Other Worlds - Le forum de The X Phil

Le cinéma est plus harmonieux que la vie, il n'y a pas d'embouteillages dans les films. Les films sont comme des trains qui filent dans la nuit (François Truffaut)


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(pas que des bagnoles et des gros seins) - Le topic de Nicolas Winding Refn

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Phil


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Je vais voir le nouveau film du duo gagnant de Drive demain (je dis pas où ni à quelle heure pour pas être envahi, hahaha), et j'ouvre déjà le sujet, prêt à m'extasier sur ce qui devrait gagner la Palme de Cannes (à égalité avec Ozon et peut-être Le Passé) si le monde était bien fait Wink !

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Phil


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5 minutes d'électro très Drive-esque, extrait de la BO de Only God Forgives signée Cliff Martinez :

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Phil


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"En plein festival de Cannes, déjà, avait explosé, il y a deux ans, la petite bombe Drive : sacre d’un acteur canadien, Ryan Gosling ; révélation d’un réalisateur danois, ­Nicolas Winding Refn, en fait déjà ­adulé par le cercle des fans de sa trilogie Pusher. Ces trois films-là, tournés entre 1996 et 2005, suivaient chacun un mafieux dans les derniers retranchements d’une spirale de violence, mais surtout d’échec.

S’il fallait appliquer la politique des auteurs à Nicolas Winding Refn, c’est de cette trilogie qu’on rapprocherait Only God forgives. Malgré le retour de l’astre Gosling, ne pas s’attendre à Drive 2. Ce thriller ténébreux parle de la faiblesse, de l’insuffisance, du ratage. Le beau Ryan est cette fois un mauvais garçon dans tous les sens du terme : un dealer de drogue, mais incapable de la brutalité qu’exige le milieu.

Dans une Thaïlande presque aussi fantasmatique que la Chine du Shanghai Gesture de Josef von Sternberg, le grand garçon perd son frère aîné, parti un soir, délibérément,« à la rencontre du diable », au-devant de la barbarie. La mère (Kristin Scott Thomas, grand numéro) débarque à Bangkok, certaine de pouvoir, elle seule, venger le fils mort. Et quelle mère ! Le cinéaste, dans une note d’intention, la décrit comme « un mix de lady Macbeth et de Donatella Versace ». Non seulement bling-bling et blonde-blonde, mais impitoyable.

Ce ne sera pas un affrontement filial, mais un massacre : la mère renvoie le fils cadet à ses inaptitudes et à ses peurs. Elle l’humilie tant qu’elle peut, tout en supervisant, en patronne du clan, l’engrenage de vengeances qui, selon elle, s’impose. Comme tous les films du réalisateur (il y a aussi Bronson ou Le Guerrier silencieux), celui-ci est une monstrueuse boucherie, mais hyper stylisée. Placée non seulement sous le signe des films d’arts martiaux, mais aussi d’une modernité cinéma­tographique héritée de Wong Kar-wai et David Lynch : apesanteur irréelle et images mentales labyrinthiques.

Entre deux effusions de sang, les mêmes hantises reviennent : fragilité, impuissance (comme dans Pusher 2, où le colosse Mads Mikkelsen n’arrivait à rien avec les putes), angoisses œdipiennes, terreur de la castration. Le pauvre Ryan Gosling en prend plein la figure, d’abord symboliquement, puis physiquement. Le personnage en sort en charpie mais l’acteur, grandi.
Nicolas Winding Refn dit qu’il a ­toujours voulu faire des films sur des femmes, mais qu’en définitive il ne montre que des hommes violents. Cette fois, pourtant, c’est la mère qui incarne le mal absolu, la plus grande force de destruction, la cause du pire… Féminisme paradoxal, voire un peu douteux. Car la seule figure paternelle du film, un flic thaïlandais à la retraite, justicier surpuissant et juge ultime, ­aimante, lui, la fascination du réali­sateur : après une séance de torture, on le voit au karaoké, attendri, chantant des bluettes sentimentales et nostalgiques. C’est lui le « dieu » du titre, qui seul peut pardonner.

Beaucoup d’araignées et de petits vélos, donc, dans l’inconscient à ciel ouvert du bouillonnant cinéaste néogore. Mais c’est passionnant à observer, vu la sophistication de l’expression et le plaisir masochiste, communicatif, des acteurs. Heureusement que tous les films ne visent pas la justesse psychologique, le naturel et le réalisme ! Celui-ci est plutôt un étrange feu d’artifice au ralenti, une téméraire instal­lation de cinéma à base de sabres, de mythes et de psychanalyse. Un brûlot sous glacis. Une tuerie raffinée."


(Télérama)

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Phil


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Excellent doc sur NWR en ce moment sur Canal avec un NWR très lucide qui revient sur toute sa carrière jusqu'au tournage de Only God Forgives, le tout entrecoupé d'interviews de ses proches (femme, parents), Mads Mikkelsen, Gaspard Noe, ...

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Phil


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Pouvaient pas passer ça le week end dernier quand on avait Canal gratos !
M'enfin, ça fait longtemps que j'entends parler de ce doc, il va falloir que je me le procure par d'autres moyens.

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Phil


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Le film a été sifflé par la moitié des gens lors de la projection à Cannes...
Ils devaient être déçus parce que Ryan Gosling n'a pas fait le déplacement sur la croisette ! (ça peut pas être parce que c'est pas bien; en plus y'a une autre moitié qui a aimé, et tout le monde dit que c'est au moins sublime visuellement)

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A part Pusher 2 et 3 qui étaient purement alimentaires et réutilisait des "vieilles" recettes, NWR n'a pas l'habitude de la complaisance ou de la facilité.

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Phil


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Là, le gros reproche qui lui est fait, c'est que ça serait "seulement" visuel, surtout... On verra bien.
En même temps, Drive ne brillait pas par un scénario super élaboré (c'est pas Cyrille qui me contredira), et il avait été super bien accueilli par les mêmes.
J'en ai appris un peu plus sur l'histoire - apparemment le frère de Gosling qu'il cherche à venger serait un gros enculé, le méchant un flic qui veut rendre la justice, et la mère jouée par Kristin Scott Thomas abusive. Un matériau inflammable et immoral qui a peut-être dérangé certains festivaliers...

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Et Valhalla Rising, ça brillait par le scénario ? Bon, en même temps, j'avais pas vraiment aimé et on ne peut pas non plus dire les 3 Pusher brillaient aussi par leur scénario.

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Phil


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Tout à fait.
C'est pour ça que je pense que les mêmes qui avaient aimé Drive doivent avoir d'autres raisons plus ou moins bien cachées pour siffler celui-là aujourd'hui.

Et une interview de NWR sur Télérama... où il s'avère fidèle à lui-même (donc complètement délirant) !
http://www.telerama.fr/festival-de-cannes/2013/nicolas-winding-refn-dans-only-god-forgives-il-ne-s-agit-pas-de-comprendre-il-s-agit-de-croire,97855.php

J'aime bien notamment ce passage, qui peut s'appliquer à tous ses films, à mon avis : "C'est à ce moment-là que j'ai décidé d'éliminer toute logique du scénario. Il ne s'agit pas comprendre, il s'agit de croire. Il ne s'agit pas de logique, mais d'émotions."

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Phil


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Voilà, j'ai vu le bestiau ! Et envoyé un texto à Cyrille à peine sorti de la salle : "Hahaha, va surtout pas voir Drive 2" ! Very Happy

Bon, comme pour Drive, vais pas faire de critique parce que c'est assez impossible à critiquer. En effet, c'est un film qui se ressent et se vit plus qu'il ne s'analyse. Qu'on l'aime ou pas, c'est le genre de film totalement "autre" qui fait du bien au cinéma. Au moins, NWR nous propose un cinéma qui provoque le spectateur et interpelle; tout en étant un vrai choc visuel et narratif. Ca m'étonne pas que le film divise et provoque des réactions extrêmes.
Faut dire qu'un film réalisé par un danois en Thaïlande avec des acteurs américains et des capitaux français, forcément, ça pioche un peu partout !

Le film est "dédié" à Alejandro Jodorowsky et Gaspar Noé, et c'est absolument pas étonnant. J'ai eu l'impression de voir un nouveau Enter The Void - mais le film de Noé ne m'avait pas totalement convaincu, surtout parce que ses recherches formelles fascinantes finissaient par s'épuiser à la moitié d'un film quand même très long. Là, ça dure 1h30, et c'est beaucoup mieux tenu - entre autres parce qu'il y a un scénario et des personnages, n'en déplaise à ses détracteurs.
Il y a aussi évidemment du 2001 et du Orange Mécanique, encore plus que d'habitude avec le danois, qui s'amuse comme un fou à faire son petit Kubrick illustré.

Après une première demie-heure onirique et à l'atmosphère très lynchienne (encore une référence totalement assumée), ça devient en effet ultra-violent, bien gore, et trash (déjà au début, y'a 2-3 trucs qui scotchent pas mal). La musique électronique 80's de Cliff Martinez bute. Et les acteurs sont terribles. Ryan Gosling nous refait son numéro de Drive en à peine plus nerveux, mais ce sont surtout Kristin Scott Thomas - absolument ahurissante en mère castratrice, cougar possessive et psychopate, on ne l'avait jamais vue comme ça - et le thaïlandais Vithaya Pansringarm - en policier véreux et psychopathe aussi - qui remportent tous les suffrages.

Une tuerie pour les sens, et un nouveau film-monstre à mettre à l'actif de Nicolas Winding Refn, un des réalisateurs les plus intéressants du moment.

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Phil


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Il y a un autre élément totalement fascinant dans le film, qui joue sur l'opposition avec Drive. Dans le film précédent, NWR procédait à une sorte de déification de son personnage principal; ici, c'est carrément l'inverse, le faisant tomber du piédestal sur lequel Refn et Gosling l'avait déposé. Dans un grand élan masochiste, ils s'amusent à trainer le "héros" dans la boue, en faisant un impuissant largué et manipulé par tous, vivant à la traîne de sa famille et considéré comme une grosse merde. Il terminera le film dans un état lamentable, après un passage à tabac lors d'un combat où il n'arrive pas à porter un seul coup, une scène d'anthologie rythmée par la musique électro qu'on peut entendre plus haut dans le topic - séquence de pure sauvagerie brute où la belle gueule de Ryan Gosling est réduite en charpie par le thaïlandais via un hommage radical aux films de baston.

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Phil


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Cbyt a écrit:Et Valhalla Rising, ça brillait par le scénario ? Bon, en même temps, j'avais pas vraiment aimé

Pour le coup, à la réflexion, Only god Forgives se rapproche plus de Valhalla Rising (ou Bronson) que de Drive, malgré les apparences. C'est bieeeeeeeeeeen moins chiant, mais ça fait partie de la même veine la plus expérimentale de NWR.

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A vrai dire, après avoir vu NWR (le doc), j'ai du mal à distinguer ce qui est vraiment expérimental ... même si de l'extérieur certains films semblent plus hermétiques que d'autres.

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Phil


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Voilà, ben celui-là est plutôt dans les hermétiques !

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Cbyt a écrit:Excellent doc sur NWR en ce moment sur Canal avec un NWR très lucide qui revient sur toute sa carrière jusqu'au tournage de Only God Forgives, le tout entrecoupé d'interviews de ses proches (femme, parents), Mads Mikkelsen, Gaspard Noe, ...

Très intéressant en effet.
Et ce mec est aussi dingue que ses films !

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Putain, même Matrix à côté c'est facile à comprendre !

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Phil


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Hahaha, t'es allé voir ça ???
Bon, alors, à part que t'as rien compris ?

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Ben comme Drive : c'est lent et étrange, entrecoupé de scène ou tu comprends pas ce qu'il se passe sur l'écran, mais c'est beau, on s'y plaît, et au final c'est vachement bien ^^

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Dans Drive, on comprenait quand même très bien.

Quand je lis Lui ou Maximâle, je comprends très bien, ça me fait chier, c'est tout. Surprised

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Phil


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Genre, tu lis Lui ! Smile (enfin, "lisais", parce que ça existe plus, si ?).

Après, plus ça passe, plus je trouve que ça n'a rien à voir avec Drive - et pour le coup, c'est clair qu'on comprend très bien Drive et pas forcément celui-là.
(en même temps, le fils a dit qu'on comprenait rien à ce qui se passe à l'écran, pas au film !)

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En effet, on comprend Drive (qu'il faudrait que je revois par ailleurs ^^)

Voila ! Bon le film on le comprend pas non plus (sauf la trame principale, et après tout, c'est le plus important Smile ), mais c'est surtout à l'écran, des fois, on regarde, la scène fini, et on est dans la salle "mais qu'est-ce que je viens de voir ? J'ai rien compris ... mais par contre putain ca avait de la gueule !"

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Oui, mais c'est ce qui nous sépare avec ton père (et je respecte totalement ça), mais moi, si je comprends pas, ça me gonfle. Même si c'est magnifique. Sauf eventuel génie, mais au sens du dictionnaire, pas au sens Phil. c'est à dire une ou deux fois par siècle.

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Je comprends aussi, c'est vrai que j'accroche généralement pas aux films que je comprends pas ^^ Mais là je cherchais juste à déstresser du Bac, du coup pas forcément à comprendre quoi que ce soit au film, et je me suis surtout raccroché au côté époustouflant du film Smile

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