Other Worlds - Le forum de The X Phil

Le cinéma est plus harmonieux que la vie, il n'y a pas d'embouteillages dans les films. Les films sont comme des trains qui filent dans la nuit (François Truffaut)


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Fajitas et Guacamole (le topic de Robert Rodriguez)

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Phil


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Fajitas et Guacamole (le topic de Robert Rodriguez) Nouvelle-affiche-spot-tv-machete-kills-L-ApjKUJ

Bon ben c'est pas compliqué : MACHETE KILLS est à Machete ce que Expendables 2 était à Expendables. A savoir, exactement la même chose, mais en mieux.

Enfin, en pas beaucoup mieux quand même, et toujours pas exceptionnel. Il manque encore ce qui fait la différence entre le cinéma de Rodriguez et celui de son pote Tarantino - un regard, une intelligence du scénario et de la mise en scène... Rodriguez est toujours rigoureusement incapable de canaliser son côté sale gosse en quelque chose de suffisamment solide pour tenir la route pendant 1h45. Comme, en plus, il continue de cumuler tous les postes ou presque sur son film - tout en jouant à la console de jeux la moitié du temps - il peut pas tout faire bien non plus (n'est pas Kubrick qui veut, loin de là).
Et si le gros délire bourrin, les idées cinglées, les punchlines débiles, l'iconisation à outrance; fonctionnent bien un temps, au bout d'nu moment, ça lasse. Le film se traîne ainsi pas mal, réveillant le spectateur de temps en temps par un truc plus délirant que le reste qui relance un peu la machine.
Par exemple, Danny Trejo est toujours aussi génial dans le rôle principal, mais au bout du quinzième gag "Machete fait pas ci ou ça", on est un peu gavé. Sur ce gag précis, il y a à un moment Michelle Rodriguez qui le reprend en le variant, et d'un seul coup ça rebondit, et c'est plus intéressant.

Après, on ne va pas bouder le plaisir pris ponctuellement à ce cinéma débile et régressif. Les scènes d'action bordéliques fonctionnent souvent bien et son bourrés d'idées qui font mouche (la machete perfectionnée du héros, les super soldats clonés, le pistolet-désintégrateur-de-molécules...). La distribution délirante réserve de grands numéros de cabotinages : Mel Gibson s'éclate, Antonio Banderas et Demian Bichir surjouent à mort, Charlie Sheen est lui-même en président des Etats-Unis... même Lady Gaga est pas mal !
Côté filles, c'est là aussi comme dans le premier (même si on voit pas un pet de sein nu, argh), du fouyayaya à tous les étages.

Dans la pure tradition Grindhouse, le film s'ouvre sur la bande annonce de Machete Kills Again... In Space, où le personnage-titre se retrouve au milieu d'un space opera kitschouille à souhaits. et ce film là se termine par un genre de cliffhanger préparant cette suite dans l'espace. Qu'on attend, du coup, d'un pied pas trop ferme quand même, sachant que Rodriguez nous fera sûrement son Rodriguez là aussi. Et que tous les espoirs placés dans cette bande-annonce à mourir de rire seront en partie déçus...
Mais on ira le voir quand même, pour continuer à se marrer sans se prendre la tête et en matant des meufs - en zappant le fait que ça pourrait être tellement mieux, mais que c'est déjà pas si mal en l'état.

Note = 4/6

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Phil


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La nouvelle bande-annonce de Alita Battle Angle - où on sent bien qu'ils essaient plus de nous vendre ça comme "le nouveau projet de Cameron" (trop occupé sur Avatar et ses suites et qui n'a jamais trouvé le temps de se pencher sur son adaptation ciné du manga Gunm) que comme le nouveau Rodriguez (dont personne n'a rien à branler) !

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Phil


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Phil a écrit:La nouvelle bande-annonce de Alita Battle Angle - où on sent bien qu'ils essaient plus de nous vendre ça comme "le nouveau projet de Cameron" (trop occupé sur Avatar et ses suites et qui n'a jamais trouvé le temps de se pencher sur son adaptation ciné du manga Gunm) que comme le nouveau Rodriguez (dont personne n'a rien à branler) !


Après moult reports et difficultés, le film a fini par sortir. Avec, comme à l'époque de ses bandes-annonces, une mise en avant à égalité de Cameron (surtout via son fidèle bras droit Jon Landau) et Rodriguez. Alors que, après avoir vu le bouzin, il est quand même clair que le film doit plus au mexicain (malheureusement) !

Pas forcément pour le pire : le côté "fun décomplexé" de Rodriguez collait probablement mieux à cette histoire adaptée d'un manga que la noirceur et le regard adulte derrière Terminator and co. Il accentue par moments l'aspect Young Adult du film, ce que n'aurait probablement pas fait James, mais c'est moins préjudiciable que dans pas mal de film du type "je suis trop vieux pour ces conneries" vus récemment (Mortal Engines par exemple). Et, peut-être bien coaché par son mentor, plus probablement conscient du poids qu'il avait sur les épaules en reprenant un ancien projet du gars trop occupé par les suites d'Avatar, Roberto a l'air d'en avoir un peu plus quelque-chose à foutre de la réalisation de son film. En témoignent la réussite des scènes d'action (dont la déjà fameuse séquence du Motorball), la bonne direction d'acteurs, la manière de filmer les effets. Il faut dire aussi que le gars n'a pas trusté tous les postes comme à son habitude - et quand la photo du film est signé de l'excellent Bill Pope plutôt que du mec qui se croit touche-à-tout, ça a tout de suite plus de gueule !

Mais bon, il ne faut pas trop lui en demander, non plus, à Rodriguez. Et on sait bien qu'il est incapable de donner vie au monde qu'il ullustre (platement) à l'écran, de donner un tant soi peu de chair à ses personnages. Son film se suit ainsi comme une suite de scènes plus ou moins réussies, sans aucun liant entre elle. Rien qui ne dépasse le stade de la simple illustration, un peu désincarnée; et on ne peut jamais entrer dans ce monde ou dans l'histoire de ces personnages qui ne sont pas suffisamment approfondis. On a plus l'impression d'assister à un Terminator/Matrix/Rollerball/Mad Max/etc-like qu'à la véritable recréation d'un univers de SF solide. Par exemple, il est difficile de voir pourquoi les gens vivant à Iron City sont malheureux et voudraient à tout prix s'élever à Zalem - puisqu'ils n'ont pas l'air d'avoir plus de difficultés que ça, et ne sont pas écrasés par un joug oppressif qui les aliènerait ! Hugo fait sa vie tranquile dans son coin, le docteur Ido exerce son boulot sans emmerde, la ville a l'air vivante et agréable - et ça, c'est bien un problème de mise en scène qui déssert l'histoire !
Là, on pourrait m'accuser de mauvaise foi pro-Cameronesque, dire que ça vient aussi du scénario, blablabla. Sauf que j'en reviendrai toujours au fait que les scenarii de Cameron sont toujours des exemples d'histoires parfaitement structurés, quoi qu'on pense de ses films terminés. Structure exemplaire qu'on retrouve encore ici (avec notamment le typique "triple climax" de tous ses films), en fond. C'est toute la différence entre un mec qui, sur le papier, te décrit un monde précis, et un autre qui l'illustre de façon neutre devant sa caméra. On rêve de ce qu'aurait donné entre ses mains la scène où Alita donne littéralement son coeur à Hugo, tellement constitutive du cinéma de Cameron, et tellement vide d'émotion chez Rodriguez...

Sans spoiler, il y a cette idée vers la fin du film de Nova/Cameron observant Hugo/Rodriguez en train de travailler pour lui. Le rictus de l'acteur-qui-incarne-Nova sera laissé à l'interprétation du spectateur.

Reste les aspects techniques du film, qui, eux, mettront tout le monde d'accord ! Notamment au niveau de l'interaction du personnage de Alita en motion capture avec les "vrais humains", et son intégration dans des décors mi réels mi virtuels. De ce point de vue, on atteint un niveau de réalisme encore jamais vu jusque là - qui promet encore un bon technologique hallucinant avec les prochains Avatar 2, 3, 4, 12, 59...
Et ce n'est pas que de l'esbrouffe visuelle : cette perfection des effets visuels vient en complément de la superbe performance de Rosa Salazar, pour donner vie au personnage d'Alita - qui est vraiment le gros point fort du film; un vrai beau personnage comme on en voit trop peu au cinéma.

Le film ne dépasse ainsi jamais son statut de divertissement honnête mais déjà vu 100 fois (en mieux ou en pire). C'est déjà ça de pris - au moins, sur ce point, ça fonctionne mieux qu'une merde de Michael Bay ou une croute genre Venom...

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Je trouve que t'as la dent un peu dure. Certes ce n'est pas la perfection mais ça tient super bien la route. Et pour une fois qu'on a pas trois quart d'heure de mise en train pour expliquer le pourquoi du comment de chaque personnage, on ne peut pas se plaindre. 
Et pour les effets spéciaux, c'est bluffant. WETA démontre qu'il y a eux tout en haut et puis loin derrière, les autres. Je ne sais pas si Cameron va les prendre pour Avatar mais il devrait y réfléchir sérieusement (en même temps que virer ses schtroumpfs).

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