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Le cinéma est plus harmonieux que la vie, il n'y a pas d'embouteillages dans les films. Les films sont comme des trains qui filent dans la nuit (François Truffaut)


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Classement Ciné 2016

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1 Classement Ciné 2016 le Jeu 22 Déc - 23:42

Phil


Admin
Etrange année que ce cru 2016… Et je ne parle pas là de tous ces malheureux événements dans le monde, de cette accélération de la bascule vers une France toujours plus divisée et fermée, de cette perte de repères et de valeurs qui s’est encore accentuée.
Non, plus modestement, je fais ce constat dans ce traditionnel moment de fin décembre consistant à établir la liste de mes films préférés de l’année (et, on le verra un peu plus tard, c’est pareil en matière de musique).

Je relisais il y a quelques jours mon classement de l’année dernière. Et me disais que, cette fois, aucun film ne s’était détaché de manière aussi évidente. En 2015, c’était bouclé pour les trois premières places dès le mois de juin ; et tout au long de l’année, je savais quels films marquants squatteraient de manière évidente le haut du tableau. Qui s’était alors établi sans aucune difficulté, en quelques minutes.

Rien de tout ça en 2016. Durant ces 12 derniers mois, j’ai souvent eu l’impression d’un amas de films qu’on pouvait juste séparer facilement en « bien » ou « pas bien », en gros. Sans qu’aucun ne se détache particulièrement, et sans pouvoir établir de hiérarchie facile. Alors, dans les films qui vont apparaître plus loin, il y a des genres différents, des origines différentes, des propositions de cinéma différentes, certes. On peut légitimement se demander comment donner une position dans un classement et comparer des œuvres aussi diverses que le dernier Ken Loach et le dernier X Men… Mais, en fait, c’était la même chose l’année dernière (rien que, au pif, entre Mad Max et Mustang, amuses toi !).

Peut-être que Psyman vieillit ! Very Happy

Toujours est-il que cette impression de marasme qui me restait en tête en repensant à mon année cinématographique 2016 n’a pas longtemps résisté à l’analyse plus attentive des faits. Et, finalement, la reprise de ma liste de films vus cette année m’a permis assez facilement de dégager une grosse liste de bons, voire très bons, films – et aussi de mauvais et très mauvais, sinon ça ne serait pas drôle ! J’ai même réussi à dégager plutôt rapidement un top ten de l’ensemble. Plus les autres bons films, on atteint 30 tout pile – ce qui est un chiffre assez élevé par rapport aux années précédentes.
C’est « marrant », du coup, l’exercice m’a permis de me rendre compte que cette année 2016 avait été loin d’être catastrophique, contrairement à ce qu’il me semblait au premier abord.

Après, reste la question du classement, que je n’ai en effet pas réussi à trancher.
Alors tant pis pour le palmarès en bonne et due forme, et tant pis pour le titre de « film de l’année 2016 », qui ne sera pas décerné individuellement cette fois ci.
On a qu’à faire comme à L’Ecole des Fans, et décréter que tout le monde a gagné (dans la liste des 10 premiers)…


Mes 10 films de l’année, sans classement, par ordre alphabétique

DERNIER TRAIN POUR BUSAN de Sang-Oh Yeon



Un des trois films sud-coréens de mon top, dont 2 dans les 10 premiers (et encore, j’ai loupé The Man in High Heels). On pourra dire que 2016 aura marqué le grand retour du pays sur le devant de la scène ! En l’occurrence, ce train se sera avéré être le cadre du film le plus jouissif de l’année, violent, gore, drôle, complètement délirant, et se permettant même le luxe d’être émouvant et politique. Le film qui met à l’amende tous les films et séries de zombies sortis depuis Shaun of the Dead.


ELLE de Paul Verhoeven



Après 10 ans d’absence, le hollandais violent revient derrière la caméra pour un film français dans la lignée de ceux de Claude Chabrol. Un projet étonnant, qui avait provoqué beaucoup d’interrogations avant sa sortie… Une fois le film vu, il n’y a plus aucun doute : on est bien face à du pur Verhoeven, qui n’a rien perdu de sa verve provocatrice ni de sa puissance cinématographique ! En bonus, une Isabelle Huppert encore une fois exceptionnelle.


LES HUIT SALOPARDS de Quentin Tarantino



Pour la première fois de sa carrière, l’influence principale du trublion du cinéma américain n’est pas un obscur réalisateur des années 70 ou une série de films d’un pays que personne ne connaît mais… lui-même. Et The Thing de Carpenter, aussi. Revenant au western après son précédent Django Unchained, il revisite sa filmographie avec l’aide de ses acteurs récurrents, et livre un condensé de son cinéma en même temps qu’une vision sans concession de l’Amérique d’aujourd’hui. Oui, c’est bavard et démonstratif, mais qu’est-ce que c’est bon !


KUBO ET L'ARMURE MAGIQUEde Travis Knight



Je l’ai dit à sa sortie, je n’en démords pas : c’est LE film d’animation de l’année. C’est surtout un de ces films qui sortent de l’ordinaire du genre, sur lequel on commence à sérieusement tourner en boucle et à vide. Rien de bateau ici, c’est au contraire original, touchant, fascinant. Pareil du point de vue technique, alliant la modernité de l’ordinateur à l’animation de formes qui remonte aux origines du cinéma (pas seulement d’animation). Rarement le qualificatif de « spectacle pour le petits et les grands » aura été aussi approprié.


THE NICE GUYS de Shane Black



Black nous refait Kiss Kiss Bang Bang, mais aussi les films qu’il a écrits dans les années 80 et 90. On pourra lui reprocher de se contenter de faire ce qu’il connaît, sans aucune prise de risques. C’est vrai. Mais quand c’est aussi bien fait, loin de moi l’idée de bouder mon plaisir ! Quand en plus le duo Gosling/Crowe fonctionne à merveille, que le rôle de l’adolescente énervante s’avère le plus intéressant du film, que les années 70 sont aussi bien retranscrites et que ça se passe dans le milieu du porno de l’époque, c’est que du bonheur !


MADEMOISELLE de Park Chanwook



Encore un réalisateur qui revient en force sur un terrain où on ne l’aurait pas du tout attendu (ça nous change de Tarantino ou Black !). Pas de vengeance ici, pas d’hyper-violence, pas de sang (ou si peu) ; le film ne se déroule même pas dans un environnement contemporain. Sur la forme en tout cas, ce « film en costume par le réalisateur de Old Boy » a de quoi mettre le doute. Ou aurait de quoi, si ce n’était encore une fois une telle démonstration de mise en scène et un catalogue de superbes images. Sur le fond, par contre, ce sont bien les mêmes perversions, la même noirceur et la même violence qui éclatent intérieurement. Avec, en prime, les plus belles scènes d’amour lesbiennes qu’on ait pu voir sur un écran.


MIDNIGHT SPECIAL de Jeff Nichols



Le réalisateur indépendant de Mud ou Take Shelter change radicalement d’univers en s’attaquant à un film de science-fiction clairement inspiré par le cinéma de Spielberg et ses productions dans les années 70/80. On ne savait pas Nichols proche du premier JJ Abrams venu… Et, de fait, son film ne ressemble pas à un Super 8. Il renoue plutôt avec une SF très littéraire, intimiste, où l’émotion prime sur l’action. Ce qui n’empêche pas de livrer quelques scènes spectaculaires qui n’en sont que plus fortes.


MOI, DANIEL BLAKEde Ken Loach



Le réalisateur anglais sort de sa retraite pour crier à nouveau sa haine des orientations politiques de son pays, et en profite pour raffler une Palme d’Or amplement méritée. J’ai eu l’impression pendant la projection que Loach était encore plus énervé, plus vindicatif, plus outré qu’auparavant, ce qui n’est pas peu dire ! Et sa force est communicative : le spectateur ressort du film lessivé, lui aussi prêt à en découdre et à casser le système et ceux qui le soutiennent. L’impression aussi d’avoir vu un film de guerre, qui laisse dans le même état que La Loi du Marché l’année dernière chez nous.


PREMIER CONTACT de Denis Villeneuve



On se souvient que je n’avais pas été si emballé que ça en sortant de la projection du film. Et puis, le temps a passé… j’y ai beaucoup repensé, j’y suis revenu plusieurs fois, j’ai lu beaucoup de trucs dessus. Et, finalement, ce film me hante ! La vision de Villeneuve, sa façon de traiter la SF, son orientation originale, feutrée, plus orientée vers la littérature que vers le grand spectacle, privilégiant l’émotion et l’implication du spectateur au gros boum boum bruyant. Tout ça rend le film précieux, et bien plus intéressant malgré ses défauts qu’un film qui serait plus maîtrisé mais moins personnel.


SING STREET de John Carney



Mon coup de coeur de l’année, le film qui m’a complètement liquéfié en 2016 ! C’est clairement pas un grand film; d'un point de vue purement cinématographique, il n’a rien à foutre à de telles hauteurs… Mais ça m’a tellement parlé, ému, touché, fait rire, que d’un point de vue purement subjectif sa place est méritée. Comme je l’ai dit à sa sortie, c’est ma musique, ma jeunesse, mon type de films. Et puis, de toute façon, y’a une séquence sublime sur In Between Days, et la chanson de l’année (The Riddle of the Model) dedans.



+ 4 blockbusters (de super-héros principalement) qui m’ont botté cette année (dans l’ordre)

X MEN APOCALYPSE de Bryan Singer



Moins réussi que Days of the future past, mais totalement réjouissant pour le fan des X Men depuis sa plus tendre enfance. Et puis y’a Phénix !


ROGUE ONE - A STAR WARS STORY de Gareth Edwards



Le meilleur Star Wars depuis Le Retour du Jedi. Ce qui ne veut pas dire grand-chose. C’est surtout un super space-opera bien mieux foutu que les films de Lucas.

DOCTOR STRANGE de Scott Derickson



Un Marvel qui sort des sentiers balisés et permet enfin à la « maison aux idées » de recoller à son surnom. Et une très bonne idée d’avoir confié le rôle-titre à Sherlock.


CAPTAIN AMERICA CIVIL WAR de Joe & Anthony Russo



Là, par contre, c’est du Marvel dans ce qu’il a de plus attendu. Mais, dans le genre, c’est extrêmement bien foutu et emballant.



Et la liste habituelle des autres films qui valaient le coup cette année et échappent de peu au top ten (parce qu’ils sont un peu moins bons à mes yeux, et parce que, par principe, il n’y a que 10 places !)

99 Homes de Ramin Bahrani – décryptage effrayant car totalement réaliste de la crise économique aux Etats-Unis.
Arès de Jean-Patrick Benès – de la série B française de SF/action comme on aimerait en voir plus souvent.
Commancheria de David MacKenzie – à mi-chemin entre le western et le polar, un film âpre et noir comme on les aime.
Demolition de Jean-Marc Vallée – mon film américain préféré du réalisateur canadien, même si ça me touche toujours moins que ses merveilles québécoises.
Don’t Breathe de Fede Alvarez – le survival énervé et violent de l’année, à égalité avec Green Room.
Frantz de François Ozon – le français change encore une fois de style et d’univers, et comme (presque) toujours s’en sort plutôt bien.
Le Garçon et la Bête de Mamoru Hosoda – quelques petits défauts empêchent le film d’être dans le top ten, mais c’est quand même de la bombe nucléaire.
Green Room de Jeremy Saulnier - le survival énervé et violent de l’année, à égalité avec Don’t Breathe.
Juste la Fin du Monde de Xavier Dolan – on l’a dit ici, le dernier Dolan nous a plus ou moins déçu… mais ça reste mieux que la plupart des drames français sortis cette année !
Manchester by the sea de Kenneth Lonnergan – ze film indépendant américain de cette fin d’année est à peine moins énorme que ce qu’on nous a vendu.
Room de Lenny Abrahmson – dommage que la deuxième partie du film élimine petit à petit la tension de la première, qui laisse sur le cul.
Spotlight de Tom MacCarthy – un film-dossier à l’américaine comme on n’en avait plus vu depuis un paquet de temps, terriblement efficace et mettant en colère.
The Strangers de Na-Hong Jin – mon troisième film sud-coréen de l’année – qui risque d’apparaître dans beaucoup de tops mais qui m’a semblé un peu trop long et fouillis. Très bon quand même.
10 Cloverfield Lane de Dan Trachtenberg – une vraie surprise, qui n’a rien à voir avec le Cloverfield original mais s’avère être un excellent épisode de Twilight Zone boosté pour le cinéma.
The Witch de Roger Eggers – il s’en est fallu de peu que le film soit une nouvelle date dans le cinéma d’horreur. En l’état, c’est « juste » une très bonne expérience de flippe comme on en voit peu.
Zootopie de Byron Haskins – après Les Nouveaux Héros, un nouveau film de geeks pour Disney, totalement réjouissant. Et tellement mieux que Vaïana, leur « Disney Princesse » de fin d’année.


Enfin, une mention spéciale
à Merci Patron ! de François Ruffin – documentaire ahurissant qui rhabille pour l’hiver le capitalisme à la française à travers Bernard Arnault. Et qui s’est payé le luxe (entre autres choses) de donner naissance au mouvement Nuit Debout, qui n’a pas fini de semer sa zizanie dans notre beau pays.





Côté merdasses/déceptions/trucs tout pourris, chiants ou navrants même pas appréciables au dixième degré, on a encore été gâtés cette année !
Et là, pas de problème pour décerner le titre de pire gros naveton de 2016, tant le film a écrasé toute compétition. A côté de ça, n’importe lequel des autres films pourrait paraître réussi :lol : Mais faut pas exagérer : ces autres films, donnés eux aussi par ordre alphabétique, sont bien de la grosse bousasse qui colle…

TOP DAUBE 2016 que c’est même le pire film du monde depuis le volume 1.5 de la trilogie de Lelouch en deux parties :

Les Visiteurs 3 de Jean-Marie Poiré
La purge ultime. Un truc que t’en arrives à être gêné de regarder ça. Les deux premiers n’étaient pas bons, loin de là (quoique, j’avoue que le premier me fait vaguement rigoler). Mais là, on atteint la négation totale du cinéma, avec un film ni écrit, ni réalisé, ni éclairé, ni joué, ni monté, ni mis en musique. Ni drôle, surtout.



Bastille Day de James Watkins – le film retiré des salles après l’attentat de Nice avait de bonnes raisons de rester loin des écrans. Mais pas politiquement, plutôt parce que c’est de la merde !
Batman Vs Superman de Zach Snyder – le gros kougloff ridicule de l’année 2016. Quoique, pour être honnête, le début est pas mal. Mais c’est tellement mauvais ensuite…
Blood Father de Jean-François Richet – pour le coup, Mel est excellent dans le rôle principal. Malheureusement, tout le reste est à chier.
Le Bon Gros Géant  de Steven Spielberg – j’ai au moins 40 ans de trop pour apprécier ce truc niais et dégoulinant de bons sentiments.
Cell de Tod Williams – le bouquin était déjà pas un grand King. Le film est pire encore.
Le Chasseur et la Reine des Glaces de Cédric Nicolas-Troyan – là encore, je suis pas le public du film. ok, mais c’est pas une raison pour se foutre de ma gueule !
Docteur Frankenstein de Paul McGuigan – le genre de film totalement incolore, inodore et sans saveur, à peine vu à peine oublié. On peut même arriver à l’oublier pendant le visionnage…
Evolution de Lucille Hadzihalilovic – le film apparaît dans certains tops de l’année. On dira donc que j’ai dû passer à côté du truc. Qui m’a juste semblé être de la branlette intellectuelle hermétique pour le plaisir.
Gods of Egypt d’Alex Proyas – mais qu’est-ce que c’est con !
Independence Day Resurgence de Roland Emmerich – mais qu’est-ce que c’est con ! En même temps, là, on s’y attendait. Mais ça arrive quand même à être plus mauvais que le premier ; ça, on pouvait pas le prévoir (vu la daubasse qu’est le premier) !
Jane got a gun de Gavin O’Connor – déjà, j’aime pas Nathalie Portman. Du coup, comme beaucoup de gens disent qu’il n’y a qu’elle qui sauve le film, pour moi ça frise le néant cinématographique.
The Neon Demon de Nicolas Winding Refn – là, j’exagère, j’ai pas trouvé ça si mauvais, ne serait-ce que parce que c’est très beau visuellement. Mais comme j’attendais tellement mieux de NWR, le film remporte le prix de la plus grosse déception de l’année.
Les Premiers, Les Derniers de Bouli Laners – chiant, moche, chiant, pas intéressant, chiant, mal foutu… Ah, et j’ai dit que c’était chiant, aussi ?
Warcraft – Le Commencement  de Duncan Jones – le film le plus laid de l’année. Et comme, en plus, c’est complètement débile et sans aucune intérêt, ça donne une idée de la chose. A noter : s’il n’y avait pas eu Les Visiteurs 3, c’était celui-là, ma merde de 2016.

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2 Re: Classement Ciné 2016 le Ven 30 Déc - 23:31

Phil


Admin
Je dois ajouter au top l'excellent film d'animation japonais YOUR NAME, mon dernier film de l'année au ciné - et qui échappe de peu au top 10 (j'aurais viré Premier Contact, à ce moment-là) à cause de sa fin pas à la hauteur de ce qu'on a vu avant...

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