Pegg en désintox...). On sent qu'ils ont vraiment tenu cette fois à creuser dans une direction qui n'était qu'effleurée jusque là. Et ça a fonctionné à merveille en ce qui me concerne (si je me suis senti en empathie totale avec Gary King et ses potes, je suis aussi content qu'on ne puisse plus me traiter d'ado attardé en comparaison ! Smile).
Ces personnages hauts en couleur sont campés par la bande d'acteurs habituelle, tous au top du top. Pegg et Frost n'ont jamais été aussi bons; Paddy Considine, Martin Freeman et Eddie Marsan ne sont pas en reste. Seule rôle féminin important, Rosamund Pike est très bien aussi. Et les apparitions clins d'oeil de Pierce Brosnan ou d'autres sont réjouissantes.

Pour relever encore la sauce, la fin du film amène un nouveau changement de perspective inattendu. Pas la toute dernière scène, sympa mais anecdotique - mais la conclusion juste avant est surprenante et jouissive.
Ajoutons encore la réalisation de Wright, qui gagne en efficacité et en fluidité à chaque film. Ici dans les scènes d'action démentes, je l'ai déjà dit, mais aussi dans les scènes plus calmes.
Ajoutons enfin la musique, qui a encore une fois été l'objet d'un soin tout particulier. Au niveau de la musique instrumentale, superbe. Mais surtout du choix des morceaux illustrant la bande sonore, toujours assuré par Nick Angel. Qui s'est ici amusé à dégotter que des chansons participant à la période adolescente de ses personnages, celle-là même qu'ils essaient de retrouver. Des chansons qui influent directement sur le récit, comme l'emblématique "I'm Free" des Soup Dragons. Ou tout un pan de britpop du début des nineties comme un Blur du début, du Suede de la grande période, du Pulp, Happy Mondays... et pas d'Oasis ! Et, comme Pegg se traîne un t-shirt Sisters of Mercy tout le long du film, il fallait bien qu'on en entende sur le générique de fin.


Note = Barathon / 6 (ça fait 5 pour l'instant, sera probablement revu à 6 comme les deux autres en DVD. et à me relire, je vois bien que les menus défauts que j'ai pu trouver au film se sont déjà évanouis).

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org
Ah, j'ai hésité la semaine dernière... Bon, on verra...

Voir le profil de l'utilisateur

Phil


Admin
Il me semble que t'es pas super fan de Shaun of the dead (enfin, t'aimes bien sans plus), donc t'attends pas à être aussi emballé que moi !

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Phil


Admin
On a regardé ce soir les deux premiers épisodes de SPACED - série anglaise en 2 fois 7 épisodes datant de 1999, qui marque les débuts de la joyeuse bande. Derrière la caméra : Edgar Wright. Au scénario et dans les rôles principaux : Simon Pegg et Jessica Hynes (qui jouera plus tard dans Shaun). Devant la caméra aussi : Nick Frost, et plein d'acteurs qu'on retrouvera dans la "trilogie Cornetto". C'est du format sitcom de 24 minutes, apparemment très fauché au vu de la qualité de l'image et de l'esthétique cheap. Ce qui n'est pas bien grave, puisque tout l'intérêt repose sur les gags et, déjà, les multiples références à la culture geek.

Rien de fantastique ici, ni d'action à la Hot Fuzz, mais l'histoire d'un "faux couple" qui se rencontre dans un bar et fait croire qu'ils sont ensemble pour pouvoir louer un appartement dans Londres. Ils y rencontrent une faune étrange et vont devoir apprendre à cohabiter alors qu'ils n'ont pas grand-chose en commun.
Très intéressant de voir aujourd'hui les premiers travaux de la bande, après s'être délectés de leurs films. Et comme en plus c'est drôle, complètement chtarbé, et inventif, on va pas se plaindre !

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Phil


Admin
Première saison de Spaced finite.

Non seulement c'est super drôle et plutôt bien vu dans le genre "série de trentenaires geeks", mais les multiples brouillons de leurs films futurs (rien qu'à titre d'exemples, la partie de paintball filmée comme les scènes d'action de Hot Fuzz, la disparition du chien dans une scène très World's End...) et les multiples références (l'épisode Star Wars, mortel) sont hilarants.

Je sens que ça va avoir un goût de trop peu (heureusement qu'on va recevoir le DVD de leur dernier film incessament sous peu pour se consoler)

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Phil


Admin
Série Spaced finite. Pour les fans de la bande, c'est que du bonheur, et en effet ça a un goût de trop peu !

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Phil


Admin
Phil a écrit:LE DERNIER PUB AVANT LA FIN DU MONDE d'Edgar Wright

Note = Barathon / 6 (ça fait 5 pour l'instant, sera probablement revu à 6 comme les deux autres en DVD. et à me relire, je vois bien que les menus défauts que j'ai pu trouver au film se sont déjà évanouis).


Je confirme : revu en dividi ce soir, et c'est aussi énorme que les deux autres, finalement.
J'aurais même pu préférer celui-là, dont le personnage principal me parle complètement, et qui s'avère avoir plus de fond, sous ses allures de pur divertissement débile. Mais par rapport à Shaun of the Dead et Hot Fuzz, le film est moins solide dans l'ensemble, et on y trouve moins de gags et répliques mémorables - même si ça n'en manque pas.

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Phil


Admin
La bande-annonce du nouveau film de Wright, Baby Driver, qui va être mortel !

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Phil


Admin
Demain, je vois le nouveau film de Edgar Wright BABY DRIVER en avant-première une mois avant sa sortie.
Et c'est peu de dire que je suis joie !

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Phil


Admin
Phil a écrit:Demain, je vois le nouveau film de Edgar Wright BABY DRIVER en avant-première une mois avant sa sortie.
Et c'est peu de dire que je suis joie !

Et il va falloir que laisse décanter un peu avant d'en parler !
Là, j'ai juste l'impression d'avoir pris de la drogue (ou au moins un shoot d'adrénaline) et de pas pouvoir redescendre... de pas vouloir, d'ailleurs Smile

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Phil


Admin
BABY DRIVER, dernier film en date de Edgar Wright (la trilogie Cornetto : Shaun/Hot Fuzz/World's End + Scott Pilgrim) est donc une expérience de cinéma hors norme et rare; un trip presque physique, qui laisse son spectateur sur le carreau, avec l'impression d'avoir pris un shoot d'adrénaline pure. Et donc, très rétif à toute forme d'analyse après-coup, même à tête reposée. Sur le moment, on est embarqué dans ces montagnes russes rythmées et bruyantes. En sortant de la salle et en y réfléchissant, à part dire "waow, c'était mortel", difficile de prolonger plus loin la critique Laughing

Ce que je vais pourtant tenter de faire ici, rapidement.

Déjà, il faut préciser que le film n'a pas grand-chose à voir avec ce qu'on connaît du cinéma de Wright jusque là. Evidemment, on y trouve quelques correspondances et clins d'oeil; mais rien qui ne l'apparente vraiment à la trilogie Cornetto. Pour Scott Pilgrim, un peu plus de liens... mais si les films se rapprochent dans l'esprit et certains motifs, ils sont quand même sacrément différents.
Là où on retrouve bien le style du réalisateur anglais (ici transposé aux Etats-Unis dans un film qui serait typiquement américain si sa personnalité ne venait pas tout chambouler), c'est dans le mélange des genres, des tons, des idées; le brassage des références qui font exploser toutes les barrières. Parce que, c'est quoi, au juste, Baby Driver ? Un film policier autour d'une bande de braqueurs, d'un chef mafieux, de trafics en tous genre. Et un film d'action aux nombreuses poursuites et fusillades, absolument démentes par ailleurs. Et une comédie musicale; ou plutôt un film construit autour de la musique, omniprésente (un site internet a dénombré pas moins de 71 chansons utilisées dans le film !) et sans cesse traitée comme un élément dramatique à part entière. Et une comédie romantique autour de deux jeunes qui s'aiment et vont devoir affronter l'adversité pour survivre. Et une comédie tout court, aux nombreux gags et répliques vraiment drôles. Et même, un peu, un beau mélo - introduisant une forme d'émotion inédite jusqu'ici dans le cinéma de Wright (même s'il s'en était déjà approché, surtout dans Le dernier pub avant la fin du monde).
Tout ça participe à cette impression de tornade visuelle, auditive, émotionnelle, qui prend le spectateur et ne le lâche jamais pendant 1h50 d'un film incroyablement rythmé et qui file à toute vitesse. Le plus beau étant qu'aucun de ces éléments disparates n'est sous-traité; tout fonctionne à merveille et s'intègre parfaitement.

On peut ajouter encore une dimension, touchant cette fois au traitement des personnages, très ambigus. Sauf Debora (Lily James, très bien), traitée comme pure princesse de contes de fées. Tous les autres, même Baby (Ansel Elgort, une révélation en ce qui me concerne puisque je m'intéresse pas aux films de djeun's à la Divergente dans lesquels il est apparu jusqu'ici) sont loin de se restreindre aux archétypes de leurs personnages. Dans leur psychologie autant que dans leurs agissements, aucun n'est tout blanc ou tout noir. Et impossible pour le spectateur de prendre totalement parti pour ou contre tel ou tel, de les ranger dans une catégorie "gentil" ou "méchant", d'être en accord ou en désaccord avec leurs agissements. Le couple de jeunes héros, par exemple, navigue sans arrêt entre Roméo et Juliette et Tueurs Nés Smile Je me dois aussi de citer le reste de la distribution prestigieuse, tout le monde méritant vraiment les éloges : Kevin Spacey, John Hamm, Jamie Foxx, Eiza Gonzales, John Berthnal...

Si le savoir-faire technique du réalisateur n'est plus à démontrer, il parvient là à réhausser encore le niveau de sa mise en scène. La réalisation est impressionnante, avec notamment des plans-séquences quasi invisibles, jamais ostentatoires, mais qui marquent la vision du film. Par exemple cette scène chorégraphiée suivant Baby au début du film, après le premier braquage - qui ne dépareillerait pas dans une comédie musicale de l'âge d'or hollywoodien.
Et, fait suffisamment rare pour être noté : bien que très influencé par tout un tas de films, il s'agit ici d'un projet original né dans l'esprit de Wright et personne d'autre ! Je veux dire par là que le film n'est pas tiré d'une bédé, d'une série, d'un jeu vidéo, d'une pub pour dentifrice ; n’est pas un remake, pas une suite ni une préquelle... Les seuls autres exemples récents qui me viennent en tête sont Avatar et Pacific Rim; ça rend d'autant plus précieux ce type de blockbusters qui ne doivent rien à personne en dehors de leurs créateurs !


Bien plus que La La Land, le voilà, "le film de 2017 qui va vous rendre heureux", "le film que vous allez adorer" et blablabla ! Beaucoup plus efficace dans sa démarche que Chazelle, Edgar Wright propose un spectacle total, dont on ressort sur un petit nuage après s'être bien éclaté, avoir ri, frémit, été ému. On pourrait rapprocher la démarche de Wright de celle d'un Tarantino, un peu moins sombre, un peu plus cool... Mais l'anglais n'a pas besoin de ça : il continue de creuser son chemin unique. Ne reste plus qu'à espérer que le public le suive dans cette aventure bien plus enthousiasmante que ce qu'on peut voir par ailleurs dans le domaine du divertissement. C'est pas gagné, mais il le mérite largement.



Dernière édition par Phil le Ven 16 Juin - 14:11, édité 1 fois

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org
Phil a écrit:Les seuls autres exemples récents qui me viennent en tête sont Avatar et Pacific Rim; ça rend d'autant plus précieux ce type de blockbusters qui ne doivent rien à personne en dehors de leurs créateurs !
oulà ... je ne sais pas si je dois avoir peur ou me précipiter pour aller le voir Wink

Voir le profil de l'utilisateur

Phil


Admin
Si tu préfères réserver 2 heures à une suite de remake de bouquin young adult... Very Happy

Voir le profil de l'utilisateur http://thexphil.forumactif.org

Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut  Message [Page 1 sur 1]

Poster un nouveau sujet  Répondre au sujet

Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum